Hésiode : Théogonie, vers 823 et suiv
2. Voir sur les Harpyies, considérées comme divinités de la mort, le livre IV, ch. I.
3. Voir la dissertation de M. Langbehn : Flügelgestalten der ait. gr. Kunst , Munich, 1881.
LES DIVINITES DU CIEL
thien, Borée, ou une divinité analogue, apparaît sous les traits d’un personnage barbu, muni d’ailes retroussées ; ses jambes sont pliées, comme s’il était agenouillé : c’est l’attitude par laquelle les maîtres archaïques traduisent la rapidité de la course. Dans l’art le
FIG. 74. — BOREE POURSUIVANT ORITHYIE.
(Peinture de vase.)
plus achevé, le type s’est épuré : Borée est figuré comme un homme dans la force de l’âge ; ses longues ailes d’oiseau rappellent la célérité de son action, de même que celles d’Éros sont le signe visible de la mobilité des passions. Plusieurs peintures de vases montrent ainsi Borée enlevant Orithyie; mais il n’en est pas qui puissent rivaliser, pour la’-pureté du style, avec la belle œnochoé du musée du Louvre, publiée par M. G. Perrot1. Le type artistique des génies des vents est fixé de
1. Monuments grecs, publiés par l’Association des études grecques, 1874.
i9<? MYTHOLOGIE FIGURÉE DE LA GRÈCE.
bonne heure, et se maintient sans altérations sensibles. Sans quitter la Grèce, on en trouve un exemple à Athènes, dans les sculptures qui décorent la tour octogone construite, sous Sylla, par Andronicos Cyrrhestès. Autour de ce monument, qui contenait une horloge à eau, courent des bas-reliefs représentant les Vents sous la forme de génies ailés, vêtus de tuniques courtes. Leur costume et leurs attributs font allusion à la rapidité de leurs mouvements.