Cf. un personnage féminin vêtu d’un vêtement orné d’é
nique apparaît surtout dans Fart ingénieux avec lequel la monstruosité d’un telle alliance de formes est atténuée. Le plus souvent Nérée a le buste d’un homme : sous la riche tunique qui couvre son corps, prend naissance une queue de poisson, recouverte d’écailles1. Le dieu tient quelquefois à la main un sceptre: c'est l’emblème de la puissance exercée par le « vieillard de la mer » sur les êtres qui peuplent la profondeur des eaux.
Autour de Nérée se groupe « le chœur des cinquante Néréides qui se plaît à danser en rond2 » sur le rivage. Seuls, leurs noms suffiraient à faire comprendre leur caractère mythologique. Galéné, Glauké, Galatée, représentent la mer paisible, colorée d’un bleu vert, ou sa lame à reflets blanchâtres; Kymodoké, c’est le jeu de la vague qui se brise contre les rochers ; Euliméné, Aktaié, personnifient la mer caressante qui vient baigner le rivage. Appliquer à ces vierges gracieuses les formes ambiguës qui conviennent à Nérée eût été un nonsens; aussi, dans l'art, les Néréides ont-elles toujours la figure de jeunes filles. C’est ainsi qu’elles apparaissent, soit dans les peintures de vases, soit dans les sculptures du monument des Néréides à Xanîhos3, soit enfin dans les scènes qui les montrent escortant leur sœur
cailles, et muni de nageoires, sur un relief de bronze étrusque de Munich, trouvé à Pérouse : O. Müller , Denkmœler der alten Kunst , I, 5g. Cf. Brunn, Beschreibung der Glyptothek, nos 32-38.
1. Souvent aussi Nérée est représenté sous la forme humaine. Voir Braun : Bullettino dell’ Inst., i85i, p. 69.