Euripide : Iphigénie en Tauride, v
3. Fellows : The Xanthian Marbles , dans les Travels and esearches în Asia Minor, i852.
Thétis, ou apportant à Achille les armes forgées par Héphaistos. A l’époque alexandrine, la peinture décorative se plaît à les figurer demi-nues, folâtrant sur des chevaux marins. L’idylle où Théocrite met en scène le cyclope Polyphénie, amant malheureux de la Néréide Galatée, offre en particulier aux peintres du ier siècle le sujet de compositions gracieuses. Une des peintures de la maison de Livie, au Palatin, montre en regard du cyclope dédaigné la rieuse déesse, vêtue seulement d’une draperie légère, et montée sur un hippocampe qui fait bouillonner le flot écumant autour de sa poitrine1. L’art pouvait-il trouver une image plus heureuse pour exprimer les idées du mythe de Galatée? L’amour du cyclope pour la Néréide, ce sont les vains désirs, l’attrait décevant d’un élément dont les lignes onduleuses rappellent les formes de la beauté plastique la plus achevée.
Si Nérée représente surtout l’élément bienfaisant, source de richesse pour les peuples navigateurs, l’humeur capricieuse de la mer est traduite par le personnage de Protée,dieu multiple, qui échappe aux étreintes, et se fait tour à tour lion, dragon, arbre ou panthère. Cette idée du caractère insaisissable de la mer trouvait aussi place dans la légende de Thétis, souvent figurée sur les vases. Pour se soustraire aux instances de Pélée, que les dieux veulent lui donner pour époux, Thétis revêt mille formes : les peintures qui représentent cette lutte montrent un lion et un serpent s’attaquant à Pélée, qui cherche à saisir la Néréide.
i. G. Perrot : Les Peintures du Palatin, dans les Mélanges d’ Archéologie, etc.
En raison de la variété infinie des sentiments confus que fait naître le spectacle de la mer, on comprendra
que l’esprit grec ait multiplié les divinités marines. Les croyances populaires, les cultes locaux, ont favorisé ce travail d’analyse. Ainsi le dieu marin Glaucos, cher surtout aux pêcheurs d’Anthédon, est « un dieu créé par des matelots, en qui se résume toute la poésie de la vie
marine, telle qu’elle apparaît à de pauvres gens1 ». Il personnifie la teinte bleue et verte de la mer. Les rares monuments qui le représentent, par exemple une peinture de la villa Hadriana et une mosaïque de Carthage, le montrent avec une chevelure inculte, semblable à des algues marines, et une barbe terminée en nageoires de poisson. Une légende tardive en fait l’amant malheureux de la belle vierge marine Scylla; mais la tradition courante prête au contraire à Scylla des formes monstrueuses. Dans les monuments figurés, elle a un buste de femme se prolongeant en queue de dauphin ; ce corps difforme est entouré d’une ceinture de têtes de chiens. Elle tient en mains des quartiers de roc, des rames, armes redoutables pour les navigateurs victimes de sa fureur. La légende, on le sait, la plaçait au détroit de Sicile; mais le mythe de Scylla a une portée plus générale : ce monstre personnifie les êtres étranges que la mer renferme dans son sein, objets de terreur pour les marins, ou sujets des récits merveilleux qui charment les loisirs de la vie de matelot.