JEUX PUBLICS DES GRECS
dans leur patrie, sur un char traîné par quatre chevaux blancs, et l'on pratiquait une brèche aux murs de leur ville pour les y introduire avec plus de distinction. Un poète latin, Horace, va jusqu'à dire que le laurier d'Olympie élevait l'athlète victorieux audessus de la condition humaine : « Ce n'était plus un homme, » dit-il, « c'était un dieu. »
b) 3HV% PYTBIQTIES.
Les Jeux Pythiques ou Pythie7is furent institués à Delphes, par Apollon lui-même, à l'occasion de sa victoire sur le serpent Python. Ces jeux, qu'on célébrait tous les cinq ans, ne consistaient dans l'origine qu'en des combats de poésie et de musique : les prix s'adjugeaient au concurrent qui avait composé et chanté le plus bel hymne à la louange du dieu dont les flèches avaient abattu le reptile monstrueux. Dans la suite on y joignit les autres combats des jeux Olympiques. Le laurier fut la récompense des vainqueurs.
C) JEUX ISTHMIQVES.
Les Jeux Isthmiques ou Isthmiens sont ainsi nommés de l'isthme de Gorinthe où on les célébrait. Thésée les institua vers l'an 1260 avant notre ère, en l'honneur de Neptune, et ils furent continués dès lors tous les trois ans, en été, avec une splendeur extraordinaire. L'aflluence des spectateurs était si grande que les notables seuls des villes grecques y pouvaient obtenir une place. On y disputait, comme aux jeux d'Olympie, les prix de la course, du saut, du disque, de la lutte et du pugilat, sans exclure les combats de poésie et de musique. Une
brandie de pin couronnait le Iront des athlètes victorieux.
— Selon quelques auteurs , les Jeux Isthmiques furent établis par les Corinthiens en l'honneur de Mèlicerte^ fils d'Athamas , dont le cadavre avait été déposé par les flots sur le rivage de l'isthme.
d) JEUX NÉIHÉEKS.
L'établissement de ces Jeux remonte à la victoire d'Hercule sur le lion de Némée , ou plutôt ils furent institués par les Argiens, à l'occasion de la fin tragique du jeune Archémore, dont voici l'histoire abrégée :
Hypsipyle^ réduite en esclavage par Lycurgue, roi de Némée, fut donnée 230ur nourrice à Archémore, fils nouveau-né de ce prince. Un jour qu'elle le portait entre ses bras et cheminait paisiblement dans la campagne, les Sept Chefs argiens qui marchaient à l'expédition contre Thèbes, traversèrent la forêt de Némée , et , pressés d'une ardente soif , prièrent Hypsipyle, qui se trouvait là, de leur indiquer une source. Dans son empressenieat ou son trouble, elle déposa le nourrisson à terre sur une touffe d'ache (sorte de persil) , et les conduisit vers une fontaine peu éloignée. A son retour l'enfant ne vivait plus : un serpent entortillé autour de son cou l'avait étoufî'é. Hypsipyle fut jetée en prison par Lycurgue, et la mort allait être la punition de sa négligence; mais les Argiens intercédèrent en sa faveur, obtinrent sa grâce, et firent au jeune Archémore de magnifiques funérailles. Dès lors, tous les trois ans , on célébra dans ce même endroit , avec le même appareil , la commémoration de cette catastropiie. Les Argiens contribuaient seuls aux frais de ces Jeux, auxquels
MYTHOLOGIE ÉGYPTlENiNE. 243
ils présidaient en habit de deuil. Les vainqueurs mêmes se couronnaient d'ache, plante funèbre.
§ 26. Mythologie égyptienne.
Les divinités égyptiennes qui tiennent le premier rang sont : Osiris et Isis ; celles d'un ordre inférieur : Horus, Anubis, Apis et Harpocrate.
a) OSIRIS et ISIS.
Osmis, ancien roi d'Egypte, s'appliqua à polir les mœurs sauvages de ses sujets, leur enseigna l'agriculture, et leur donna des lois sages et équitables. Quand il crut sa tâche accomplie, il confia l'administration des affaires à Isis, sa femme, et alla, accompagné de son nls HorvSy répandre chez d'autres nations et en d'autres pays les bienfaits de l'agriculture, des lois et de la religion. Il visita l'Ethiopie, l'Arabie , les Indes ; propagea partout des connaissances utiles, et partout , se fit admirer et chérir. A son retour, il s'aperçut que son frère Typhon avtiit soulevé une partie du peuple, et s'était rendu redoutable à Isis. Naturellement pacifique, Osiris chercha à calmer l'agiration des esprits ; mais il ne put ramener son frère , ni se garantir de sa méchanceté. Typhon, homme injuste et violent, jaloux de la puissance d'Osiris , l'attira dans une embuscade, le tua, enferma dans un coffre son corsos mutilé, et le jeta dans le Nil. Isis voulait avoir la consolation de rendre à son époux les honneurs de la sépulture : elle chercha son cadavre sur les bords du Nil et sur les rivages de îa Méditerranée, et le trouva enfin à Byblos, en Phénicie , oii les fiols l'avaient poussé. Les funérailles achevées, elle songea à punir Ty-
phou , rassembla des troupes , marcha contre ce tyran, et le vainquit dans deux batailles rangées. La vaillance d'Horus contribua puissamment à cette victoire. Des services d'un autre genre signalèrent la fin du règne d'Isis. Elle perfectionna les arts, inventa les voiles des navires, et facilita . de cette manière les voyages sur mer (1). A sa mort, les Egyptiens reconnaissants la placèrent au rang des dieux sous la figure d'une vache, et la qualifièrent de Mère de toutes choses, et de Déesse universelle.
Osiris est le soleil et Isis la lune. — Osiris est ordinairement représenté comme un personnage robuste, tenant de la main gauche un bâton recourbé comme une crosse, et de la droite un fléau à battre le grain. Sa tête est surmonté d'une mitre ou bonnet pointu. Quelquefois on le figure avec une tête d'épervier, parce que cet oiseau , emblème du soleil, a une vue perçante et un vol rapide.
Isis est représentée sous toutes sortes de formes qu'il serait trop long d'énumérer : tantôt c'est une belle femme dont la tête est armée de deux cornes entre lesquelles s'élève un globe ou une espèce de disque : sa main gauche s'appuie sur un bâton , sa droite porte la clé du Nil ; tantôt elle a une tête de vache à la place d'une tête de femme ; tantôt elle est assise et tient un enfant sur ses genoux.
b) HORUS.
HoRus, fils d'Osiris et d'Isis, accompagna son père en Ethiopie et aux Indes, conduisant à sa suite neuf habiles musiciennes , à l'aide desquelles il cora-
(1) Les Grecs attribuent l'iavention des voiles à Dédale, artiste atliénien {Yoyez section III, § 23).