JEUX PUBLICS DES GRECS
pas comment deux Augures peuvent se regarder sans rire. »
— Les Aruspices, autres ministres de la religion, étaient d'un rang très inférieur à celui des Augures.
§ 25. «feusL publics des Grecs.
La religion avait établi chez les Païens des jeux PUBLICS, sorte de spectacles qu'on donnait dans un cirque , ou dans un stade , ou dans d'autres lieux destinés à cet usage. Il n'y avait point de Jeux, soit dans la Grèce, soit à Rome, qui ne fussent consacrés à quelque divinité, et on ne les commençait jamais sans avoir préalablement offert des sacrifices.
Les quatre principaux Jeux de la Grèce étaient les Olympiques , les Pyth.i(^ues , les Istbmiques et les Néméens.
a) 3EVK OZiYKPIQtrES.
Les Jeux Olympiques^ établis en l'honneur de Jupiter, se célébraient tous les cinq ans (i), à Olympie, ville de la province d'Elide, dans le Péloponèse. C'étaient les plus anciens, les plus solennels et les plus brillants de toute la Grèce. L'origine en est fort obscure ; mais on croit communément qu'ils furent institués par Pélops , fils de Tantale. Atrée en ordonna une seconde célébration, vers l'an 1250 avant l'ère chrétienne. Hercule , au retour de l'expédition de Gol-
(1) Les Jeux Olympiqiies se célébraient chaque cinquième année , c'est-à-dire après quatre ans révolus. Il y avait donc entre chaque célébration un intervalle de quatre ans pleins , intervalle appelé Oiympmtîe, et qui servit aiu Grecs (dès l'année 776 ou 777 avant J.-C), à supputer les temps. — V. les Lecfttres historiqxm de M. C. Raffy , t. II , chez E. Thorin.
chide, assembla les Argonautes à Olympie, pour y répéter ces nobles exercices , en mémoire du succès de l'expédition ; et chaque spectateur, chaque athlète, prit l'engagement de revenir à Olympie pour le même objet, après quatre ans accomplis. Les guerres intestines de la Grèce interrompirent ces convocations jusqu'au règne d'IpMtus, roi d'Elide, contemporain de Lycurgue, c'est-à-dire pendant trois siècles.
Les Jeux Olympiques commençaient le 22 du mois de juin, et duraient cinq jours.
Les cinq exercices d'usage étaient : 1° la Course, qui se fit d'abord à pied, puis à cheval et sur des chars ; 2» le Saut, qui consistait à franchir un fossé ou une élévation quelconque ; S° le Disque ou Palet, qui était une pierre fort pesante qu'il fallait lancer le plus loin que l'on pouvait ; 4o la Lutte, ou combat de deux athlètes corps à corps ; 5° le Pugilat, sorte d'escrime à coups de poing. Les deux athlètes, avant de combattre, armaient leurs vigoureuses mains d'un ceste ou gantelet de cuir garni de plomb, fondaient l'un sur l'autre, et se frappaient à coups redoublés, jusqu'à ce que l'un des deux, ou s'avouât vaincu ou y laissât la vie (1). Quand on voulait désigner tous ces jeux par un seul mot, on disait le pentathle, c'est-àdire les cinq combats.
Des juges, pris chez les Eléens, présidaient à ces fêtes; ils y maintenaient le bon ordre, et empêchaient qu'on n'eût recours, pour gagner les prix, à la fraude ou à la supercherie. Les vainqueurs n'obtenaient pour toute récompense qu'une couronne d'olivier, mais ils étaient reconduits en triomphe
(1) Oa appelait pancrace un combat où les athlètes réunissaieut les deux exercices de la lutte et du pugilat.