LES MUSES
Quelquefois elle s'appuie sur une massue, pour faire comprendre aux auteurs que la tragédie est un art difficile , qui exige un génie puissant et une imagination vigoureuse.
Thalie^ muse de la comédie, tient un masque à la main. Elle a l'air vif et le regard moqueur; sa tête est couronnée de lierre (1) : ses pieds sont chaussés, de brodequins.
Euterpe, dont le nom veut dire agréable^ réjouissant présidait à la musique. On la représente couronnée de fleurs et tenant une flûte à la main.
Terpsichore ]^Tésiàa,it à la danse. L'air enjoué, la taille s vel te, une attitude légère, des guirlandes autour d'elle, une lyre : voilà ce qui la caractérise.
Erato présidait à la poésie lyrique et amoureuse. On la représente le front ceint de myrte et de roses , tenant de la main gauche un luth, instrument à cordes dont elle fut l'inventrice. Des tourterelles se becquètent à ses pieds. Près d'elle est un Amour ailé , équipé d'un arc, d'un carquois et d'un flambeau.
Polymnie présidait au chant et à la rhétorique. On la représente couronnée de perles, et vêtue d'une robe blanche. Sa main droite est toujours en action, comme celle d'un orateur ; sa gauche tient un sceptre ou des chaînes, symbole du pouvoir qu'exerce l'éloquence.
Uranie, muse de l'astronomie, tient d'une main le globe du monde, et de l'autre un compas. Sa couronne est composée d'étoiles ; sa robe en est semée. A ses pieds sont épars quelques instruments de mathématiques.
(1) Le lierre, plaute toujours verte, est l'emblème de cette immortalité à laquelle aspirent les poètes.
§ 21. Ije Destin. — Hies Parques.
Le Destin est "un dieu aveugle, fils du Chaos et de la Nuit. Il tient sous ses pieds le globe terrestre , et dans ses mains l'urne fatale où est contenu le sort des mortels. Ses arrêts sont irrévocables. Son pouvoir s'étend sur les dieux mêmes. Les Parques, filles de Thémis, exécutent ses ordres.
Les Parques étaient au nombre de trois : Glotho , Lachésis et Atropos , et habitaient ensemble le royaume de Plu ton. — On les représente, le plus souvent, sous la figure de femmes pâles et maigres , qui filent en silence à la lueur d'une lampe. Ciotho , la plus jeune, tient une quenouille qui est chargée de fils de toutes couleurs et de toutes qualités : d'or et de soie pour les hommes dont l'existence sera heureuse , de laine et de chanvre pour la foule de ceux qu'attendent la pauvreté et le malheur ; Lachésis tourne le fuseau où vient s'enrouler le fil que lui a transmis sa sœur ; Atropos, la plus âgée, l'œil morne et attentif , considère leur travail , et , maniant de larges ciseaux, tranche à l'improviste , et quand bon lui semble, le tissu fatal. Jeunes et vieux, riches et pauvres , bergers et monarques , rien n'échappe à l'inexorable déité.
§ 22. Thémîs.
Thémis ou la Justice , fille du Ciel et de la Terre , tient un glaive d'une main et une balance de l'autre. Elle a un bandeau sur les yeux , pour marquer qu'elle ne doit voir ni le rang ni la qualité des per-" sonnes qui ont recours à ses jugements ; elle s'ap-