FAUNE
chalumeau , et dont il sut tirer des accords pleins d'harmonie. Privé de Syrinx , il voulut plaire à la nymphe P%5; peut-être en eût-il fait son épouse , sans la jalousie de Borée, qui l'aimait aussi, mais qui , ne pouvant se la rendre favorable , la précipita du haut d'un rocher. Les dieux changèrent son cadavre en pin , arbre qui se plaît sur les montagnes , et qui fut consacré à Pan.
Pour se distraire de tant de chagrins , il accompagna Bacchus à la conquête des Indes, partagea sa gloire et contribua à ses triomphes. Ce fut dans cette expédition que le dieu Pan perfectionna la tactique militaire, inventa la manière de ranger les troupes en phalanges , et de donner aux armées une aile droite et une aile gauche.
L'Arcadie lui rendait un culte particulier sur les monts Ménale et Lycée. Evandre, roi d'Arcadie , obligé de fuir son pays natal , transporta le culte du dieu Pan dans le Latium , où ses fêtes furent nomnàées Luper cales. Ses prêtres les célébraient en immolant des boucs et des chèvres , et en se couvrant de leurs peaux ; travestis de la sorte , ils couraient dans les rues, armés de fouets dont ils frappaient les passants , pour exciter le rire de la populace.
Les Egyptiens adoraient Pan comme le symbole de la fécondité et le principe de toutes choses. On lui attribuait les alarmes subites et les craintes frivoles ou imaginaires, qui par cette raison sont appepelées terreurs paniques.
Faune ou Faunus , fils de Picus et de la nymphe Ganente, se rendit recommandable aux habitants du Latium par sa vaillance et par sa profonde sagesse. Protecteur de l'agriculture 5 il mérita d'être associé après sa mort aux dieux champêtres, et d'obtenir un temple et des autels. — On le représente , comme
Pan, avec des jambes et des pieds de bouc, deux cornes à la tête, un nez épaté, des cheveux et une barbe négligés (1).
Les Satyres , connus aussi sous les noms de Fauneset de Sylvains, habitaient les bois et en avaient la surveillance. Gais, folâtres, malicieux, ils servaient d'escorte à Bacchus , et participaient à la plupart de ses fêtes. Les bergères les redoutaient; les bergers fuyaient à leur approche, et croyaient les apaiser en leur offrant les prémices des fruits et les premiersnés des troupeaux.
Les noms de Faunes et de Sylvains étaient inconnus aux Grecs , qui désignaient du nom de Satyres tous les dieux chèvre-pieds.
§ 2. Silène.
Silène, divinité champêtre, nous est représenté sous la figure d'un vieillard trapu , dont le nez est camard, les oreilles grandes, le front chauve et couronné de lierre. Presque toujours ivre , il a pour monture un âne sur lequel il se peut à peine soutenir. L'enfance de Bacchus lui fut confiée, et il accompagna ce dieu dans ses pacifiques expéditions. Au retour des Indes , Silène s'établit dans les campagnes de l'Arcadie, où sou humeur joviale le fil aimer et rechercher des villageois.
A en croire les anciens auteurs, Silène n'avait rien d'épais que le corps. Doué d'un esprit vif, subtil, enjoué, il était tort agréable aux dieux, qui l'appelaient
(1) Sylvain , dieu des forêts , est quelquefois confondu avec Faimus. Les Romains lui élevèrent des temples , et son culte fut toujours chez eux en grande vénération.