‹ Mythologie grecque et romaine [microform]Chapitre 37 sur 105 · FLORE. PALES. POMONE · texte numérisé non relu

FLORE. PALES. POMONE

à leurs festins pour y jouir de ses saillies piquantes et y écouter les adages de sa philosophie. Dans une des églogues de Virgile, on voit Silène, encore échauffé par le vin qu'il a bu la veille , développer en beaux vers les principes d'Epicure sur le chaos et sur la formation du globe terrestre.

§ 3. Flore. — ï*alês. — Pomone.

Flore ou Flora, divinité des Romains, épousa Zéphyr e, qui lui accorda une jeunesse perpétuelle et la surintendance des jardins et des fleurs.

— On la représente couronnée de roses et tenant à la main une corne d'abondance. Tatius lui éleva le premier un temple à Rome. Les fêtes de cette déesse s'appelaient Florales et duraient six jours. On les institua vers l'an 172 avant notre ère, à l'occasion d'une grande stérilité. C'est durant ces fêtes que les jeux Floraux avaient lieu ; ils étaient célébrés la nuit , aux flambeaux, et avec des désordre de toute espèce.

Palès, déesse des pâturages et des bergeries, a une parure simple comme son culte ; ses cheveux sont couronnés de laurier et de romarin ; sa main tient une poignée de paille , litière des bestiaux. On célébrait , au mois d'avril , sa fête appelée Palilie. Ce jour-là les bergers, pour se divertir, allumaient à des distances égales trois grands feux de paille, par-dessus lesquels ils sautaient à qui mieux mieux, et accordaient le prix au plus agile. Après ce combat d'adresse, on offrait à Palès des fruits et du miel , et l'on terminait la fête par un festin.

PoMONE était honorée , chez les Romains , comme déesse des fruits. Elle ne se plaisait que dans les vergers , où elle s'occupait à tailler les arbres , à les

greffer, à les arroser. Recherch.ee en mariage par tous les dieux champêtres , elle n'en voulut écouter aucun , leur interdit l'entrée de ses domaines , et fit clore de murs ses jardins. Mais le dieu des saisons, Vertumne, ne se laissa pas rebuter. Il prit toutes sortes de formes et employa mille déguisements pour parvenir jusqu'à elle et lui parler : il se changea tour à tour en laboureur, en vigneron, en faucheur, en berger; mais inutilement Ala;fin, il se métamorphosa en vieille femme, et, sous cette figure, il obtint la liberté de voir Pomone et de lui parler. Son éloquence la toucha , ses instances la persuadèrent. Il reprit alors sa première forme, et Pomone consentit à l'épouser. — On la représente assise sur une corbeille pleine de fleurs et de fruits tenant un rameau d'une main et des pommes de l'autre.

Vertumne est l'emblème de l'année, de ses variations et de l'inconstance des choses. Son nom vient d'un mot latin qui signifie « tourner, changer. »

§ 4. IL<es Orjratles et les Oréades.

Lss Dryades étaient des nymphes ou déesses qui présidaient aux arbres et aux bois ; leur nom vient de drys, qui en grec signifie « chêne. »

On les distingue en Dryades proprement dites , et en Hamadryades ; ces dernières sont incorporées et identifiées avec l'arbre ; elles naissent et meurent avec lui. La cognée qui frappe le tronc blesse l'Hamadryade et la fait souffrir ; les Dryades , au contraire , sont immortelles, et extérieures à l'arbre qu'elles protègent. Le jour, la nuit surtout, elles forment, autour des troncs, une danse légère, à laquelle viennent souvent se joindre les Satyres aux pieds de chèvre.

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Cette fable des Dryades a été imaginée sans doute pour empêcher les peuples de détruire imprudemment les bois. Chez les Romains, aucun propriétaire ne pouvait couper un arbre avant que les ministres de la religion eussent déclaré que les nymph.es l'avaient abandonné.

On donnait le nom d'ORÉADBS aux nymphes des montagnes. Elles composaient le cortège de Diane , qu'elles accompagnaient dans ses promenades et à la chasse. On croit communément que ce furent les Oréades qui détournèrent les hommes de l'anthropophagie, et leur apprirent à se nourrir de plantes, de châtaignes et de miel.

On appelait Napées les nymphes qui présidaient aux collines , aux vallons et aux bosquets.

§ 5. Arîstêe.

Aristée , honoré par les Siciliens comme une de leur divinités champêtres , était fils de Gyrène , une des naïades , et d'Apollon. Son éducation fut confiée aux nymphes, qui lui enseignèrent à cultiver les oliviers , à cailler le lait , et à faire des ruches à miel. Un jour qu'il poursuivait dans les campagnes la belle Eurydice, femme d'Orphée, un serpent caché sous l'herbe piqua cette nymphe , et la blessure fut mortelle. Les dieux , pour le punir ^ envoyèrent parmi ses abeilles une maladie contagieuse qui les détruisit toutes , jusqu'à la dernière. Dans la douleur que lui causait cette perte , il va trouver Cyrène , sa mère , au fond de la grotte qu'elle habitait près de la source du fleuve Pénée , et le cœur gonflé de soupirs : « Ma » mère , » lui dit-il , « à quoi me sert d'être issu des » dieux et fils d'Apollon, si je dois être à jamais en » butte aux coups du sort? Ces abeilles qui faisaient

» ma gloire , ces ruches que j'avais acquises par tant » d'opiniâtres travaux et de soins assidus, je les » perds aujourd'hui 1 et tu es ma mère !... Eh bien! » achève ; arrache , détruis toi-même de tes propres » mains les arbres que j'ai plantés ; livre mes ber- » geries aux flammes ; brûle mes moissons , puisque » l'honneur d'un fils te tient si faiblement au cœur I » Cyrène ne put entendre sans émotion les plaintes de son fils , quoiqu'elle en jugeât la cause un peu légère. Elle le serre entre ses bras , essuie ses larmes, calme son agitation , et lui dit : « Dans ta triste po- » sition , mon fils , ta mère ne peut rien pour toi : » ses lumières ni son bon vouloir ne seraient en » cette conjoncture d'aucun secours. Mais le nom du » sage Proîée, fils de l'Océan, est sans doute parvenu 5) à ton oreille. Ya trouver, au bord de la mer Gar- » pathienne , ce devin célèbre pour qui l'avenir et » les secrets de la nature n'ont point d'obscurité ; il » peut seul te révéler la cause de ton malheur , et » t' apprendre le moyen infaillible d'obtenir de nou- » veaux essaims. » Aristée part, et arrive chez Protée, qui d'abord refuse de l'écouter, puis élude de mille manières les questions qui lui sont adressées, hésite , tergiverse, cède enfin , et annonce au jeune agriculteur que la vengeance divine le poursuit, qu'il porte la peine d'un grand crime, et que son devoir est d'apaiser le courroux des nymphes , sœurs d'Eurydice ; qu'il faut dresser devant la porte de leur temple quatre autels , répandre aux pieds de ces autels le sang de quatre taureaux et de quatre génisses , abandonner leurs cadavres dans le bois sacré , et ne revenir en cet endroit qu'après neuf jours. Tous ces ordres sont observés ; et sitôt que la dixième aurore éclaire l'horizon , Aristée , dans son inquiète curiosité , court vers le bois et y découvre le plus éton-

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