XIV LA MYTHOLOGIE
L'Egypte , la Phénicie , la Ghaldée , furent le berceau de la mythologie. Vers l'an 2000 avant l'ère chrétienne, Ninus, roi de Babylone, fit élever au milieu de la place publique une statue de Bélus, son père, et exigea de ses sujets qu'ils offrissent à ce vain simulacre des prières et de l'encens. Les peuples voisins , entraînés par cet exemple , déifièrent leurs princes , leurs législateurs ; leurs guerriers , leurs grands hommes , ceux même qui s'étaient acquis une célébrité honteuse. On divinisa les passions et les vices. Mais c'est aux peuples de la Grèce que la mythologie doit son plus grand éclat; ils l'embellirent d'ingénieux ornements; ils l'enrichirent de fictions riantes ; ils y versèrent à pleines mains les charmes de leur imagination. A leurs yeux, tout ce qui était naturel parut trop simple ; les récits d'actions véritables furent accompagnés de circonstances extraordinaires. Dans les' bergers 5 ils virent des satyres et des faunes ; dans les bergères des nymphes ; dans les cavaliers des centaures ; dans les héros , des demi-dieux ; dans les oranges, des pommes d'or ; un vaisseau à voiles devint un dragon ailé. Un orateur avait-il captivé ses compatriotes par les charmes de son éloquence, on prétendait qu'il avait apprivoisé les lions, et rendu sensibles les rochers. Une femme qui avait perdu son époux passait-elle le reste de sa vie dans les pleurs, on la supposait changée en fontaine. La poésie anima ainsi toute la