‹ N.-H. Abel. Sa vie et son œuvreChapitre 14 sur 21 · Chapitre · texte numérisé non relu

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émule? Legendre, en lui en communiquant Pexpression, a écrit à Abçl :

« Un pareil aveu est aussi honorable pour M. Jacobi que pour vous. Vous serez sans doute dignes Tun de Tautre par la noblesse de vos sentiments et par la justice que vous vous rendrez réciproquement »

D'ailleurs, si le sort Teût permis, Abel se fût bientôt rencontré avec Jacobi. Son ami, le conseiller Crelle, continuait ses démarches afin de le faire nommer à Berlin. Une nouvelle Université devait y être créée, et Crelle, avec l'appui de Humboldt, avait obtenu la promesse qu'une chaire de Mathématiques serait attribuée à Abel; une autre était destinée à Jacobi. Entre ces mathématiciens, tous deux d'âme généreuse et de génie si dififérent, quels autres sentiments pouvaient se former que ceux d'une parfaite amitié scientifique ?

Abel connaît les projets de Crelle et sait pouvoir compter sur leur réussite*; la perspective de quitter son pays ne l'effraie plus. Il ne sera plus isolé maintenant qu'on lui rend justice, qu'on le comprend. Avant son départ, dès qu'il saura sa vie assurée, il se mariera. Non pas que le bonheur d'être uni à Crely doive lui faire oublier qu'il est loin de ses amis; pas plus aujourd'hui qu'autrefois il ne parle de son union avec passion.

a Elle (Crely), écrit-il à M"*« Hansteen, a tout de même de l'affection pour moi. Je n'ai peut-être pas été envers elle tout à fait comme j'aurai dû, mais maintenant nous sommes d'accord. Je me suis beaucoup corrigé et j'espère qu'un jour nous serons heureux. »

Malgré cette teinte de mélancolie, l'avenir semble sans nuage. Abel connaîtra une vie familiale et paisible que réchauffera la

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