‹ Nabucho, opéra-bouffe en trois actes et quatre tableauxChapitre 13 sur 71 · SCENE V NARUCHO, LE MUET · texte numérisé non relu

SCENE V NARUCHO, LE MUET

NABUCHO.

Enfin me voici débarrassé d'Azor et seul avec mon confident, (au pubUc.) Car j'ai oublié... Je vous présente mon con* fident... J'ai choisi un muet, parce que c'est très-commode, il est toujours de mon avis, (au muet.) Dis donc, tu as vu le

nez de ma femme, hein ? (Le muet fait signe qu'il est très-long.) Un <

rude nez, hein?... Il se fait très-bien comprendre... S'en est-elle imaginé de ces choses, n'est-ce pas? (Le muet sourit.— Au pnbUc.) Eh bien t non, ça n'est pas ça... (au muet.) N'est-ce

pas? (Le muet étend la main en manière do serment* — Au public.)

Vous voyez... Mais foin de toutes ces babioles... Je suis souverain d'un grand peuple, et pour comble de félicité, je suis en train d'achever une des choses les plus merveilleuses

qu'on ait jamais vues... Des jardins suspendus dont on parlera un jour, je ne voua dis que ça!.. 'Eh bien, malgré tout, j'ai un cheveu... Figurez-vous que tous les quinze jours à heure fixe, je suis pris d'une hallucination étrange... Je perds complètement la notion de moi-même, je divague, j'extravague, je nage entièrement dans le vague... Je suis toqué... Et je m'abandonne à des danses dont lo municipal le moins pudibond ne permettrait pas la lecture à ses supérieurs. — Heureusement, tout b monde Tignore. Mon muet seul est dans la confidence!... Je me suis arrangé dans les caves du palais; un petit sous-sol inconnu de tous; il y fait froid ; de sorte que rien n'a transpiré. — Chaque fois que je sens que ça va me prendre, je cours m'y enfermer jusqu'à la fin de la crise... Par exemple, le difficile était de me faire soigner... Eh bien ! j'ai imaginé un moyen que je crois assez ingénieux Tous allez voir, (au muet.) Va me chercher Bolabarbe. (u rouet s'incline et sort, au public.) C'est Irès-simple, mais il fallait le trouver !

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