ACTE DEUXIEME
LE llUETf qui est retenue auprès d'ellci lui prenant la main.
Dis donc?
NITOCRIS, surprise.
Hein? Il me tuloye!...
LE HUBT; la lutinant.
Dis donc !
NITOCRIS.
Voulez-vous finir!
LE MUKt.
Comment!... Tu ne me remets pas?
NITOCRIS.
Pas du tout.*
LE MUET
Approche-toi... Ton cœur bat-il auprès du mien?
NtTOCRIS.
mou Dieu I... Il me semble que je sens quelque chose... Est-ce que vous seri.ez ?. . .
LE MUET
Tu y es !
NITOCRIS.
Honolulu !... Mon Honolulu !...
LE MUET
Ma Nitocris!... Ce que c'est que d'avoir de Tordre, lu as mh tout de suite le doigt sur le numéro huit.
NITOCRIS.
Comment!... C'était vous !... Comme on change...
LE MUET
Oui, les chagrins... Et celte fine moustache dont j'ai été obligé de me séparer pour n'être pas reconnu. .
NITOCRIS.
Mais racontez- moi comment...
64 NABUGHO
LE MUET
Nous étions à la. fin de mars, un jour, enirc dix et onze heures, tu te le rappelles bien?...
NITOGRIS.
Oui, nous causions dans mon boudoir.
LE MUET
Tout à coup la trompette retentit.
NITOGRIS.
C'était mon mari!...
LE MUET
J'étais brave...
NITOGRIS.
Tu me dis : « Ne crains rien! je cours prendre mes arme=^ . »
LE MUET
Et je courus prendre le chemin de fer.
Sans même me laisser un mot chez le concierge I
LE MUET
Ah ! Je croyais que tu me suivais ! Je marchai devant moi, pendant trois ou quatre ans ; puis je r infléchis et je revins sur mes pas. Je rentrai dans Babylone. Une bonne nouvelle nn'y attendait... J'étais père, j'avais un fils!... Mais ce fils, il était aussi le fils de Nabucho, et il me vint cette idée: si son père numéro deux allait ne pas l'aimer !./.
NITOGRIS.
^Co qui n'a pas manqué d'arriver.
LE MUET
Alors, n'écoutant que mon amour de père numéro un, je sacrifiai ma moustache, je revêtis un pauvre costume et je me plaçai sur le passage de ton époux sans lui dire un mot... Celle conversation lui plut, il m\^liacha à son service en qualité de muet; et pendant onze ans. (Déclamant.)
J'imitai de Lazare le Pâtre le silence prudent 1...
C'est un vers!