ACTE PREMIER
BOLABARBE, le relevant à son tour, puis le laissant aussi retomber ayec horreur.
Oh ! c'est un mannequin I qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que Nabucho a découché !... le polisson I
BOLABARBE, reportant le mannequin sur le lit.
Et il vous a laissé un mannequin à sa place! Ah! pauvre femme!
NITOCRIS.
Oh ! pour moi, ça n'a pas fait de changement.
BOLABARBE.
Gomment cela ?
NITOCRIS, à gauche.
Bleu lugubre est mon histoire, Bolabarbe. Nous avons le temps, asseyez-vous ici, je vais vous la conter: (iis s'asseyent.) C'était en 699, avant Tère chrétienne, Nabuchodonosor qui venait de congédier brusquement son sérail, me lint à peu près ,ce langage ; Nitocris, vous ôles jeune, vous êtes belle...
BOLABARBE, s'approchant d'elle. '
Vous Têtes toujours.
NITOCRIS.
Trop bon! (Continuant.) Comme je ne vous licencie pas, vous pourriez vous imaginer cec^ et cela.
BOLABARBE.
Nalurellement.
NITOCRIS.
Eh bien! pas du tout. J'ai un fils, le prince Larifla, qui a six mois à peine... ce fils a besoin d'une mère, je vous garde pour que vous lui en serviez.;. Quant à moi, je prétends ne voir en vous qu'une sœur... (Arec rage.) Et il a tenu parole!
Quel homme! Faut-il qu'il soit fort!
6 NABUGHO
NITOCRIS.
Quinze jours après, il parlil pour une expédition lointaine... Quand il revint au bout d'un an il était père.
BOLABÂRBE.
Voilà qui est étrange.
NITOCRIS.
Rien n'est plus naturel, nous nous écrivions souvent...
(Baissant la roix.) Et puis... (D'un petit ton modeste.) VoUS le di*
rai-je; j'avais fait une connaissance.
BOLABARBE.
Ah I tout s'explique I (Rapprochant sa cimaise.) GoUteZ^mOi dOUC
ça?
r^ITOCRIS.
Un jour, en visitant les prisons pour me distraire, je fus frappé de la beauté d'un des captifs. C'était un général Scythe nommé Honolulu.
ROLABARBE.
Hono?
Lulu. 11 avait été fait prisonnier dans une grande bataille rangée. Vous le redirais-je, Bolabarbo, je fus à lui.
BOLABAKBE.
G*ëtait donc un bien beau Scythe?
NITOCRIS.
Un Scythe superbe!... Depuis, quand Nabucho m'écrivait: « Commencez- vous à vous faire à Votre nouvelle situation ?-r-. Oh oui! lui répondais-je , dans des lettres débordantes de joie, » Et lui me récrivait; « Allons je vois avec plaisir que vous prenez bien la chose. »
BOLABARBE.
Le fait est que vous la preniez assez bien.