CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
Et, pourtant, quelles leçons donnent à la communauté des hommes ceux de leurs semblables qui ont su secouer ces liens du passé ? Tout d abord ceux que leur abnégation a conduits pour 1 etude au sacrifice d’eux-mêmes. H n’est pas une nation qui n’ait offert à l’humanité ses héros volontaires ; les nommer ne serait que lever un instant leur suaire pour permettre à l’ingratitude de s’appesantir de nouveau sur eux. Point de fl amm e offensante sur nos morts inconnus !
Mieux vaut ouvrir un livre de pathologie et chercher la part des diverses nations dans nos acquisitions les plus précieuses. Prenons une maladie des plus anciennes, le paludisme. Tes premières connaissances cliniques en remontent à l’antiquité ; Van Swieten, tm Hollandais les formtile de façon impérissable ; un Français, Eaveran découvre son parasite ; \m Anglais, Ronald Ross et un Italien, Grassi montrent son mode de transmission par les moustiques ; les propriétés du quinquina sont reconnues par les Espagnols ; Pelletier et Caventou, Français,isolent la quinine; Maillot, Français aussi, en généralise l’emploi pour le traitement de la maladie ; tm Allemand Robert Koch trace les règles de la quinisation préventive. Nous pourrions multiplier les exemples. Quels ré-
LES MALADIES INFECTIEUSES
sultats féconds quand les effofts des peuples s’unissent.
Que de résultats bienfaisants, d’autre part, suivraient l’action des nations civilisées si, prenant sincèrement en tutelle les peuples mineurs, ces nations de haute culture comprenaient la noblesse de leur mission. 11 n’est que deux conquérants louables : l’éducateur et le médecin. I^ur action est la seule raison, la seule excuse de l’emprise des peuples supérieurs sur les plus faibles. reste est enrichissement, augmentation de puissance, orgueü, sport et crimes, en attendant le juste retour de tout attentat aux lois naturelles : la rivalité des autres nations de proie, le dépeuplement, donc la ruine, des régions conquises, la hame, la révolté et l’extension aux vainqueurs des maladies du vaincu.
Mais il est temps d’entrer dans le sujet même de ce livre. Encore, avant d’y entrer, nous devons