‹ Naissance, vie et mort des maladies infectieusesChapitre 8 sur 42 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

Ouvrons Testomac d’un chien adulte qui vient de mourir, grattons, après l’avoir lavée, la surface de sa muqueuse, le scalpel ramènera les cellules de revêtement de celle-ci, les cellules épithéliales. Ce ne sont pas des cellules banales ; elles jouent un rôle dans la digestion et, d’ailleurs, ce que nous allons constater chez elles se constate tout aussi bien sur les cellules des glandes de l’organe. Délayons, pour suivre l’expérience, un peu du produit de râclage dans de l’eau salée, mettons une parcelle de cette suspension entre une lame et une lamelle de verre et portons la préparation, ainsi faite, à l’ultramicroscope.

Nous verrons que les cellules épithéliales de l’estomac du chien contiennent des microbes spiralés, énormes, occupant parfois la majeure partie de la celltde. Ce sont les sfirella des auteurs normands.

D’estomac d’rm chien nouveau-né ne montre rien de semblable ; mais ü suffit d’attendre quelques heures pour que les spirella y paraissent. Elles sont venues de la mère, vraisemblablement par sa langue qui lèche le nouveau-né. D’infection, sans symptômes et sans gravité sans doute, date de la naissance et se maintient toute la vie. De quelle portée n’est pas cette leçon ? Quand on

connaît les dimensions d’une sfirella, comment ne pas imaginer que des microorganismes de moindre volume, invisibles, insoupçonnables, puissent pénétrer en nous dès les mêmes heures, y pénétrer les jomrs suivants. Si ces germes sont les agents de maladies à longue portée, nous voici ensemencés d’emblée. A peine avons-nous ouvert le livre des maladies infectieuses que nous nous voyons envahis par elles dès les premiers temps de la naissance.

Plus tard, il n’est pas une minute de notre vie où la maladie infectieuse ne nous menace. Combien peu d’enfants échappent à la rougeole, à la coqueluche ? On connaît la fréquence de la varicelle, des oreillons. Ce sont là, graves ou non, des maladies aiguës. Dès la fin de l’adolescence^ souvent même avant, chacun de nous souffre de quelque mal chronique ; l’un est sujet aux rhumes et à leurs compHcations du côté des oreilles, de la gorge ; d’autres aux angines, aux bronchites ; ceux-là aux inflammations des yeux, aux furoncles. Des accidents que l’habitude nous rend famihers, des maux que leur universahté rend banaux : la carie dentaire, la diarrhée, les verrues sont bel et bien des maladies infectieuses.

Et nous ne croyons pas utile d’insister sur les plus graves, auxquelles chacun pense pour les

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