CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
quelques heures, d’aseptiques (sans microbes) qu’ils étaient, les void contaminés, souiUés, au même d^é, quant au nombre total des germes, que les individus adultes de notre espèce.
La plupart de ces envahisseurs ne sont pas doués, il est vrai, de pouvoir pathogène pour nous et l’organisme du nouveau-né met en jeu, dès les premiers moments de sa vie, les ressources actives de ses appareils tout neufs de défense.
De combien de maux pourtant et des plus cruels, l’enfant, dès cette heure, n’est-ü pas menacé ? Tous les gens instruits connaissent l’ophtalmie purulente qui, dans les dasses ignorantes, chez les peuples incultes, fait tant d’aveugles ? Elle se contracte au moment même de l’accouchement par la souillure des conjonctives du nouveau-né quand les mucosités des voies génitales de la mère contiennent le microbe si répandu de la blennorrhagie, le gonocoque.
La petite plaie de l’ombilic, consécutive à la section du cordon, peut, si elle n’est pas soignée, se trouver envahie par les microbes de la suppuration, de l’érysipèle, du tétanos. Combien peu de nouveau-nés ne montrent pas, dès les premiers jours, de la rot^eur en certains plis, un bouton, un rhume insignifiant ? Ces acddents sont
LES MALADIES INFECTIEUSES
dus aux premiers contacts avec les microbes. La plupart guérissent d eux-mêmes ou bien sont enrayés par de simples soins de propreté. Il ne faut pas attendre souvent bien longtemps pour voir se déclarer, chez le nouveau-né, le fléau des diarrhées sévères.
Et, dans les cas où nous ne notons rien d’anormal, lorsque l’enfant nous parait indemne, sain, que nous nous louons de le voir augmenter de poids, s’établir vigoureusement dans la vie, sommesnous assurés qu’il ne se joue pas, en ce moment même, insidieusement une partie dont les suites n apparaîtront que plus tard sans qu’on puisse soupçonner alors le Hen qui les attache aux premiers temps de l’existence. On sait aujourd’hui que le bacille de la tuberculose pénètre par le tube digestif du nouveau-né,, et, sans doute, cette contamination est-elle, comme le croit Calmette, le point de départ ordinaire de la tuberculose dans notre espèce.
Si l’on veut se rendre compte des combats insoupçonnés, dangereux qui se hvrent obscurément dans les premières heures de la vie, qu’on se mette dans l’esprit l’histoire des spirella teUe que l’ont découverte et nous l’ont apprise O. Duboscq et Ch. Lebailly.