IS'ANCY
d'intelligence, plus de choses encore saillantes, et par conséquent à briser. Faisant crouler en un moment toutes les institutions utiles ou célèbres quelle avait conservées, — la rabaissant jusqu'au rang misérable de chef-lieu de département (1790), — il dispersa sans retour sa population dorée, frappa dune subite impuissance sa génération de savants et d'artistes, et mutila jusqu'à ses monuments (1792), objets de la colère imbécille des bataillons de Marseillais"".
Nancy, pourtant, ne montra rien d'hostile au nouveau régime, qui lui faisait éprouver tant de pertes; il ne devint contre lui le foyer d'aucune tentative rétrograde. Loin de là : si l'on y fut à peu près d'accord pour blâmer non seulement les crimes, mais les désordres, — on n'y fut guère moins unanime pour se joindre à la foule entraînante des partisans de la grande réforme qui s'opérait en France. Sacrifiant au bien public et présumé le bien local et certain, on s'y laissa aller de bonne grâce à l'enthousiasme presque universel.
Cet élan généreux devint surtout remarquable, dès que l'Étranger voulut s'interposer dans nos discordes, et que la question politique se changea en une question de guerre; car aussitôt , Nancy , donnant l'exemple aux départements lorrains, leur communiqua la vive impulsion belliqueuse qui fit sortir en un instant , rien que de la Meurlhe et des Vôges, vingt-huit bataillons de volontaires; ardeur constante, infatigable , jusqu'à la chute de l'Empire , et dont les succès furent tels, qu'à la paix de 1815, qui ramena chacun dans ses foyers, cette ville se trouva comme peuplée d'officiers généraux ou supérieurs, aussi nombreux que ses pavés.
Du reste, depuis sa réunion à la France, elle n'a plus été le théâtre que d'un seul événement proprement dit, lequel encore ne l'intéressait que d'une manière indirecte : l'affaire de Nancy, comme on l'appelle (31 août 1790), — querelle purement militaire; combat livré dans ses rues, entre trois régiments que l'instigation des clubs avait poussés à la révolte , et les troupes restées fidèles à la monarchie constitutionnelle [iZ \
Plus tard , il ne reste à citer, dans les annales de Nancy, que deux solennités , nationales encore pour lui , mais véritable clôture de son histoire. Lune (1826), — que réclamaient depuis quinze ans les vétérans groupés autour de M. de Monlhureux-Ficquelmont (a), — la réintégration sous les marbres du caveau ducal , aux Cordeliers , devant les commissaires extraordinaires de France et d'Autriche, des ossements des princes de Lorraine, pompeusement rapportés à leur tombe, du lieu où les avaient fait jeter en 93 quelques fougueux imitateurs des saturnales de Paris (4B) ; l'autre (1831), l'érection de la statue du Roi de Pologne , aux frais des trois départements lorrains, et en présence de leurs députés < *' ) .
De ces deux fêtes commémoratives, si la seconde, quoique intéressante , a paru généralement moins animée , moins colorée que la première, il ne faut pas, comme on l'a fait, en aller chercher la cause dans la différence de leurs dates et des gouvernements sous qui elles ont eu lieu, mais bien
(a) Prononcez Ficquénwnt , d'après une ancienne règle française, restée en vigueur seulement dans certains noms propres'" .
dans la nalure même des phases historiques quelles se trouvaient représenter. L'une de ces cérémonies, celle de 1826 ou des Ducs, était l'ombre d'une réalité; l'autre t celle de 1831 ou de Stanislas, n'était que l'ombre d'une ombre.
NOTES
DE
LA PREMIÈRE PARTIE
NOTES DE LA PREMIÈRE PARTIE
OU
Note PREMIÈRE, PAGE 3.
« Parva, sed ardoo cunctis bene nota sub axe, Urbs sedet , irriguo quam lambit flumine Murtha. »
Urbs sedet, urbis habent si for si tan oppida nomen, dit le texte de Pierre de Blaru. Mais la restriction exprimée dans la seconde partie de ce vers, ne permettrait plus avec justesse, aujourd'hui, de le placer en épigraphe sans le modifier.
Bonne pour l'époque où Nancy se renfermait dans l'étroite enceinte qu'assiégèrent les Bourguignons, l'humble titre d'oppidum cessa de convenir à la ville souveraine de Charles III, de Léopold et de Stanislas. On ne saurait, depuis longtemps, continuer à la désigner sous cette expression, visiblement trop modeste; et si, comparé aux autres capitales , Nancy peut encore être appelé petit, parvum, du moins y a-t-il impossibilité à ne point le classer au rang des cités supérieures ou maîtresses (en latin, urbes).
Note 2 , page i>.
« Et Ton put dès lors prévoir que la Lorraine, sous une race de princes patriotes, légitimes enfants de ses entrailles, ne tarderait pas à se bâtir une capitale. »
Pour l'intelligence de ce livre, il peut n'être pas inutile de jeter les yeux sur le tableau ci-après. On y prendra une idée sommaire de l'histoire des pays lorrains , contrées dont Aix-la-Chapelle fut d'abord le centre politique, mais qui, peu à peu détachées de ce siège en décadence, lequel d'ailleurs servait à tout l'Empire, voulurent avoir leur capitale à part, et finirent par se la donner dans la ville de Nancy.
NOTES
KOIS ET DUCS DE LOKIt UNE.
ROIS DE LOTIIER-RÉGNE , LOnER-RÈGNE OC LORRAINE.
855. Lolhaire , qui épouse Thietberge de Bourgogne (transjurane)
8G9. Charles le Chauve.