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HOMMES REMARQUABLES

Guillaume de Nangis

Nangis a vu naître Guillaume de Nangis, célèbre moine bénédictin de l’abbaye de Saint-Denis. Ce nom de Nangis ne veut pas dire qu’il appartenait à la famille seigneuriale de ce lieu, mais qu'il était d’origine nangissienne. Il avait conservé des rapports avec sa ville natale et même avec son seigneur d'alors, car nous avons vu plus

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haut qu’il assista comme témoin au testament de Jean Britaud,

en 1263, et quil en fut l’un des exécuteurs testamentaires.

Il est l’auteur de deux chroniques, l’une s'étendant depuis le commencement du monde jusqu’à l’an 1301, époque de sa mort, histoire qui fut continuée jusqu'en 1368 par deux autres religieux de la même abbaye. L'autre est une chronique des rois de France continuée jusqu’à la même époque, 1301. Elles sont écrites dans le latin employé à cette époque et ont le mérite d'une grande clarté. Tous les historiens ont largement puisé à cette source qui fut pour eux d’un grand secours pour décrire les faits des x11—° et xIr° siècles, époque peu féconde en chroniqueurs.

Guillaume est aussi l’auteur des vies de saint Louis et de ses fils,

Philippe le Hardi, qui lui succéda, et de Robert, chef de la maison de Bourbon. Pithou fit imprimer ces traités en 1596. Guillaume de Nangis mourut en 1302. Il est regrettable que rien ne rappelle en sa ville natale le souvenir de ce remarquable et utile écrivain.

Louis-Claude Leclerc

Louis-Claude Leclerc, poète et écrivain, né à Nangis, appartenait à une ancienne famille de magistrats de cette ville. Ses ancêtres s'étaient succédé dans les fonctions de procureur fiscal au baïlliage de Nangis. La maison des Leclerc, d’une certaine importance et agrémentée de vastes jardins, était située à Nangis, à l’angle de la rue des Creusottes (rue des Fontaines) et du chemin de ronde extérieur (aujourd’hui boulevard Victor-Hugo). Cette maison est actuellement convertie en une exploitation agricole.

diet les fonctions paternelles pour un plus vaste théâtre, Leclerc vint à Paris, où il chercha, comme poète et romancier, à percer dans différents genres. Il écrivit le poème de 7J'obie, qui est DA son meilleur ouvrage. Le pape Clément XIV, auquel il avait dédié ce poème, lui écrivit une lettre autographe de remerciement.

“Te Il écrivit ensuite Zaïde, ou la Comédienne parvenue, roman de mœurs dans le goût de l’époque, qui eut peu de succès. Il s’essaya …__ dans le théâtre et fit représenter à Bordeaux, en 1763, une comédie … en trois actes, intitulée l’Envieux. On trouve de lui des pièces fugitives insérées dans les Mercures et autres recueils de 1761 et années pe suivantes. Leclerc mourut vers 1788. à

se

10 Général Comte du Taillis Adrien-Jean-Baptiste Amable, fils de Jean-Jacques Ramond- …. Dubosc, intéressé dans les affaires du roi, demeurant à Paris, rue a du Gros-Chenet, paroisse Saint-Eustache, et de dame Marie-Made- “ leine-Louise Mye, naquit à Nangis, le 12 novembre 1760, et y fut - baptisé le 16 du même mois. Il eut pour parrain son oncle Ramond, ‘4k trésorier des ponts et chaussées à Montauban, et pour marraine … - dame Marie-Antoinette-Amable Rigo, épouse de Jacques-Philippe __ Taveau, qui fut maire de Nangis.

OF Il appartenait par sa mère à une honorable et importante famille TN nangisienne dont les membres avaient occupé plusieurs emplois publics. Sa mère était fille de Jean-Edme Mye, qui fut d'abord | SA procureur fiscal au bailliage de Nangis, puis notaire au même lieu K de 1729 à 1736; petite-fille de Nicolas Mye, qui fut précédem- NS ment notaire dans la même étude de 1694 à 1728, et nièce de Jean- 208 Côme Mye, qui fut aussi procureur fiscal, et de Nicolas Mye, cheva- ‘3 lier de Saint-Jean de Latran.

2 * La grand mère maternelle du futur général, femme de Jean-Edme … . Mye, était dame Marie-Madeleine Leseurre de Chantemerle, dont PR la famille joua aussi à Nangis un rôle important à cette époque.

he Son père avait le titre d'entrepreneur des marbres pour les maisons royales. Elle était la nièce de Claude Leseurre, prêtre de l’Oratoire et supérieur de la maison de Saint-Magloire, à Paris, qui lui +0 légua, par son testament du 12 juillet 1756, plusieurs maisons à EN Nangis, la ferme du Haut-Chaïllot, la ferme des Pleux, commune de Fontenailles, et une ferme à Grandpuits; elle était la sœur de : Antoine Leseurre de Chantemerle, qui succéda comme notaire à son beau-frère, Edme Mye, et la tante de Edme-Marc Leseurre de Chantemerle qui fut curé de Nangis à l’époque de la Révolution et sous l'Empire.

… Son arrière-grand'mère, femme de Nicolas Mye, était dame Madeleine-Edmé: de la Serve, qui fut longtemps supérieure de la Cha-

rité de la paroisse de Nangis. La famille de la Serve, de Nangis, était une des plus anciennes de la ville ; l’un de ses membres, Etienne de la Serve, figure à la transaction du 15 mars 1545 entre les habi- “e tants et dame Marie de Vères, dame du lieu, pour la clôture de la ville. ut

Cette famille Mye, qui était alliée aux Rigo, au bailli Gaspard Martin, au maire Taveau, aux Leclerc, longtemps procureurs fiscaux, et aux Bureau, seigneurs de la Courouge, à Vieux-Champagne, dont l’un fut baïlli de Nangis, avant Martin, et tuteur du marquis Faust de Brichanteau, occupa, tant par elle-même que par ses alliés, tous les emplois civils de Nangis au xvIn° siècle.

Lorsqu'en 1898, la Société d’histoire et d'archéologie de Provins, qui a pris la louable décision de rappeler par une plaque les noms. des hommes remarquables, les faits et les monuments intéressant l’histoire locale, vota la pose d’une plaque pour rappeler le souvenir du général du Taillis, l’auteur du présent opuscule fut chargé de rechercher la maison qui avait vu naître ce dernier. Sa naissance à Nangis étant bien établie par son acte de baptême, 1l était très. présumable que M*° Ramond, habitant Paris, était venue faire ses couches chez son père; il fallait donc rechercher la maison notariale d'Edme Mye. Cette maison porte le numéro 8 actuel de la rue du Dauphin, près la halle marchande. Elle devint plus tard la propriété du général et de ses sœurs, et fut aliénée par eux suivant acte reçu par Hardouin, notaire à Nangis, le 1% décembre 1797.

Amable Ramond était encore au berceau lorsqu'il perdit sa mère, qui fut inhumée dans la chapelle de la Sainte-Vierge de l’église de Nangis, le 22 mars 1762. Son acte de décès est signé par Taveau, échevin; Lepras, baïlli; Riotte de Saint-Maur, Mégret de la Boulaye, Lecler: père et fils, et le docteur Oudot, parents et amis de la famille.

Ses études terminées, Amable Ramond entra à l'Ecole militaire où déjà il prit le nom de du Taïllis sous lequel il fut toujours connu dans l’armée. |

J'ai longtemps vainement cherché d’où provenait ce nom de du Faillis, lorsque le hasard mit sous mes yeux un acte qui me donna l'explication que je n'avais pu trouver. Cet acte, recu par Périer, notaire à Nangis, le 23 juin 1742, constatait que M"° Edme Mye, grand'mère du général, donnait à baïl à Denis Vignier, laboureur, la ferme du Taillis et les terres en dépendant, situées paroisse de Doue, près Rebaïs, moyennant un loyer de 330 livres. La famille possédait donc à Doue un fief noble du nom de du Taillis, et le jeune officier, selon l’usage alors consacré, en avaït ajouté le titre à son nom patronymique. La ferme du Taillis existe encore et est toujours cultivée par un descendant de Denis Vignier, le locataire de 1742.

Les débuts du jeune officier dans l’armée furent assez difficiles.

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Vriec 1779, “ fut tee 1e Nes suivant. Ce fut dix ès, le 17 juillet 1789, qu'il fut nommé capitaine dans la f nationale de Paris, puis capitaine aide-major. Son ples

d désir était de rentrer dans l’armée, il y parvint alors, grâce | la le vée en masse et au grand besoin d'officiers capables. Il fut am, le 3 août 1791, capitaine au 14° bataillon d'infanterie et

Dr sa vie Foire par Lane et Jemmapes, et fit partie,

tégrer par ie Comité de salut at que le 2 février 1795. Il avait x dr 35 ans, et avait vu jusque là sa carrière militaire bien compro- * mise, mais il sut bien vite racheter les retards qui lui avaient été imposés. Il rejoignit l’armée d'Italie où il fut nommé, le 7 sep- . tembre 1706, chef de bataillon. Il passa comme chef de brigade jé, dans la cavalerie légère le 13 novembre 1797, puis comme aide de dt Camp au 3° régiment de chasseurs à cheval. Le 9 août 1807, il est adjudant aux états-majors et attaché au a dépôt de la guerre, puis adjudant-commandant le 7 janvier 1902. Enfin, le 29 août 1803, il est nommé général de brigade et est attaché comme chef d'état-major au camp de Montreuil. ONE » En 1805, il fait partie de la grande armée, comme chef d'état se major du 6° corps, et fait la campagne d'Allemagne, lorsqu'un boue 3 è vient lui emporter le bras droit à la bataille de Guttstadt le . 9 juin 1807. Pour panser sa blessure, l’empereur le fait général de KR le 29 juin 1807. Après un congé de convalescence de près e de deux anrées, il est mis, en mars 1809, à la disposition du major 43 général de l’armée d'Allemagne; mais désormais, il ne peut plus È servir que comme commandant de Lee Pendant la Tops de 04 sion en Dune en ét et 1877. En FSr2)1F est Re “ | | militaire de Varsovie, puis, en 1813, gouverneur de Torgau, ville de Saxe sur l’Elbe. Cette place était le dépôt central de l'armée EE engagée en Russie; aussi lui avait-on donné pour gouverneur un & “homme sur Péèrme duquel on pouvait compter. Quand vinrent les désastres de la retraite de Russie, Torgau ne tarda pas à être \ Dune Le général, déployant une grande force morale, soutint un

D. siège mémorable pendant lequel les privations, les maladies et le DA bombardement firent plus de vingt mille victimes. A bout de res- sources, la ville capitula, maïs la garnison sortit avec les honneurs | de la guerre. Lorsau’en 1815, Napoléon revit le général du Taïllis, ses premières paroles furent : « Général, j'ai été content de votre défense de Torgau. » |

É Prisonnier le 2 janvier 1814, le général rentra en France en mai

suivant, et fut mis en non-activité, puis admis à la retraite pour

blessures le 18 octobre 181 CL Ne.

Le gouvernement de 1830 devait réparer les injustices de la Res- Re: tauration à son égard; il fut replacé dans le cadre de réserve

le 7 septembre 1831 et remis en jouissance ‘de sa pension de retraite le 1* mai 1832. Le gouvernement de Juillet le nomma pair de France le 11 octobre de la même année.

De 1814 à 1840, le général vécut dans la retraite dans sa propriété du Haut-Chaillot, près Nangis, aimé par la population qui savait apprécier sa franchise et sa rudesse de vieux soldat. La mort de ses frères et sœurs, décédés sans postérité, avait concentré entre ses mains toute la fortune familiale; il avait constitué un vaste. domaine, aux portes de Nangis, formé des fermes du Maupas, des. Pleux, des Equeuvres, du Haut-Chaïllot, et d’une ferme à Grandpuits, à la gestion duquel il consacra ce qui lui restait d'activité et de forces.

N'ayant pas d'enfant, le général adopta le fils de sa femme, né d’un premier mariage. Vers 1840, il se retira près de ce dernier, dans sa propriété de Boissy-Saint-Léger, pour y trouver les soins que réclamaient son âge et ses infirmités,; et, le 12 mars 1842, il vendit

M. le comte Greffulhe toutes ses propriétés avoisinant Nangis, qui forment aujourd'hui une grande partie du domaine de Boisboudran.

Il mourut à Paris, place Vendôme, n° 20, le 4 février 1851, âgé de 90 ans, et repose dans un caveau de famille, au cimetière ce l'Est à Paris (56° division, n° 27 288).

Les honneurs n'avaient pas manqué à cette belle carrière si bien remplie ; il devint successivement

Commandant de la Légion d'honneur le 14 juin 1804.

Grand-officier le 29 avril 1834.

Grand'croix le 19 juillet 1845.

Il portait en outre la croix de Saint-Louis, était chevalier de la Couronne de fer et grand'croix de l’ordre de Bavière.

IT avait été fait comte du Taillis par l’empereur en 1808, et, le 10 mars de la même année, une rente annuelle de 30 000 francs avait été créée en sa faveur sur la Westphalie, en récompense de ses services.

Son nom est gravé au côté est sur l’arc de triomphe de l'Etoile.

Sa petite-fille par adoption ayant épousé un descendant du général comte Gourgaud, sa postérité revit dans cette famille, dont l’un des membres a relevé le titre de comte du Taillis.

La Société d'histoire et d'archéologie de Provins ayant décidé qu'une délégation de ses membres se rendrait à Nangis le 25 septembre 1808, afin de procéder à la pose solennelle de la plaque par elle votée pour rappeler le souvenir du général du Taillis, 4/2" fit part de cette décision à M. le maire de Nangis, demandant dans

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TE pNT4 À } ut tance te À k municipalité. Cette nouvelle, qui A a au ed OS O it à à coup le souvenir du vieux général, qui avait laissé tant CRE thie dans sa ville natale, remua toute la population qui se RS la gare au-devant de la députation Horntes Ce fut une M) ER Ca fête improvisée. STE NE délégués, ayant à leur tête M. Buisson, leur dévoué prési- $ f, » heureux et fier de He qu’il avait été élevé dans la maison | : Re ‘ de N L f, ; LEA re + Fe Cr CT * Lee *

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