LES ÉCOLES
Aïnsi que nous l'avons exposé plus haut, l’école des garçons de Nangis, pendant tout le moyen âge et jusqu'à la Révolution, était restée sous la dépendance de l’église qui l’avait créée et pourvoyait à ses besoins.
La fabrique de l'église possédait les bâtiments où se tenaient les classes, situés rue de l'Eglise, faisant face à la rue actuelle des Ecoles, et tenant à la tourelle, et payait l’instituteur. Pendant des siècles, elle dispensa l'instruction aux enfants de Nangis, sans qu'il en ait rien coûté ni aux parents, ni à la municipalité qui, nous l'avons vu par le budget de 1780, ne votait aucun fonds pour l'instruction et ne pouvait guère en voter. Cela n'empêche pas aujourd'hui lès descendants des générations instruites par l'Eglise de représenter celle-ci comme ennemie de l'instruction et favorisant l'ignorance.
Il nous a été impossible de déterminer à quelle époque cette école fut ouverte et nous n'avons trouvé qu'un nom de maître d'école, celui de Lemoine en 1643.
Après la Révolution, le 15 vendémiaire an XIV, le sieur Cudot fut nommé instituteur à Nangis, poste vacant depuis deux ans.
D'après le tarif qui lui fut imposé, il devait réclamer à ses élèves
par mois :
Pour la lecture, o fr. 6o.
Pour la lecture et l'écriture, o fr. 9o.
Et pour l’arithmétique, 1 fr. 20.
L'école n'était plus gratuite; ce fut l’un des principaux changements.
L'instituteur dut s'installer dans la vieille école confisquée sur l'église; mais bientôt, comme elle menaçait ruine, on fut forcé de la démolir. Le 8 août 1824, la ville fit procéder à la vente des matériaux provenant de cette démolition et de son emplacement, après avoir rendu à la voie publique une large bordure de terrain afin de dégager l’accès de l’église. L'école dut chercher un asile provisoire. |
La municipalité était fort embarrassée pour construire une nouvelle école des garçons, lorsque deux legs importants vinrent la tirer d'embarras. Une dame Prètre, propriétaire du domaine de Bourguignon, commune de Fontains, fit, par son testament, don à la ville de Nangis d’une somme de cinquante mille francs pour l’établissement d’une école tenue par les Frères de la doctrine chrétienne. D'un autre côté, M. le comte Greffulhe, nouvellement acquéreur du château de Boïisboudran, commune de Fontenailles, donna à la ville une somme suffisante pour la création d’une école d’enseignement mutuel. Par délibération du 30 mars 1831, le conseil municipal déclara joindre le legs de M. le comte Greffulhe à celui ce M Prètre, pour les fonds servir à acheter la maïson d’un sieur Plessier, sise rue du Tournebride, et à construire sur son emplacement une nouvelle école des garçons.
Cette école ne tarda pas à devenir insuffisante par suite de lPac-
croïissement de la population de la ville. En 1876, il y eut une nouvelle transformation. La municipalité, qui venait d'acheter ce qui restait de l’ancien château des marquis de Nangis et une partie du
partie sur les anciens fossés remblayés du château et sur l’emplacement d’une maison voisine, et l’ancienne école abandonnée fut destinée à recevoir l’école des filles.
Cette école des filles, qui ne paraît pas avoir eu au moyen âge une existence bien organisée, n'apparaît sérieusement établie qu’à la suite du testament du maréchal de Nangis que nous avons rapporté plus haut. En exécution du legs de ce dernier, elle fut établie dans les bâtiments de l'Hôtel-Dieu et eut pour directrice l’une des trois f Sœurs appelées par le maréchal et rétribuées par ses dons. Cette
j école fut maintenue dans l’Hôtel-Dieu, où elle occupait la salle ser-
vant actuellement de dortoir aux vieillards, et y resta jusqu’en 1876. En dernier lieu, elle était sous la direction des Dames de la Con- 5 grégation de Nevers, qui étaient également chargées de la direction D de FHôtel-Dieu.
CIN Le 21 juin 1876, cette école fut enfin transférée de l’Hôtel-Dieu, | où le local était insuffisant. dans les bâtiments que quittaient les garçons, rue du Tournebride, et placée sous la direction d’une institutrice laïque. Une fête d’inauguration eut lieu ce jour.
Mais bientôt une nouvelle école des filles fut ouverte à Nangis.
14 … parc l’entourant, fit construire une nouvelle école des garçons en *.
— MM. les comtes Charles et Henri Greffulhe, répondant aux désirs n° d'un grand nombre de mères de famille qui demandaient le maintien an de l'instruction chrétienne, firent construire une école sur un terrain
par eux acheté, touchant l'Hôtel-Dieu, et y établirent une école libre pour les jeunes filles, sous la direction des Dames de Nevers, école gratuite, dont ils supportaient tous les frais.
Fe Ces deux écoles de filles foncticnnèrent concurremment jusqu’à ur l'expulsion des congrégations religieuses, en 1904. A cette époque, M. le comte Henri Greffulhe, dont l'école se trouvait désorganisée,. } CA la loua pour ur prix insignifiant (100 francs par an) à la munins cipalité de Nangis qui, vu l'étendue et la bonne disposition des: #1 locaux, put y réunir toutes les élèves des deux écoles de filles.
Lu: Cette réunion laissait libres fort à propos les bâtiments de l’école: Er municipale des filles. Celle des garçons, construite dans le parc du … château sur un terrain trop exigu, devenait, malgré sa création TR récente, et bien qu’elle eût été surélevée d’un étage, de plus en plus | insuffisante. Le trop-plein des élèves put être déversé dans l’école it que les filles venaient d'abandonner; et, grâce à la générosité de
M. le comte Greffulhe, la ville put échapper ainsi à la lourde obligation de reconstruire, ou au moins d'élargir, ses deux écoles deve- nues insuffisantes. Mais c’est là une charge à laquelle il y a lieu de craindre qu’elle ne puisse se soustraire tôt ou tard.