‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 101 sur 167 · ÉPHÉMÉRIDES · texte numérisé non relu

ÉPHÉMÉRIDES

1839, Le Commissaire Lin Tsé-siu ^ g(] ^ saisit et détruit 20.283 caisses d'opium, qui lui sont livrées par le capitaine Elliot au nom de son Gouvernement.

Elliot quitte Canton et se retire à Hong^kong (août). Combat naval à Tch'oan-pi (3 nov.).

1840, Blocus de Canton (Sir Bremer).

1841, 26 février, Bocca-Tigris pris par les Anglais.

31 mai, Canton se rachète au prix de, 6.000 000$

27 août. Prise d'Amoy (Sir Hugh Gough, Am. Parker) (1).

29 septembre, Prise de Ting-hai (Tcheou-san).

13 octobre, Ning-po est pris.

Après avoir pris les forts de Tcha-p'ou '^ i|§ (7 mai), (3) l'expédition attaque ceux de Ou-song (16-19 juin), puis remonte à Chang-hai (19 juin) qui se rachète pour 300.000 dollars. L'expédition anglaise dirigée contre cette ville était forte de 4.000 hommes, sous les ordres du vice-amïral Sir William Parker; 130 canons défendaient la rive sud du fleuve, entre Ou^song et Pao-chan. Dans les forts de Ou-song, on s'empara de 175 pièces; à Changhai on en prit 406, dont une centaine en bronze. La ville fut rendue après 4 jours d'occupation (4).

On résolut de frapper un coup plus décisif et Sir Henry Pottinger décida de se porter à Nankin. Le 6 juillet 1842 «une expédition composée de près de 80 voiles (15 navires de guerre, 10 steamers, 50 transports) ayant à bord 9.000 h. de débarquement, partit de Ou-song et remonta le Yang-tse kiang vers Nankin» (5). 170 milles (70 lieues) séparent Ou-song de Nankin.

Après deux heures de lutte, la ville de Tchen-kiang fut emportée (22 juillet 1842) ; elle était intrépidement défendue par la garnison tartare (2.700 h.) que 3 colonnes attaquèrent sur 3

(1) Une escouade anglaise, envoyée à Ts'ong-ming pour y chercher des provisions, y est maltraitée.

(2) Le 11 juillet de cette année, débarquaient à Chang-hai les PP. Gotteland (1808- 1866), Estève (1807-1848) et Brueyre (1810-1880), les trois premiers Jésuites de la nouvelle Mission du Kiang-nan, demandés par M*» de Bési, vicaire apostoliq. du Kiang-nan. cf. PP. BrouUion, Pfister, Colombel.

(3) Taha-p^oUf port de Hang-tcheou à 40 milles de cette ville et aussi de Ning-po. {Ghapu, Ohofioo).

(4) Cf. MaeleUftn, The Story of Skang-hai. Shanghai 1889.

(5) Le Capitaine W. H. Hall, R. N. l'auteur de l'ouvrage «The Nemems in China, 3* édit. Londres 1846,» dit le 23 juin. Il nomme, comme faisant partie de l'escadre: BUmde^ Belle-islCy Proserpine, ComtocUliSj Endymion^ Dido, CalUopej Ghilders, Modeste...; le Marions parmi les transports; les steamers Phlegethùn, Médusa^ PlutOf Nemeais, Vixen... Deux navires français s'adjoignirent bientôt à l'expédition :' VErygove (cap. Cécile) et la Favorite (cap. Le Page).

25t CH. XIT. DTN. DIS T8'm»>-««&niimB DB L*OPtnif.

points difîérents (1). Les Anglais avouèrent 37 morts et 131 blessés. Refoulés par les troupes étrangères, les Mandchoux massacrèrent leurs familles et se tuèrent eux-mêmes ensuite, malgré les efforts des vainqueurs pour les sauver. «On a estimé, dit Sinibaldo de Mas, que sur une population mandchoue de 4.000 âmes, il n'a pas survécu plus de 500 individus; la plus grande partie des morts avaient péri de leurs propres mains.»

Un affreux pillage suivit, honte de cette expédition; les troupes anglaises et les contingents indiens, unis à la populace chinoise, accomplirent des horreurs sur lesquelles il nous répugnerait d'insister.

Des forces navales et une partie du corps de débarquement furent laissées à Tchen^kiang et l'expédition poursuivit son objectif principal : menacer Nankin (2). En conséquence, le 5 août 1842 Tescadre anglaise apparaissait devant Hia-koarij au confluent du canal et du Yang^tse. Le général en chef, sir Hugh Gough, avait remonté le fleuve sur le transport Marion, remorqué par le vapeur Queen.

Les négociations s'ouvrirent sans retard (3)» Pour appuyer les réclamations du plénipotentiaire, la Blonde bloqua le canal, grossi des eaux de Tété, et s'embossa presque en face de la porte de l'fong men (4) pour enfiler les batteries de la muraille, concurremment avec le ComwalliSj resté dans le Kiang, au nord de la colline du Lion (Che-tse chan). Un système de barrages flottants étages fermaient en cet endroit la route aux navires; ils étaient conçus de façon qu'ils devaient se substituer l'un à l'autre

(1) L'ouvrage du Cap. HaU décrit en détail les opérations militaires contre Tehmikiang.

(2) Uhe partie de Teacadre anglaise passa, dit-on, entre Vile d*or, Kin chan s [Il et la rive sud du Tang-ise Kiang; le grand fleuve se frayait encore (ainsi qu'au temps de Macartney, 1792) un chenal navigable entre la rive droite et cet *'tlot," rattaché depuis à la terre par l'alluvion.

(8) Dès le mois d'août 1841, l'amiral EUiot et le C. Elliot étaient remontés jusqu'à l'embouchure du Pei ho et avaient ouvert des négociations aveo K^i C?ian, vice-roi du Tche-li. D'un commun accord on décida de les reprendre à Canton, où elles n'aboutirent pas, grftoe à l'opposition de Lin ^ et des autres mandarins.

(4) Allonij China iUuairaied (t. IV, p. 41) mentionne brièvement ce fait. AiUeurs (vol. I. p. 74. — Vol. Il, p. 16, 32), il parle plus explicitement, mais en termes généraux, de "Nankin, de ses tours et de ses temples."

Voir dans Wells Williams, m The nUdéUe Kingdoniy^le résumé de l'action des Anglais le 14 août 1842. L'on faillit assister de nouveau durant l'automne de 1895, à la reprise d'hostilités analogues, lors de la démonstration avortée de l'escadre anglaise dans le Tang-ise kiang. La Chine céda aux temps : mais Tchang Tehe-tongt prétextant une indisposition, refusa la visite de l'Amiral Buller, le 4 octobre. La France, le 29 juillet 1S95, avec Vlaly^ V Alger et le BeatUempa-Beaupré, ainsi que l' Allemagne au début de juin 1896, avec le Prineess WUhehn et VlUia, prirent également une attitude menaçante an mouillage de Hia-ÎÊoan.

f I. LBB AK&LAtll b8TAtl¥ NÀÏIlLIN. 2S9

et remonter à la surface de Teau, quand le raddàu sUpérieUt aurait été rompu et mis en dérive.

Le 5 août (1), les mandarins offrent d'abord 300.000 dollars, puis le double, si les navires consentent à redescendre le Pleuve. Naturellement, l'escadre anglaise s'y refusa, formulant avec une ferme modération ses exigences méthodiques, sagement calculées. Le 6, l'amiral Keppel arrive sur le Comtallis escorté de quelques navires. Le gros de Tescadre ne rallia que le 9 août, et l'on disposa l'artillerie à bord de façon à ouvrir la brèche, près HtV ^oan^ au cas où il deviendrait nécessaire de recourir à cette extrémité. Sir Henry Gk)Ugh disposait de 3.400 hommes, plus les officiers, pour réduire Nankin; mais son effectif était notable* ment affaibli par une forte proportion dé malades.

On reconnut que, de Koan^yn men (grande enceinte), unfe route, d'accès facile et presque sans défense, conduisait directement à T'ai'pHng men o. à d. à la ville* En conséquence, le débar» quemènt principal du matériel et des troupes s'opéra dans ce petit port de pèche, havre de refuge, à l'abri du rocher de Yeri'-tse ki. La Nemesis fournit à elle seule mille hommes.

Cependant, le 10 août, les troupes de Lord Saltôun occupent le village de Hia-'koan, sous les murs mêmes, et y débarquent quatre obusiers, placés Sous les ordres du Colonel Montgofflerie. Au Général Bartley était dévolu le périlleux honneur d'y commander la colonne d'assaut^ pendant que la brigade de Lord Sakoun attaquerait T'aUp'ing men et en ferait sauter la porte. On avait ordre de se porter simultanément par Tchao^yang men, sur la garnison mandchoue, retranchée dans la * 'ville tartare"(2).

Ce plan fut modifié dans sa première partie, car le capitaine Pears avait, en débarquant le 10, découvert que des marécages, alors plus qu'aujourd'hui, défendaient naturellement les abords de I»fong men, où Ton projetait de livrer l'assaut principal.

Peu à peu les murailles de Nankin s'étaient couvertes de tentes et garnies d'une nombreuse artillerie indigène. Sous des abris improvisés, on avait amassé de la chaux pulvérisée pour aveugler les assaillants. Le 11, une reconnaissance fut organisée en personne par Sir H. Gough (lieutenant-général sous Sir Henry Pottinger également à bord), à la suite de laquelle la brigade de Lord Saltoun s'établit au village de « Afaftur-feeow », c. à d. à Mai'kao kHao «S Jlb "fS entre Xoan-yn men et Chen-tch'é men (3).

(1) Capt. G. Loch, «The closiDg évente of the campaign in China.» Ne pas le confondre avec Sir H. Lock, secrétaire privé de Lord Elgin, qni fut fait prisonnier et emmené k Pékin avec Sir Harry Parkes et 2 Français.

(2) «The Chinese war : an account by L* John Ouchterlony. London, 1844.»

(3) Une route peu fréquentée, dont la direction générale est sensiblement orientée nord-sud, conduit de Ten-tse ki, petit port de débarquement (Ko€m-yn men), à T*ai-j^Hnif men. Elle emprunte au sud une partie de la large voie (sorte de remblai de chemin dé

260 GH. XIT. DTN. DBS T8*ING--*0UBRRB DB L'OPIUM.

Le 11 et le 12, la mise à terre des batteries s^exëcuta à '*Ma-tan keang'* dit le texte anglais où nous puisons ces détails. Le 13 au soir, un formidable parc d'artillerie se trouvait constitué à Mat-fcao k'iao, où le régiment de Madras vint aussi le rejoindre (1).

La population des environs n'accusait aucun symptôme insolite de défiance, ni d'hostilité; elle semblait peu au fait des éventualités redoutables qui se préparaient, ou bien peut-être elle se désintéressait du conflit, dans lequel les deux gouvernements lui paraissaient seuls acteurs en cause. Â Mai-kao k'iao pourtant, devenu quartier-général, les habitants avaient fui en partie. Les ouvrages cités plus haut nous décrivent ce village comme bien différent de ce qu'il est maintenant. Il renfermait, détail invraisemblable aujourd'hui, des demeures d'une extrême et élégante opulence, dont les richesses devinrent la proie des troupes qu'on y tint consignées pendant ces quelques jours. C'est actuellement à peine un hameau, à cheval sur la routé, non loin et au nord de C/ien-tc/i'ë men et ne contenant au plus qu'une vingtaine de boutiques; simple relai pour accommoder les âniers de passage.

Le programme de l'autorité militaire avait fixé au 14 août l'attaque contre Nankin ; nous avons dit qu'elle devait avoir lieu aux environs de T'ai-p'ing mertj près de la colline intérieure de Long-koang chan, récemment couronnée de casemates et d'artillerie. Une large chaussée en remblai conduit à cette porte, dont un pétard, une cartouche explosive, aurait aisément raison. Aux abords s'élevaient encore quelques maisons, promettant aux compagnies de débarquement un abri opportun, pour tirailler, fusiller les crêtes. des murs, couvrir et appuyer une troupe qui tenterait une pointe en avant. Mais surtout, des hauteurs très voisines qui dominent immédiatement une étendue considérable de l'enceinte, des pièces mises en batterie devaient foudroyer presque sans danger le rempart, avant d'ouvrir une brèche aux assaillants,

fer) qui mène à cette porte et elle tourne bmsqnement an nord-onest, avant d'arriver à Ko€M-yn tnen; non loin de ce coude, il se détache de la route un embranchement vers la porte de Chen-tck^é men, par McÂ-leaa k^icto. Les Anglais avaient donc pertinemment choisi et assuré leurs voies de communication, du fleuve aux remparts à attaquer.

(1) Il y avait en août 1842 à Nankin, 6000 Tartares et 9.000 Chinois, et l'expédition anglaise amenait 4.500 hommes. China by Murray, II p. 496.

«En 1842, la garnison do Nankin comprenait près de 9000 Tartares armés avec environ autant de Chinois. Des renforts arrivèrent de Tchen-kîang, après la prise de cette ville, sans compter d'autres secours. D'après les documents chinois, le 29 juin 1847, la flotte anglaise quitte Ou-8ong : le 29 et 30, alarme à Ts'ong-ming. Le 9 juillet, elle est à IAing-oh€nn. Un officier chinois de la rive gauche est cassé pour avoir donné la nouvelle. Le 10, avant-garde à Kiang-yn..., Le 13, deux vapeurs éprouvent une résistance sérieuse à Ohunshan et sont arrêtés. Le 14, la flotte passe.» Chinese .Bepositcry, 1841; vol XI, p. 476. V. ibid p. 512 la circulaire de Sir H. Pottinger aux sujets anglais.

s I. SIB6E DE NANKIN. 261

lancés en colonnes d'attaque. Les officiers en effet n'avaient pas tardé à remarquer qu'à l'angle aigu de l'extrémité nord-est de l'enceinte, des pièces qui battraient la muraille ou des troupes qui la saperaient, ne seraient guère exposées qu'au feu d'un seul mauvais canon, placé et servi du reste dans des conditions très désavantageuses. Là est un des points faibles de la place; les Impériaux, comme nous le montrerons ailleurs, devaient également le reconnaître et en bénéficier au mois de juillet 1864.

A vrai dire, les Nankinois finissaient par s'inquiéter peu à peu de ces préparatifs menaçants, et, tactique chinoise, ils s'ingéniaient à gagner du temps. Tchen^kiang leur avait envoyé des défenseurs de circonstance, exaspérés par le massacre, mais ébranlés aussi, par le désastre, dans leur confiance en l'efficacité de leurs ressources militaires.

D'heure en heure plus pressants, les Anglais écartaient impitoyablement tout subterfuge, tout faux-fuyant et affirmaient leur inébranlable résolution d'ouvrir le feu à la date, à la minute fixée. Aussi, trois heures avant ce moment décisif, les hauts mandarins ahuris firent-ils savoir à Sir Henry Pottinger qu'ils se trouvaient nantis des pouvoirs nécessaires (point nié jusque-là), qu'ils consentaient enfin à parlementer utilement. Le 16 août, K*i Yng, nommé commissaire impérial le 10 avril, demanda un armistice. Il vint à bord le 20 août avec son collègue «/-li-pou» (1).

Vers le milieu d'août 1842, la même semaine peut-être, dans l'île de Formose, 197 naufragés des navires anglais Ann et Nerbudda étaient décapités après une fort cruelle captivité. On excusera les implacables exigences de l'expédition britannique, si on a lu, dans le Chinese Repository de 1845 (p. 298) le «Journal» de leur détention, tenu par M. Gully et le Capitaine Denham.

Le 24. Sir Henry Pottinger rendit la visite avec son état-major. On lui servit à dîner dans une très ordinaire pagode (2) (Ts'ing^ hai se?) non loin du mur, au bord de la nouvelle route actuelle, à peu près au point où elle s'engage en ville. L'escorte présente raconta l'effarement plaisant des convives chinois quand, à la fin du repas, ils ouïrent éclater les ' accords du God save national,

(1) "I-li-pou était pour la paix" D. C. Boulger, "A short history of China", Londres 1893. Les autres commissaires étaient K'i Yng et Nieou Kien, vice-roi des deux Kiang. «Le 20 août, six petites canonnières amenèrent les trois commissaires, en costume fort simple, ce dont ils s'excusèrent, prétextant qu'ils étaient trop affairés. Une troisième visite officielle eut lieu le 26 août dans le Collège hall^ au centre de Nankin» p. 226.

(2) Il s'agit peut-être de la pagod^ rebâtie sur l'emplacement du célèbre et riche monastère de Ts'-ing-nai-ae. Tout à côté, à l'est, s'élève encore une belle stèle (très ornée) sur une tortue, datant de Yong-lo^ et provenant du T^ien-fei kong, temple élevé en l'honneur de la déesse de la mer. Cet empereur rédigea l'inscription de la stèle, pour remercier la déesse d'avoir protégé ses ambassadeurs (la 14* année de son règne), durant leur voyage aux Indes.

36S GH. XIV. DTN. PSS T8'ING dUBRIiS DE L^OPIUM.

tnlevé par la musique anglaise. Quoi qu'on en écrive, la muiique chinoise, même avec son tapage de gongs et de timbales, n'atteint pas aux sonorités de la nôtre.

Le 26 août, le ministre plénipotentiaire, pourvu d'une brillante escorte aussi, entra dans la ville par I^fong men et fut reçu par les mandarins. Ce furent là les seuls Anglais qui, durant toute l'expédition, pénétrèrent dans Nankin. Comme les fonctionnalises chinois étaient frappés du bel air des montures des officiers et des soldats, on leur offrit deux des plus beaux chevaux arabes pour l'empereur. Les mandarins, redoutant quelque dénonciation de corruption, aisée à formuler, déclinèrent cette offre aussi tentante qu'imprévue.

Enfin, le 29 août, K'i Yng monta à bord du Comy/^alUs, le 24* de la 7* lune de la 22* année de Tao-^oan^f^ pour signer avec H. Pottinger le «Traité de Nankin», qui peut se résumer en ces termes: La Chine accordait «la cession à la G^^ Bretagne de rUe de Hong-hong (1), Tabolition du monopole des négociants Hongs à Canton, le paiement au gouvernement anglais d'une indemnité de 21 millions de dollars, indépendamment des 6 millions déjà pergus devant Canton (2) ; et l'ouverture au commerce étranger des ports d'Amoy, Fou^tcheou, Ning-^po et C/iangr-Ziai» (3).

(1) Lire la Benue française de 1895 (p. 189) pour voir ce qu'est devenu entre des Duine anglaises, dans l'espace d'un demi-sièele, cet îlot extorqué par le Traité de Nankin. Si« à 9000^ du continent, dominé par un pio de 1.000»'' et couvrant 80 kilom. carrés, l'tle 4e Hianff-kia/ng ^ ^, Song-kong en cantonais, «fait plus d'un milliard d'échanges avec l'Angleterre et ses colonies, soit les >/> * ^u commerce extérieur de la Chine, entrées et sorties (mouvement maritime) en 1893 : 14, 350.000 tonnes (plus que Londres et Liverpool), ade sorte que Hong-hong est devenu, en 50 ans, d'un rocher désert, le premier port du mondes. CJiang-hai occuperait le 9* rang. L'île renfermait alors 230.000 h. dont 10.000 européens, avec une garnison de 2.000 soldats, recevant 7. 500.000 de solde aimuelle. Les Anglais y ont créé plus de cent écoles, coûtant 250.000 francs.

(2) Ces 6 millions avaient été exigés en compensation partielle des 20.289 caisses d'opium, valant près de 11 millions de [dollars, que le Commissaire Lin avait contraint les étrangers de lui remettre à Canton, en 1839, et dont il avait ordonné la destruction, plus légitime que légale (28 mars 1839).

(3) «Invité à assister à la conclusion du Traité qui fut signé à bord du Oomwallia^ le C* Cécile remonta sur une jonque à Nanking, et fut présenté par l'amiral anglais (Sir William Parker) aux commissaires impériaux». (Vice-amiral Jurien delà Gravière, Voyage de la corvette la Bayonnaise dans les mers de Chine 3* édition, 1S72. Tome 1, p. 83). Bientôt la corvette la Favorite (C Page) «vint jeter l'ancre au milieu de la flotte britannique» peu de jours après la signature du traité. Voir dans cet ouvrage l'intéressant résumé des négociations poursuivies alors par la France (de Bosamel, de Batti-Menton, de Lagrené...) pour conquérir aux Chinois la tolérance religieuse. Une convention pro- ▼isoire, échangée le 10 sept. 1843, prépara le Traité Lagrené, signé le 24 oct. 1844, sur la corvette VArehimèdef à Wampoa (Canton). Cf. sur ce Traité si important pour l'évangélisation de la Chine, le Chinese Becorder d'octobre 1888 et «Nankin port ouvert».

s I. TRAITE QB NANI^IN. {68

Au Bogue ^ devant Canton, on signa le 8 octobre 1842 un traité additionnel, réglementant les droits de tonnage %, l'importation et à l'exportation.

Officiers et soldats se transformèrent, pendant deux ou trois semaines encore, en Nemrod et touristes pour explorer le Tombeau des Ming, la Tour de Porcelaine et autres curiosités presque disparues aujourd'hui.

Les Nankinois pouvaient aussi respirer; le siège par les armées barbares leur aurait du reste été probablement moins calamiteux que ceux que la vieille capitale avait subis si souvent au cours de sa longue histoire. Et des jours plus sombres lui étaient réservés encore (1).

En décembre 1842, la flotte ramena aux Indes plus de 5.000 h.; on en laissait derrière soi 4.800 à Hong-kong, à Kou^la,ng'S0U (près Amoy) et à Tcheou-chan. «Les pertes des Anglais, pendant toute la durée de la guerre, s'étaient élevées à plus de S.OOOh., morts soit de blessures, soit de maladies.» (S. du Mas, IL p. 52) (2). •

Les Chroniques de Nankin, pas plus que les documents étrangers, ne nous révèlent rien de marquant sur les années suivantes. Je mentionnerai seulement l'incident du consul anglais Alcock, bloquant le port de Chang-hai^ arrêtant avec le Chiltem et VEspiegle, les jonques chargées de riz pour Pékin, et dépêchant à Nankin ce dernier navire pour exiger du vice-roi la réparation de sévices commis par des pirates contre M.M. Medhurst, Lockart et Muirhead. h'Espiegle mit dix jours pour arriver à Nankin. Le taO't'ai de Chang-hai fut cassé (mars 1848).

En 1848, les missionnaires jésuites, renouant un passé trop lointain, avaient repris l'administration de la chrétienté nankinoise (v. Lettres de Jersey, août 1887 p. 156 (P. Colombel).

(1) Koa-tclieou JBSL VH' au nord de Tchen-kiang, dut payer 3.000.000 de francs pour éviter d'être occupé par l'expédition anglaise de 1842. Jurien de la Gravière. Voyage en Chine, 3 édit. p. 72.

(3) Le D' Ernest Martin (L'opium^... p. 86) représente comme trop rapide et trop aisément obtenue la reddition de Nankin. P. 24, un lapsus (rectifié plus loin, p. 86) donne à tort le 29 avril, au lieu du 29 août, comme la date du traité de Nankin, ratifié à Chang-hai le 26 juin 1843.

«Les Barbares anglais lurent apaisés à Kiang-ningui^ disent les chroniques chinoises, à la 6* luue de 1842.

Les Chinois rougiront plus tard de cette rédaction et de quelques autres plus compromettantes encore.

Cf. C* Elliot Bingham. «Narrative of the Expédition to China» Londres 1643 (il donne 200 pieds à la Tour de Porcelaine). Comparons le texte de l'article VI. du Traité: «The Government of Her Britannic Majesty having been obliged to send out an expédition to demand and obtain redress for the violent and unjust proceedings of the chinese High Authorities, the Emperor of China agrées to pay the sum of 12.000.000 dollars.» Hent. p. 7.

264 CH. XIV. DYN. DBS TS'lNO OUERRB DE L*OPIUM.

S II

A l'exemple des notices qui accompagnent les dernières Cartes (n" XIV (districts), XV (montagnes), XVI (cours d'eau), XVII (Nankin sous les dynasties successives, Cartes comparatives); nous formulerons quelques remarques relatives à la Concordêince des noms anciens et des noms nouveaux,

A. — Autant qu'on en peut conjecturer d'après les vieilles annales du pays : 1*/ La ville de la préfecture (non la capitale ou le palais) était sous les Han au sud de la Ts'in hoai, — 2®/ Sous les Lou'-tch'ao, Six dynasties, elle était au nord, auprès de la colline Fou-tcheou c/ian^ à l'ouest de T^ai-p'ing men, — 3'/ Sous les Tch'en, les Soei et les T'ang, au N.O. de la Ts'in hoai, auprès de Ts'in^liang chan. — 4*/ La dynastie insurrectionnelle, ou plutôt le Royaume de Ou, et les dynasties subséquentes jusqu'aux Ming^ occupèrent les territoires au nord et au sud de la TsHn hoai, jusqu'au Tsiu-pao chan, près Fu-Zioa t'ai et le Nan men. — 5*/ Les Ming agrandirent la ville jusqu'aux limites énumérées plus haut. — 6®/ Enfin la dynastie actuelle, sans aucun changement notable, en fit la capitale des provinces du ICtang-nan et du Kiang-si.

B. — ^La capitale des Lou-tch^ao (6 dynasties, cf. Carte n* VI) avait cette étendue : ra-sc-mamen :k^^f^^ ïa porte précédant le palais, était juste en face de la porte Siuen-yang men ^^ f^, à un peu plus d'un kilomètre. A 3 kilom. plus au sud et tout droit, on rencontrait Tchou-tsio men ^ ^ p^, porte, non pas de la ville, mais du faubourg, ou plutôt de la rue impériale, sur la Ts^in hoai, au nord de Tchou-tsio hang :^^^^ qui se trouvait probablement au nord-est du pont actuel de Tchen^-hoai k'iao. La porte de Siuenyang men était au pont de la rue 7chong-fc/ieng kiai r^ J£^, La porte de Ta-se-ma men dut être au nord de cet endroit, tout auprès, à l'ouest de la grande rue qui, vers l'est, arrive au Si-hoa men d'aujourd'hui.

Ping-tch' ang men ZjS ^ f^, la porte nord, au delà du palais, a dû s'ouvrir au sud de la rue actuelle Tch'eng^hien kiai JS^ g ^; le petit ruisseau Tchen-tchou ho ^ J^ \pf coulait dans l'enceinte du palais.

La partie nord du Si-che-pa-wei M + A î& ^**** 1* partie nord de la capitale Pé-tch'eng ; la partie est de la capitale Tong-tch'eng se trouvait là où, sous les Song, était le camp SiAieou yng ^^ §, et aussi le Tribunal de la sous-préfecture Chang-yuen hien.^ La iepart ouest de la ville Si-tch'eng allait jusqu'au nord de l'École militaire, Ou-hio, établie sous les Ming.

C. — Le palais des Nan T'ang s'ouvrait au sud vers le pont actuel Nei'kHao (celui où commence réellement la partie septentrionale de la rue du Nan men); il avait à l'ouest le pont actuel

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