À NANKIN PRÈS DE L'ÉTANG SIAO-SI-HOU
Ph. XXII et p. 37.
Traduction.
Nankin, temple de Tchou-ko Ou-heou (Tchou-ko Liang, marquis, du nom posthume Ou) :
Hymne pour la cérémonie de réception et d'adieu de l'esprit (de Tchou-ko Liang), précédée d'une introduction.
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Mon ancien compagnon d'examen Sié Wei-nong |p ^ JR natif de Ts'iueri'tsmo ^ i^ (Ts'iuen-tsiao hien au Ngan-hoei) fut chargé de l'école publique Tsuen-king chou-yuen ^ i^ ^ ^, à Nankin; il fixa sa demeure à côté de l'étang Ou^long-t^an M il ?§ (étang du dragon noir) dans le Long-p'an-li (groupe d'habitations, du nom de Dragon roulé en spirale). En face de l'étang se trouve une colline très agréable. Interrogés sur le nom de la colline, les vieillards du pays répondirent qu'elle s'appelait «colline de la descente de cheval» : d'après la tradition, le ministre Tchou-ko Liang y était autrefois descendu de cheval, d'où son nom de Tchou-ma-pouo U ,^ :^- Sié Wei-nong dit alors en soupirant: «Ce ministre fut fidèle à son prince, il fut grand; et de plus ses
STELE DE TCHOU-KO LIANG k NANKIN. 285
vestiges restent encore ici; serait-ce donc convenable de ne pas lui sacrifier au printemps et à l'automne? Ce ne serait pas non plus la manière d'enseigner à la jeunesse la fidélité envers le souverain et la piété filiale. Aussi moi, à qui incombe le soin des lettrés du pays, pourrais-je en connaissance de cause ne rien faire de ce côté?»
Il fit donc bâtir un temple. L'arrivée de Tchou-ko Liang à Nankin, objecte-t-on, n'a aucun fondement, tant dans les chroniques du pays que dans celles de sa vie.
Il reçut, il est vrai, de son roi Lieou Pei l'ordre d'aller demander des secours militaires au roi de Ou; mais passa-t-il alors par ici^ c'est ce qui n'est pas écrit et n'est pas sûr. Pourquoi donc lui offrir des sacrifices?
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Je réponds : «A la vérité, les travaux de Tchou-ko Ou-heou se sont accomplis au Se-tch'oan, et c'est là qu'on lui sacrifie; mais ses services rendus au jeune prince en propageant la grande loi du devoir mandarinal dans tout l'empire, jusqu'à risquer sa propre vie, ont maintenu dans l'ordre partout et pour toujours le cœur de l'homme : ce mérite reste-t-il confiné au Se-tch^oan, et dans une seule époque? L'esprit de Tchou-ko Ou-heou se trouve partout; partout donc on peut lui sacrifier. Non, vraiment, il n'est pas nécessaire qu'il soit descendu ici de cheval, pour y avoir droit à un sacrifice.»
Cette manière de voir de Siè Wei^nong est raisonnable. Aussi je compose pour lui l'hymne du Dragon couché 01 H |8Cî
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elle servira d'hymne de rëoeption et d'adieu en l'honneur de l'esprit, et ne sera pas sans utilité pour le sacrifice. La voici :
1. Le dragon couché (Tchou-ko Liang) est immobile : le ciel et la terre en sont comme opprimés ; le vent souffle avec violence ; le soleil et la lune refusent leur lumière. Gomme dans un hiver rigoureux, les hommes portent sur leurs traits l'empreinte de la souffrance.
2. Mais le dragon couché vient-il à s'agiter, le brouillard de se dissiper aussitôt, et une pluie bienfaisante, tombant en abondance, suffit à soulager les misères du peuple. Tous sont contents, comme aux jours d'un printemps délicieux.
3. Voici une coupe de nectar parfumé, et voici quelques fruits (lilt. quelques figues) que nous vous offrons. Pures sont nos victimes, et odoriférantes les fleurs que nous brûlons. Les mains (litt. les manches) levées çn l'air, nous prions en attendant que vous daigniez venir.
4. Lorsqu'enfin le dragon arrive, un nuage empourpré lui tient lieu d'étendard, le vent (FEsprit) lui sert d'avant-garde, et par derrière suit la pluie (l'Esprit). Sa voix retentit terrible et sonore : pour fouet, il prend Téclair et le tonnerre.
5. Si je n'étais pas sûr qu'il habite ici, mon cœur se remplirait de chagrin. Quand le fauve et le vautour se croisaient en chemin, quel fut le héros qui sauva le monde? qui fut le nouveau Yu^ le nouveau Tsi?
6. Nous réclamions la présence de Chen (^ fg) et de Fou [fijf llj 1^) : le ciel les fit descendre de la montagne Song^ pour aider TEmpereur, et purger le pays de la peste des méchants enracinés dans le crime. ^Dragon, lève-toi : c'est le temps; n'enfouis plus dans la boue ton corps et tes talents.
Composé et écrit par Han Ti-yuen de Tan-Vou; gravé la 7* année de Kosing^siu (1881), le 16 de la W lune.
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