STÈLE DE SONG-KIANG EN MONGOL ET EN CHINOIS
Ph. XXXII. et p. 155.
Cette stèle se trouve près de la porte intérieure du temple de Confucius à Song-kiang^fou ^ ^L ]^ (Kiang-sou). Au dessous des quatre caractères Hoang^ti tchao^chou- ^ ^ ^ ^ «décret impérial», on distingue trois inscriptions : l'une, supérieure, en mongol est un décret de l'empereur Yuen Tch*eng-tsong (1295- 1308) (1); celle du milieu est la traduction, et non pas, pensonsnous, l'original, du même décret, en chinois insolite par endroits; la troisième, en bas, est un éloge adressé à l'empereur par Tchang Tche-han ^ ;2l ^ » préfet de Song-kiang, et par Ma Yuntchong ,B| ^ +, maître des lettrés de la même préfecture.
C'est par hasard que nous avons, en juillet 1899, découvert cette stèle poudreuse et presque entièrement délaissée des amateurs de frottis, qui n'en connaissent pas la valeur.
Les Chroniques ont signalé une autre stèle mongole à Xiwyong ^ § (près Nankin), dans le temple de Confucius; mais le Père Fr. Zi, prié de Taller voir, m'assure qu'elle a disparu.
DÉCRET (traduit DU CHINOIS).
Par la faveur du ciel, nous, empereur (^rc/i'ensf-fchongj, nous informons tous les mandarins officiels indigènes ou étrangers.
La doctrine de Confucius s'ofïrant en leçon à tous les siècles mérite d'être respectée et honorée de tous ceux qui gouvernent. En ce qui regarde les propriétés des temples ou des écoles publiques à K'iu-feou jfy J^ (Chantong), à Pékin, ainsi que dans toutes les préfectures ou sous-préfectures de chaque province, qu'on suive l'ordonnance de notre prédécesseur Che-tsou (1260-1295), qui défend à tous les mandarins, et à leurs subalternes lettrés ou militaires de descendre au temple de Confucius, de s'y assembler pour procès, querelles, festins, travaux publics, et d'y déposer les meubles ou autres objets mandarinaux.
Quant aux biens destinés à l'entretien des temples et des écoles, que personne ne se les approprie, et que les produits de ces biens soient employés pour les deux grands sacrifices de printemps et d'automne au premier jour ting, ainsi que pour les sacrifices de chaque nouvelle lune et pleine lune. Que les revenus en soient réservés en outre à l'usage des maîtres d'écoles et des lettrés pauvres révérés de tout le monde; à ceux-ci qu'on donne
(1) Monté sur le trône en 1294, , dès la 4« lune, il n'institua le nien-hao ^ 3E Yue7i-tcheng yQ j^ que Tannée suivante.
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tous les mois le salaire nécessaire pour les soutenir dans leur besoin. Qu'ils soient appliqués aussi à la réparation des temples et à renseignement des jeunes gens. Ces derniers, il faut les instruire sérieusement, leur expliquer la doctrine, leur enseigner des métiers, de sorte qu'ils deviennent savants. S'il s'en montre d'éminents en vertu et en science, que les mandarins locaux les signalent au grand juge; et que celui-ci examine si leur réputation s'accorde avec la réalité, afin de les distinguer et de les promouvoir. En tout cas que le grand juge de chaque province chargé en même temps des lettrés fasse briller l'enseignement, qu'il encourage les choses de l'éducation. Des autres officiers des temples et des écoles, nul ne pourra s'opposer au grand juge. Ainsi tout ce qui regarde les affaires des écoles, on l'exécutera d'après le décret déjà donné. Si ces officiers écoles, s*appuyant sur leurs titres, agissent de façon irrégulière, qu'ils sachent que le gouvernement a ses lois déterminées pour les punir : n'en concevront-ils pas une juste crainte? Que tout soit fait d'après cela!
31e année Tche-yuen, 7e lune (1294).