III. FIN DES HAN, 221 AP. J.-C
Stèle des Han à LUchoei ^^ ^ datée de 181 ap. J.-C. trouvée en 1143 par le vice-sous-préfet Yu Tchong-yuen % ^^ ^ dans le IsiC Kou'tch'eng hou M ^M situé à 60 li au sud de Li-choei.
Cette Stèle est conservée dans le temple de Confucius' de Li'Choei à gauche de la grande porte : c'est la plus ancienne des stèles existant au Kiang-nan, En 1333, le maître des lettrés jjf Sf^ ;f|^, nommé Chan Hi H j@, fît graver une simplification des caractères des Han ^ ^ sur une autre stèle qu'il plaça près du monument original.
Le texte en caractères anciens est un éloge du sous-préfet de LUyang ^Jl ^ nommé P'an K'ien JH ^, au bas de la stèle, on lit les noms des officiers de P'anK'ien, et probablement ce sont eux qui ont élevé ce monument pour publier les vertus de leur souspréfet (Ph. XXI).
Notons ici que la plupart des anciennes stèles ont un trou à leur partie supérieure, soit au-dessous du titre de la stèle, soit au milieu de ce titre, soit à droite, soit à gauche. La remarque est très générale et se vérifie surtout des pierres tombales.
Ce qu'on entend abusivement par l'Empire chinois se trouva partagé à cette époque en trois fragments, que les Chroniques caractérisent par le nom des Trois royaumes, San Kouo, moins illustrés bien sûr par l'histoire que par la légende. On les comparait aux trois pieds {San-fen ting-che H ^tW ll^) d'un Hiang-'loUj trépied ou brûle-parfums (1). Telle notre Gaule mérovingienne distribuée en Neustrie, Bourgogne, Austrasie ou Aquitaine.
Rappelons en efïet qu'à la mort de Tong Tcho ^^, ministre tyrannique (assassiné par Liu Pou) de Hiao-hien ti, dernier empereur de la dynastie (V®) des Han, trois princes ou Grands plus en vue, aspiraient au souverain pouvoir. Voici leurs noms :
a) LieouPei^] ^, dont nous parlons plus bas, et qui devint TchaO'lié ti, premier des Han postérieurs.
b) Ts'ao rs'ao"^ J|,fort puissant, mort avant d'avoir pu asseoir sa domination définitive, et par conséquent, usurpateur. Il comprima la révolte des Bonnets jaunes. Son fils rs'ao P^ei 1^ ^, renversant Hiao-hien ti, mit fin à cette dynastie des Han,
c) Suen K'iuen, illustré par ses luttes contre la rébellion de ces mêmes Bonnets Jaunes.
Sa capitale était h Po^, aujourd'htii au Ho-nan. Pour couleur elle prit le blanc; la dynastie précédente 5» 439 ans (2205-1760) avait choisi le noir ; la suivante, celle des Tcheou ^, 873 ans (1122-249) s'arrêta au rouge.n (Zottoli, Cursus, vol. II, p. 6).
D'autres fondateurs suivirent cet usage dynastique d'adopter une sorte de livrée pour leur maison.
(1) Cf. Var. sinolog. n° 8, Allmions littér. par le P. C. Pétillon, p. 102.
84 GH. 1. AtAlxT L8§ TROIS ROTAÙMBl.
ljesHanpOêtMêur8(Heou //anJ8*ftppellent aussi ChouHAn%{l). Ils gouvernaient le premier de ces Trois royaumes. Comme les événements de cette phase prennent une Importance majeure pour Nankin, qui inaugure vraiment son rôle de capitale en devenant alors le siège du Royaume de Ou (le 2*), nous exposerons sommai* rement Thistolre de cette période célèbre (2). Elle est loin d'être oubliée à jamais. Des gens de la région nankinoise, de simples paysans, se réclament encore parfois de cette époque, se rengorgeant pour dire, non sans fierté : «Nous autres, nous sommes descendants du Royaume de Ou!»
fSi Ilan (Y» dyn. — 206 + 25) ; cour à Tch'ang-ngan. Tovg Han (V« dyn. 25-221); cour à Lo-yang.
. Chou Han (VI« dyn. 221-265) ; cour à Lo-yang de nouveau. «Ce nom de Chou Hatij dit G rosier, leur vient des provinces Pa et CJiou^ les seules que ces princes possédèrent.» Moins puissants alors que les Wei (du 2* Royaume) et que les Ou (3* Royaume) réputés usui-pateurs, ces Han passent aux yeux des Chinois pour souverains légitimes, et constituent pour eux la VII» dynastie. Jadis la province de Pa s'appelait Y-tcheoUy avec Tchen-tou comme capitale, au Se-ich^oan. Celle de Chou s'appelait Liang-tcheou^ capitale Hang-tchong fou, au Chen-ai. Le î*. Zottoli ne fait qu'une dynastie, la V«, des Si et Tong Han. Nous adoptons sa chronologie.
(2) EUe est surtout popularisée par le joli roman historique, le San-lcouo tche si justement en vogue parmi d'innombrables lecteurs chinois. Ce roman, assimilable à certalneë Ûctîons de Walter Scott, et publié au XIII» S. par Lo Koan-îchong, met en scène des héros tels que le nohle. Lieou Pei, Koan Yu le lettré-soldat devenu dieu de la Guerre, Tchang Fei l'hercule buveur, Tohou-kouo Liang aui éblouissantes prouesses, aux flti^tagômes si admirés. Le Cursus litteratUrœ sinicœ (vol. I) du P. Zottoli renferme quelques extraits de l'ouvrage. U existe un excellent commentaire de ce roman^ dû â Tchen Cheng-i^arii critique de l'époque des J^ing. Une des plus tolérables gamineries qu'on lui attribue est celle-ci : il enleva Un jour d'un Temple de Confucius l'image du Philosophe et lui substitua celle du dieu des richesses, assurant qu'en fait tel était le dieu révéré par les lettrés. Il paya de sa vie ce forfait.^C/. N. C. Daily NewSj 21 avril 94. Lecture du R^ Hawks Pott tl la Soc. asiatiq.
A Rome, Alexandre Sévère succède à Héliogabale.