Ou Tcheng-heou (Suen Hao) règne 17 ans. Se soumet
au fondateur des Tsin. partagés en Tsin j Strux"%ni"dyna" tfe'.
visitant la pagode THen-hi se ^ tS ^ (depuis Pao-ngen se fffi i@» ^ ruinée) située au sud de la ville de Nankin, trouva par hasard ces trois morceaux de pierre à moitié enfouis sous terre. Heureux d'avoir découvert un trésor, il fit transporter la stèle dans le jardin de son tribunal (actuellement tribunal du préfet de Kiang-ning) et la plaça dans le kiosque nommé Cheou-ae tHng fS SS* ^•
En 1322 elle fut transportée dans le temple de Confucius ( Jl JlL jl|^ sp) par Yang I f^ Jib- Vers 1543 on la déplaça de nouveau pour la loger dans une bibliothèque à côté du temple de Confucius j^ fj ^. À l'été de 1805 un incendie la fit disparaître ; mais en 1816 on fit au même lieu un fac-similé d'après un ancien estampage. La copie que nous donnons date-t-elle d'avant ou d'après l'incendie ? Nous n'osons le décider : nous savons seulement que depuis l'invasion des Tch^ang-niaoy môme cette seconde stèle n'est plus trouvable. On remarquera les anciens caractères écrits par Hoang Siang ^ ^ dont la calligraphie est digne d'ôtre connue et conservée.
D'après le "Tong-li tsV de ''Yaiig Che-kH des Mmg >^ i "^ iK M 46» en 275 on avertit l'empereur Suen Hao des Ou ^ jt T^ Bo qu'on avait trouvé, en fouillant la terre, un morceau d'argent portant d'anciens caractères, etc.. L'empereur ordonna immédiatement d'appeler l'année suivante (276) l'année du Sceau céleste ^ S« C'est à cette occasion qu'on éleva notre stèle à Yen chan jjg lU (25 li au sud de Nankin) en mémoire du sceau argenté. Cinq ans après (en 280, 3« lune) Suen Hao fut amené captif à Ho-nanfou par Wang Siun ï ^^ général de Tsin Ou ti (265-290).
On appeUe cette stèle i^^SiffiÇ^ï^ou^^^jp^^î^.
Voir aux pièces justificatives la traduction et l'explication du texte.
YI Ts'in hoai hors de Choei-si men.
VII Yang-tse. Camp de Kiang-tong men.
^.' . ffl'ff
VIII Camp devant le tribunal du Vice-roi.
X Pé-ki-ko. Observatoire.
5 I- ^OAN YU ou KOAN OU-TI. 41
Plus haut, nous avons nommé incidemment Tchang Fei Çg ^ et Koan Yu ^ Jf^ qu'eut à combattre le fondateur des Ou ^ avant de se frayer un chemin vers le trône. Il n'est point hors de propos de leur réserver quelques lignes dans une histoire des temps héroïques de Nankin.
Koan Yun-tch'ang M9^ (Koan Vu ^ ^, Koan Fou-tse ^ ^ ^, Koan Ou-ti S||8i ^ , Koan kong |g ^) (1), originaire du C/iansij se lia en 184 d'un pacte fraternel et guerrier avec deux autres patriotes, LieouPei glj ^ et Tchang Fei 5^ 5^, d'humble condition tous deux et devenus ses compagnons d'armes contre l'usurpateur Ts'ao Ts'ao "^ ||. Lieou Pei ^i] fl| monta sur le trône des Han postérieurs, et lui, Koan Fu, pris enfin par un général des Ou de Nankin, fut décapité (2). Type légendaire d'astuce, de bravoure (3)
(1) Mk' Favier, Péking, p. 26. "Statue de Kouan-iju^ dieu de la Guerre;" porcelaine, coUect. Grandidier.
(2) A 42 ans, sous Hieii tij par ordre de Suen Kien ^ S, le futur empereur Ta ti. Cf. de Mailla IV, 77.
(3) Bu Halde, "Description de la Chine", III p. 80: «Il reste encore des traces de la Religion de la Croix: et c'est une tradition ancienne que cette figure a la vertu d'empêcher les maléfices. Le fameux Koan Yim-tch^ang^ qui vivait au com.mencement du second siècle, connaissait certainement Jésus-Christ, comme en font foi les monumicnts écrits de sa main et gravés ensuite sur des pierres. On en a tiré des copies qui sont répandues de tous cotés, mais qu'il est impossible d'expliquer si l'on n'est pas chrétien, parce que Koan Yun-tch^ang y parle de la naisance du Sauveur dans une grotte.... de sa mort, de sa Résurrection, de son Ascension.»
Malgré de longues et minutieuses recherches dans toutes les publications relatives à Koan YUj il nous a été impossible de trouver trace de ces vestiges chrétiens. Nous donnons à la première page de ce volume (Ph. I) le "Sceau de Koa7i Yu'" trouvé en 1490 à Yang-tcheou, en creusant un canal. On lit sur ce sceau 6 caractères : Han Cheou-tHng heou tche yn g| "^ '^ ^ Z^ (sceau du Marquis Cheou-tHng du royaume de Han).
De fait nous lisons dans les Chroniques de Chou ^ Jjy que Koan Yu après avoir battu et tué Yen Liang gH <R> ^^* investi par Ts^ao Ts^ao ^ ■j^ au titre de Marquis de Cheou-tHng ^ & ^ Wi ^ ^ '^ ^- Ce sceau a été conservé dans une pagode de Koa7i Yu près Si hou W W (Hang-tcheou). L'empereur KHen-long l'a vu en 1751, et le monarque ordonna qu'on le gardât dans la même pagode. Voir ^ jS ^ "W 12® kiuen p. 3. Nous citons ici les paroles de l'Empereur :Wn|flSS^%]|l9
Jl ï W ^ iR ^- L'estampage que nous donnons est un fac-similé du dit sceau conservé à Si hou, avec inscription de Ou Kong-tch'en -^ ^ ^ que nous avons résumée ci-déssus. Il est entouré de dragons etc. probablement par faveur impériale. En bas, image de Koan Yu (une des meilleures que nous trouvons dans nos archives).
Bambous peints pab Koan Yu (Ph. XXIV). La stèle se trouve à Song-hiang fô ÎX /n dans la pagode de Koan ti sur le mur du coin S. E. à l'intérieur de la grande porte. C'est Wangl-jen 3E §ë C <l^i fi* graver cette stèle en 1728, d'après un estampage pris à Pékin dans la pagode de Koanfou-tse, près de la porte Tcheng-yang men. Wang I-jen 3E 36 tl *^ moment où il faisait graver ces bambous portait encore les titres de grand
4£ CH. II. LBS TROI« ilOTAUMB0 BT US TSIN.
et de fidélité, réalisation conorèto de Tidéal chinois de vertu guerrière, Tchong-hoei hong j^ jK &i '*le loyal Duc" canonisé par Hoei t6ong A ^ (1101-1126) des Song^ exalté par différents empereurs, fut finalement divinisé (1594), apothéose, dit de Mailla, par Chen tsong jj/tf ^ des Ming, comme dieu de la Guérite, On honore ce Mars chinois (1) à l'instar de Confuciuêj qui toutefois n*a pas enoore obtenu oes gloires sacrilègement divines de Tapothéose. Sa pagode, le Koan^ti miào H $ J||, porte le nom ofiiciel de Ou^cheng w"aogÇj6ji|, 'Hemple du sage guerrier.'* ^'Wen-^cheng ^i^o ^ ft Jift," temple du sage lettré, est l'expression réservée à celle de Confucius, ^*le premier Maître", le maître par excellence. Le vocable collectif Wen-Ou miao indique les deux.
L'expression similaire Wen Ou euMi, '*les deux empereurs Wen et Ou/* associe Wen^tch^ang ^ ^ (2), le **dieu des lettres." et Ou'ti, notre **dieu des armes." Ce dernier est aussi le Patron ou l'Esprit tutélaire de la dynastie régnante.
Quoi qu'il en soit de la transformation de son culte, Koan ti pourrait ambitionner une place parmi les célébrités de notre région nankinoise. A Nankin môme, sa pagode principale ne le cède en grandeur et importance qu'au temple régional de Confucius au Tch'aO'Vien kong, dont elle reproduit les dispositions générales. Le temple de Koan ti, auprès de Ki-ming se || ï{% ^, a été somptueusement réédifié, du reste, ces dernières années, sur remplacement même du grand temple de Confucius incendié par les T'ai-p'ing, Koan Yu, dont on voit l'image et l'autel dans tous les postes, camps et tribunaux militaires, a ses sacrifices solennels au printemps (3) et à l'automne; on l'honore aussi le 1 et le 15 de chaque mois ; tout général soucieux d'avancement se prosterne soir et matin devant sa tablette.
Une autre pagode plus modeste est dédiée à Koan Yu au nord du Siao-yng >j^ ^, ou Champ de Mars, réservé aux manœuvres et examens militaires. Ce héros rappellerait confusément Vercingé-
examinateûr avL^Koei-icheou etc. etc. lÉWjt?H^ÎSCî2fe*t& -jfeSS (6« grade secondaire iSt >ft îSp ). Les Chroniques de Song-kiang fe jtL JRp ^ ne mentionnent ni la date de sa naissance ni celle de sa mort, mais elles indiquent seulement qu'il fut reçu académicien en 1719.
Les lettrés da Song-kiang nous signalent une curiosité remarquable de ces bambous : d'après eux, il y aurait des caractères formés par les feuilles de bambou, par ex, ^j ^ j fP etc..
(1) King-paOf 20 mai 1897. The court of sacriôcialj worship announces that the 13th of the 5th moon (12 juin) will be the anniversary of the birth of Koan ti^ the God of waTf spécial sacrifices. N. C. D. N. 3 juil. 1897.
(2) Chinese Beeorder 1889. p. 411. K<* Lyon : "Life and writiugs of tha God of Literature."
(3) Notamment le 15 de la 2« lune. (17 mars en 1897). La fôte de Wen-ich^ang se célèbre le 3 de la môme lune.
I I. FIN DU ROVAUlfB DK OU, 265, 43
torix, Roland, Roncevaux et les Aliscamps, Duguesclin et Jeanne d'Arc, si quelque idéal chevaleresque avait jamais hanté '4'âme chinoise" (1).
(Ph. xxv). Cloche du Temple de Koan Yu. La salle latérale de Test, de la pagode que l'on trouve à mi-côte de TsHng'-liang chan, en montant par le chemin pavé, est également consacrée à Koan ti. On l'honore aussi en d'autres parties de la ville. Certaines corporations de Vi-t'eou ^]^on barbiers et perruquiers indigènes, l'ont élu pour patron ; choix singulier, car cette classe de gens est exclue des examens civils et militaires, à cause de **rignominie'* de leur profession.
Nos monarques nankinois du royaume de Ou furent détrônés (280) par Che tmu, fondateur (265) de la dynastie officielle des Tsin; sous le nom de Ou ti, il reconstitua l'unité chinoise, unité factice alors, dont les historiens indigènes s'appliquèrent à dissimuler plus tard les infortunes. Dans ce but, ils produisirent deux souve* rains légitimes, de 221-265, comme se rattachant à la lignée des Han : ainsi Tite-Live arrangea certaines pages moins glorieuses des annales romaines, devenues sous sa plume aussi fantaisistes que telles fictions patriotiques de l'Enéide !
A propos de ce Che tsou Ou ti, le supplément du Dictionnaire de Perny (p. 55) s'exprime ainsi :
— 265-290, V^ empereur de la branche des Tsm occidentaux, Si Tsin, 8® dynastie : «Sô-ma Tchao avait subjugué le royaume de . Chou, Bon flls, Se-ma Yen s'empara du pouvoir dans le royaume de Wei et imposa à sa dynastie le nom de Tsin ^. Il octroya à son aïeul le titre de Siuen Hoang-ti; à son père celui de Wen Hoang-ti. Il parvint à s'emparer par une ruse habile, de la ville de Nankin et se trouva maître de toute la Chine.» La cour restait toutefois à Lo^yang, -— L'auteur cité dit encore (p. 55) : Branche des Tsin orientaux, Tong Tsin — Yuen ti, 5® de la 9° dynastie (neveu du fondateur) 317-322. «Les anciennes capitales Tch'angngan et Lo-yang étant occupées par les insurgés, il transféra sa cour à Nankin.» Telle est la raison originelle de cette dénomination de Tong Tsin, ou Tsin orientaux.
(l) Cf. de Groot, T. I, p. 105; '-Les fêtes annuelles à Emout (Amoy).** — Mesny^s Chinese Miscellaiiy, vol. I, p. 119,120, 299.— Les Missions Catholiques, XIV. 1882, p. liZ.r-* Bévue de l'hist. des Religion8,T.XHI, n** 2, 1886; article de M. Imbault-Huart. La Gazette de Pékin du 22 janvier dernier (1897) contient les édits impériaux fixant les dates des sacrifices à Confucius et aux deux dieux mentionnés. À Nankin le vice-roi a rendu des décrets analogues pour les temples de sa bonne ville.
44 CH. II. LBS TROIS BOTA01(BS ET LBS TSIN.
Carte ^yii — Résumé de la glose accompagnant la carte de Nankin lors de la période historique de la division en Trois Royaumes, San houo.
Alors fut bâtie la capitale du Royaume de Ou, sur une partie du Nankin actuel, nommé Kien-yé J^ H en ce temps-là (1).
A. La première année de Hoang^long Jjf f| (229 ap. J.-C.) sous Ou Ta H, l*' empereur, Suen K'iuen assit enfin sa capitale dans la partie sise au nord de la TsHn hoai (ou HoaUchoei), à 5 H de ce canal. La ville royale, de 20 H 19 pou (12 kil.) de circuit, s'élevait au milieu d'une plaine défendue au sud par la Ts'in hoai, au nord par le lac Yuen-ou hou 7C j$ JM* ^ ^'^^^ P^^ ""^ chaîne de collines dominant tout le pays (Tse^kin chan?) et à Touest par la **colline de pierre," Che-t'eou,
B. La 10" année Tch'é-ou ^ ^|^ (247 ap. J.-C, sous Ta H) on bâtit le palais impérial T'aUtch'ou kong ic% ^- ^^ avait 500 tchang (1 tchang = 3"* 50) de tour et 8 portes (2).
Au nord du palais (par derrière, disent les Chinois), se trouvait Yuen tch'eng >fg ;J(^, nommé T'ai tch'eng sous les Tsin, Il faut actuellement en chercher la place à Si-che-pa vvei W + A ^^ au du nord pont Vuen-tsin 7C?$ et de la grande place ou rue Ta-kiai.
C. La 4® année Tch'é-ou -^ ]^ (241 ap. J.-C.) toujours sous Ta ti, à l'est de la ville fut creusé le canal Ts'ing-k'i (^'ruisseau limpide") qui naît au nord de Nankin, et communique avec le lac Yuen^ou, auquel il sert de déversoir. Enfin après 9 détours vers le sud et l'ouest, il se réunit à la Ts'in /ioai(3). On creusa encore un autre canal nommé Yun-tou ^^ ; il commence à Ts'ang tch'eng ^i^, se joint au Ts'ing-k'i au pontiVei-/i'iao;fjg p^, d'où, coulant vers
(1) L'examen de la carte peut seul faire comprendre certaines indications hydrographiques de la glose, trop arides et trop vagues par elles-mêmes. Nous en insérons le sommaire pour guider le lecteur qui voudrait tenter un essai d'identification entre l'état actuel des lieux et l'ancien état de choses.
(2) Ces portes étaient 5 : Au sud, Yeou-i ^ |^, Mingyang ^ ffi, Eong-tch'ê ^ J^,Cheng-hien^ K, Tsouo-i È, i^^j^^ à l'est : TaHng-lovg W lli — 1 «^^ l'ouest: Pé-hou H jSli — 1 ftïi nord : Yueii-oit yC JPC- Les murailles extérieures n'avaient que la porte Siuen-yang ^ |^ ; et si l'on s'avançait à T-. U plus au sud (3 kil.) on en trouvait une autre appelé Ta-hang y^ ^l. Et comme jadis on entourait les villes de palissades de bambou, cette porte Ta-hang s'appelait encore Kou-li men pf sS P j "vieille haie de bambous."
(3) Sur la carte on a omis d'indiquer la communication de la TaHng-kH avec le Yuen-ou. Ce dernier lac, sur la carte suivante, opère au contraire sa jonction avec celui du Ten-tsio ^ "pl, par le moyen de la TsHng-hH ^ gj dont l'extrémité nord est au T^ai-ping me^i actuel.
s H. CARTE x^j, - DES TROIS ROYAUMES. 45
le sud, depuis le pont KHen-^tao ^Jâ jusqu'au pont Teou-men 5|* P^ , il se jette dans la TsHn hoai, que Ton endigua alors sur ses deux rives. Cet ouvrage fut appelé Tche-t'ang #ig (1).
Le Yang-tse kiang, dont l'immense estuaire s'allongeait beaucoup moins à l'est, limitait habituellement et ce royaume de Ou au nord. La Hoai, laquelle n'est plus qu'un canal en disette d'eau presque chaque hiver (2), était une importante rivière, amenant à Nankin les jonques de Ning-kouo fou et de T'ai-p'ing fou. Au nord-est, un vaste lac marécageux, couvrant encore plusieurs hectares, même en morte-eau, bordait et protégait la changeante capitale, dont les annexes et défenses s'épandaient sur les buttes de Ts'ing-liang chan, Ou^Vai chan, Yé chan, du Kou-leou et des collines qui encadrent la porte moderne de T^ai-pHng men.
Ce qu'il importe de nettement saisir, pour se rendre compte de ces accroissements successifs de Nankin, c'est, d'une part, le régime des eaux au confluent du Yang-tse et de la Ts'in hoai; d'autre part, la relation étroite et connexe entre le relief du sol, les conditions hydrographiques, et les exigences ou convenances des premières installations. Là aussi, les notions géographiques, spécialement celles de l'hypsométrie et de l'hydrographie, contrôlent, expliquent et complètent les données hypothétiques de l'histoire locale.
A vrai dire, elle demeure encore bien nuageuse, malgré les assertions des chroniqueurs et des romanciers sur cette phase semi-légendaire, et bien qu'on soit parvenu à l'asseoir sur des bases acceptables, dans ses lignes générales.
Dès ces temps reculés, au début même du III® siècle de notre ère, l'un des rôles militaires les plus importants est dévolu à Che-
(1) La Carte ^^^^ " Cours d'eau " indique ce Yun-tou ho d'une façon plus exacte. Il porte trois ponts et garde une direction nord-sud, c. à d. parallèle à la grande rue du Nan meriy qu'il laisse un peu à l'est, à distance égale du Choei-si men situé à l'ouest.
Sur la carte ^^j le Yangtae ébauche quelques atterrissements, Fé-lou tcheou
H i^ ■Wl, à la hauteur et au couchant de cette dernière porte ; ils forment le noyau de la future région de Kiang-tong men. La carte montre aussi le lac Yen-taio et son déversoir.
(2) Le niveau de la TaHn lioni varierait presque de G mètres, de l'été à l'hiver, en quelques endroits. Cf. Missions Catholiques, 1888, p. 436; ^^1 es bouches du Kiang, Fleuve Bleu" par le P. A. Colombel. "La marée, dit-il, fait encore monter le niveau d'un pied sous les murs de Nankin." D'après l'article cité, la TsHn hoai fut alors endiguée, régularisée et munie d'écluses (probablement de barrages de retenue avec plans inclinés) au début du II® siècle de notre ère. Comme les terres alluvionales de toute la Chine, le sol de Nankin a toujours souffert de son système fort insuffisant de drainage, malgré d'incessants efforts, tentés à diverses époques pour régulariser l'écoulement des eaux pluviales et le débit de ses rivières. L'existence de ces anciens travaux d'art hydraulique, en contraste avec leur délabrement actuel, fournit une des preuves les plus irrécusables de la décadence contemporaine. Même en pleine ville, spécialement au nord du Kou-leou, on rencontre plusieurs grands ponts sans eau, et des tronçons de ruisseaux fangeux, qui accusent la déplorable incurie de l'administration mandarinale et l'appauvrissement corrélatif du pays.
46 en, ». tu TROIS ROTAUMBB IT LB8 T8IN.
t'éou tch'eng *^la ville de pierre/' sorte de forteresse de 9 kil. de tour, oampée sur les buttes escarpées de Touest, comprises aujourd'hui et depuis cinq siècles dans Nankin. Elle dominait Tancien confluent du Yang^tse et de la Ts'in /loai. C'est dans cette antique acropole, assise sur un haut massif de béton naturel, de pouddingues à gangue de grès rougeâtre. aux conglomérats à puissants rognons, que les potentats du vieux Nankin se réfugiaient en cas d'alerte. Aussi subit<>elle plus d'une attaque. Naguère encore, les autorités militaires y voyaient volontiers une position stratégique, imprenable pour l'amiral Courbet ou les flottes japonaises ! Sur un plan inséré dans les Chroniques J||| H^ 2t ft jj| ÎË (^iwen 1, p. 8) et relatif aux époques à peine historiques, Che^t^eou tch'eng, le Ts'inQ'liang chan actuel, ne mesure que 4 kil. 1/2 de tour; le Yang^ tse roule ses eaux auprès du /fan-si men d'aujourd'hui, pour y accueillir celles de la Ts'in hoai, h peu près à la hauteur de la '•porte d'eau" C/ioei-/i'oan ;;fC||| ménagée sous la muraille. Au reste, n'était le réseau de digues qui coupent la plaine basse de Kiang^ tong men^ le grand fleuve y charrierait directement chaque été ses flots limoneux.
Nous avons dit plus haut qu'un autre bourg fortifié, celui de T'ai tch'eng, une espèce d'oppidum^ s'étageait sur les ,flancs du Pé'ki ho, qui, à ce titre, peut briguer aussi l'honneur d'avoir porté partiellement le berceau de Nankin.
Ces princes, rois, ou empereurs de Ou, au début du III* siècle, modifient souvent leur capitale, Kien^yé, défendue par des ouvrages en terre et en bambous, fortifiant les hauteurs, éparses actuellement entre la butte du Kou^leou^ celles de r'aî-p*ing men et le groupe de Ou-t'ai c/ian, dans la partie centrale de la ville. Plus impérieusement qu'aujourd'hui encore, le relief du terrain commandait le choix de cette installation, au milieu d'une plaine périodiquement inondée; plusieurs des tranchées, ruisseaux ou canaux, qui la sillonnent, assèchent à peine en hiver; au début de l'automne, les eaux du Yang^tse viennent parfois, sous mes yeux, les engorger et les faire déborder, particulièrement dans les régions nord-est de la ville, si aisément transformées chaque été en rizières.
Tout réduit qu'il fût en étendue. Nankin, surtout à cause de sa position stratégique et commerciale, formait la métropole incontestée de la Chine méridionale, loin de comprendre son extension actuelle.
«Tandis que (sous Hien H ^ ç^, en 204 ap. J.-C.) Ts'aoTs'ao W H était occupé (par ses opérations militaires), Suen Tch'é ^ ^ se rendait formidable au midi du Kiang. Après s'être emparé des pays de Ou ^. (Sou-tcheou ^ ji\ du Kiang-nan iL^), et de Koei'ki ^ ^ (ChaO'hing fou ^ ^ }^ du Tché-hiang jjfr fiC), il étendit ses. conquêtes le long du Kiang du côté de Touest, et se fit un des plus puissants états de l'Empire.» (de Mailla, T.iy.p.40).
s II. DEÛXÏÉMÈ SIÊClLË, AMflAêftADÉè ROMAÏKES. 47
On rapporte principalement à T'a « ;^ ^, premier des Ou M (222-252) le mérite d'avoir exécuté des travaux considérables pour assainir, fortifier, agrandir et embellir le siège de son empire. La tradition place son tombeau presque au centre de la sépulture de Hong-ou gfc fÇ (fondateur des Ming ^, en 1368), au Hoang ling ^ ^, à un kilomètre est de Tch'ao-yang men SH |B Pqil fallut même, semble-t-il, modifier l'ordonnancé traditionnelle des sépultures impériales pour respecter cette tombe, vieille alors de onze siècles.
«En 246 (1) on creusa un canal depuis Kiu-yong '^ «g jusqu'à Yun^yang ^ ^ (2) afin que la flotte militaire . pût communiquer avec le reste du pays, sans être obligée de passer par rc^én-Aiana et le Yang-tse.j) (Var. Sin. 10. — Lé royaume de Ou p. 164). — Ce fait dénote l'importance des ressources financières et Tactivité guerrière du gouvernement nankinois dès cette époque.
C'est à Nankin, auprès de Suen KHuen qu'arrive, en 222 le romain Tsin-luen, envoyé par Alexandre Sévère, ou Héliogabale Cet étranger avait voyagé par mer comme devait le faire aussi •rambassade députée, vers 285, par Dioclétien ou son prédécesseur D'après T. de Lacouperie (Western origin... p. 244), l'an 166 de notre ère ''Ngan^tun (Marcus Aurelius Antoninus)"' envoya une mission en Chine (3). Ce serait la première arrivée de Romains proprement dits en ce pays. L'an 226, «un înarchand romain qui avait été à la Cour des Ou, à Nankin, reçut un présent de pygmées négrilles, qu'il devait emmener avec lui en sa patrie. Mais ce projet échoua. D'autres marchands romains parvinrent à Canton en 284...» Le même auteur affirme plus explicitement ailleurs (p. 389), que ces sujets de A^ô'a^i-mn arrivèrent à Kettigara qu'on identifie avec Ke-cho (Ha-noi) et à Canton. Cette Kettigara' fondée 179-150 avant J.-C. fut conquise par les Chinois Tan 110 de notre ère.
^ Souâ Ho ti ft ^ (89 à 106), plusieurs délégués des Romains
/ffA^^^"^ ^^^ *^^^®* ^^^^ ^^^^^ rappelé jadis (Croix et Sv^astika p. 101), que vers l'année 207, une nombreuse colonie bouddhiste s était fixée à Nankin et à Sou-tcheou, avec un grand nombre d'excellents traducteurs, prêtés par la t>erse et par la Bactriane Des ouvrages chinois prétendent même qu'un Bouddha, nommé ^^-^^^ ffiit> serait venu lutter, sans succès, contre celui de la montagne Tchong chan, auprès de Nankin. Pûlou se & m ^ est actuellement la pagode la plus considérable de la ville Le précédent vice-roi Tseng Kouo^tsHuen # i ^g la fît rebâtir non loin du coin N.O. de la ville impériale, à quelques pas de son Ya^men
(1) Ou mieux 245. Cf. Manuel du sinologue sous presse.
(2) C'est Itt ville de Tan-yang fl" || actuelle.
(3) Cf. China and Boman Orient by P. Hirth Ph. D. p. 175.