‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 25 sur 167 · h. II. LBS TROIS ROYAUMES ET LES T8IN · texte numérisé non relu

h. II. LBS TROIS ROYAUMES ET LES T8IN

A Nankin encore affluaient des caravanes de bonzes voyageurs, partis des bords du Gange, du Pendjab, du royaume bactrien. Ces faits laissent entrevoir l'importance de la civilisation en voie de s*épanouir alors dans la rëgion nankinoise.

Le R^ W. Milnc (Vie réelle en Chine, traduction Tasset, p. 451) rapporte un long récit, qu'il dit tenir de Chinois et concernant la première tour de pagode Initie à Nankin. La 10' année de Ou Ta ti, vers 235, un bonze bouddhiste, nommé Keng Seng-hoei j$ fi* '^i serait venu de l'étranger en cette ville. Ce thaumaturge aurait présenté à l'empereur une relique de Bouddha, un Ché-li ^ TplJ, un fragment d'os, d'un éclat éblouissant et que rien au monde ne pouvait entamer. L'empereur, qui essaya en vain de faire écraser cet os à coups de marteau, fut si émerveillé du prodige, qu'il fit élever une tour de pagode pour recevoir la relique : ce fut la tour de Nankin. A Tentrée on écrivit les deux caractères première tour; «Ce qui, remarque l'auteur, pouvait s'entendre aussi bien du rang que de l'ancienneté.»

En 257, relatent les chroniques locales, pour asseoir le palais "des princes feudataires," on applanit le sommet d'une colline. S'agit-il de la butte du Kou-leou, de celle de Yè chan, ou mieux encore du plateau qui couronne Ou-rai chan^ au centre de Nankin, au nord de la Mission Catholique? Le grès pulvérulent à tons pourpre qui y perce le sol çà et là, nous engagerait à désigner ce plateau sous le nom de tertre rouge. C'est du reste le nom géographique donné à un haut pic, peut-être volcanique, qui surgit isolé au milieu de la plaine, à Test de Nankin. Sur ses flancs escarpés, de larges taches sanglantes, brillant parfois au soleil parmi les gazons verts qui le revêtent, proclament au loin la justesse de l'appellation populaire Tse chan, "la montagne rouge" (1).

Parmi ces préoccupations belliqueuses et politiques, les arts de la paix n'étaient point oubliés. En 258, une ordonnance de Suen Hieou ^ ^ (King ti ^ *jjj) avait réorganisé un système de préposés {pouo-'Che ||} -jf) aux écoles et collèges du gouvernement (cf. Biot, Essai sur Vinstruction publique en Chine, p. 214). Arrivant au pouvoir, la jeune dynastie des Tsin § eut à cœur, pour consolider l'unité nationale, de rendre leur vitalité aux institutions des Han ^, relatives à l'enseignement classique et littéraire. Edouard Biot (loc, cit.) fournit des détails très circonstanciés sur la part des Tsin à cette renaissance, à cette tentative de rajeunissement, rénovation d'un passé si glorieux. D'après lui (p. 217), «l'histoire de la dynastie des Song (420-479) rapporte qu'en 284 on construisit dans la Capitale (Kien^k^ang ^^), outre le Pi Yong JB;j5|J,une salle Ming-t'ang ^ ^ et un observatoire Ling-t'aiH ^.ï>

(1) Une pagode surmonte Tse cJian. On redit aux environs que les T^ai-pHng (1854-1864) ne purent jamais parvenir au sommet. Des paysans, dépoui-vus d'armes, mais approvisionnés de gros cailloux prêts à dévaler sur les pentes, le défendirent d'en haut victorieusement.

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