‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 53 sur 167 · LIANG YUEN TI · texte numérisé non relu

LIANG YUEN TI

L'un des premiers actes, aux dires des Chroniques, de l'Empereur Liang Ynen-ti ^yt^ (552-555), le 17« fils de Liang Ou ti, fut d'ordonner au G^'^ Wang Seng-pien î fi" ^ d'aller porter la guerre à Siang-tcheou ^ >H'| (Tch'ang-cha du Hou-nan), Tch'en Pa-sien ^ ^, Ko-lao d'Empire, fut en même temps (553) nommé Gouverneur de Kien^k'ang (Nankin). Plus tard il fondera la dynastie des Tch'en, On n'a pas oublié que le jeune empereur avait été intronisé à Kiang-ling ^ |^ (King-tcheou-fou, au Hou-pè).

Cette ville fut bientôt (10® lune, 554) assiégée par les troupes du royaume de Wei, l'ennemi héréditaire. Bien que Wang Sengpien fut accouru au secours de cette place, elle succomba et

108 CH. V. DYNASTIE (x*) DES LIANG, 502-557.

l'empereur périt dans le désastre (1). Tch'en Pa-sien ^ ^ ^, de concert avec Wang Seng-pien ^ fg' ^, fît venir Siao Fangtche "^ "fi ^^ Prince Tsin-ngan wang -^ ^ ï ( 9® fils de Liang Kien-\^'en ti). que l'on porta provisoirement au souverain pouvoir.

Ce prince, désormais Liang King ti (555-557), monta donc sur le trône au commencement de 555. Mais une compétition inattendue ne tarda pas à se produire. Le royaume des TsH du nord, revendiqua l'autorité impériale au profit de son frère Siao Ynen-ming MWi^^' marquis Tcheng-yang heou ^^^, Après mûre délibération, Wang Seng-pien admettant le bien-fondé de cette réclamation, accueillit le compétiteur à Kiang-ning fou. Ce dernier prit possession du trône et déclara l'ex-empereur Siao Fang-tche, son héritier présomptif, grâce à une fiction légale.

Or, à la 9® lune, l'ambitieux Tch'en Pa-sien se défit traîtreusement de son collègue le G^^ Wang Seng-pien, k Che-t'eou tch^eng^ et Siao Yuen-ming restitua à Siao Fang-tche son propre trône (2).

Lors de ce chassé-croisé, Tch' en P a-sien s'absenta pour conduire une expédition militaire vers Tchen^tcheou jftj^^ [I-tcheng hien^l^"^ sous-préf. de Yang-tcheou), Siu Se-hoei ^ S^^y voyant la capitale dégarnie de troupes, s'empara de Che^t'eou tch'eng, qui restait, on le voit, une place de premier ordre. A cette nouvelle, Tch'en Pa-sien revint à marches forcées sur Nankin. Le royaume de Ts'i (Pé'Ts'i, 550-578) intervenant à propos, envoya Lieou Ta-mo et ses soldats appuyer les desseins de Siu Se-hoei; mais, bien que les troupes des TsH eussent fait leur entrée dans Che-t'eou, Siu Se-hoei, défait à Yé tch'eng ]^ ^ par Tch^en Pasién, recula jusqu'à Ts'ai'Che ^^. presque sous les murs de T'ai-p'ing fou •;Jj2p/jJ, pour y faire sa jonction avec l'armée de secours, envoyée par le royaume de TsH, Les derniers jours de l'année, Tch'en Pa-sien infligea une irrémédiable défaite aux bandes de Lieou Ta-mo ^ ^ jP ®t reprit Che-Veou tch'eng, le pivot de toute opération militaire dans la région de Nankin. La paix conclue, les troupes de Ts'i regagnèrent leur pays.

(1) Comme son père Liang Ou ti, ce monarque juxtaposait dans un même culte caractéristique chinois, Bouddha, Lno-tse, Confucius, avec tous les dit minores que ces mythologies évhémériquos peuvont si aisément tolérer. A la même époque, le souverain du royaume des TcUcou faisait brûler bonzes et pagodes de la Chine septentrionale (du Halde I. 387). Avant de se rendre A ses assaillants, il aurait brisé une épée très précieuse et, par dépit ou désespoir, il aurait incendié une bibliothèque de 140.000 volumes. Il est difficile de concilier un pareil amour des Lettres, avec ce procédé digne d'un chef de hordes barbares. Mais ces époques présentent fréquemment d'aussi inexplicables contrastes ; ils abondent dans la conduite publique et privée de plusieurs des membres de cette célèbre famille des Siao ou des Liang.

(2) A la S* lune de .550, l'Empereur Liang King ti porta des édits réglementant la circulation des sapèques soit anciennes soit nouvelles. (Voir Sapèques, N°" 151, 152, 153, 154, 155, 156).

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