CAPITALE A NANKIN
Le lendemain de son accession au trône nankinois, Tch'en Ou <t 1^ ^ ^, le fondateur parvenu si tardivement à ses fins ambitieuses, se rendait à la pagode Tsiang-voang miaô ^ £ J^, qui subsiste encore au nord-ouest et au bas de Tçhong c/ian j^ llj. Là il offrait un sacrifice à Tsiang Tse-wen Sîf "Fit' qu'on y adorait sous le titre de Tsiang ti ^^ (1).
Comme tout légitime souverain, il arrangea les différends de ses sujets dans ses jardins du Hoa-lin yuen |p ^ ||. Fauteur du bouddhisme par raison politique ou par conviction personnelle^ il ordonna de présenter aux hommages du peuple une dent de Sahyamouni, conservée à Tou-mou tché tfc ï? ^. Lui-même alla vénérer cette dent à genoux (2) et invoqua Bouddha sous Je titre Ou-tché hoei jÊ jlg #• Puis, iF ne manqua point d'introduire la tablette paternelle dans le temple dynastique du T'aUmiao ^ J^.
De même, prenant au sérieux son rôle de souverain légitime, il offrit, dès la première lune de 558, les sacrifices aux deux Terrasses (du Ciel) du nord et du sud, et dans la salle du Ming t'ang 0^ ^ (2). Trois mois après, il sacrifia ainsi au T'ai miao. Disons qu'il n'omit pas non plus... de faire assassiner Kiang^yn Wang ^ |^ï, l'ex-empereur Liang King ti âgé de 16 ans. On le vit ensuite à Che-t'eou tch'eng, où il offrait un banquet honorifique à Heou-tien ^ ^, réfugié des Wei que Hpou King avait décoré du titre de général à cause de la ressemblance de nom, Heou jg|.
(1) De rares dévots fréquentent encore aujourd'hr.i cette pagode, sise hors ville au bord de la route qui part de T^ai-pHng men ^ ^ f ^ » à une demi-heure de cette porte, vers le nord. L'entrée de la pagode s'ouvre presque en face de celle du tombeau de Li Wen-tchong ^ 5C JS»? l'un des plus célèbres généraux de Hong-ou ÇÇ JaI (1368-1399).
(2) Nous jugeons opportun, devant les affirmations réitérées des Ghroniques, de rouvrii* ici une liste des tremblements de terre. Elles en signalent aux dfttes qui suivent: 5Ô8 (5« lune), 572 (11« 1.), 587 (1*« lune).
(3) Zottoliy II p. 55. «Varia sacrificia». Le sacrifice au Ciel se faisait sur un monticule circulaire, T^aii JH» entouré d'une palissade (septum). Cette enceinte s'appelait Kiao JQ# et le sacrifice prit lui-même ce dernier nom«
TCH*EN WEN fl, 560-567. 111
Hypocrisie calculée ou superstition, l'usurpateur sanguinaire, fervent adepte du bouddhisme, alla se consacrer aux poussahs dans le monastère de Ta tchoang^yen-se :^ ^ j^ ^; les instances seules des hauts mandarins purent le ramener au palais. Mais il retourna bientôt à cette pagode et y proposa un sujet de dissertation sur Touvrage bouddhique intitulé ^ jfc B^ j^,
Il y revint quelques jours après accomplir ses dévotions avilissantes; il y pria Bouddha sous le titre Ou-ngai hoei M ǧ -g". Les bonzes reçurent en présent son propre palanquin impérial et divers objets servant à leur culte. Les mandarins durent envoyer une autre litière à leur souverain pour le décider à rentrer dans ses appartements d'Etat.
Il leur offrit un banquet officiel dans la salle orientale du T'aUki tien ic ^g ^.
A la 8® lune de cette année (558), il était allé à la pagode Yé'tch'eng se {^ ^^ donner un repas d'adieu à son frère Tch'en Ts'ai ^ ^, Prince Lin-tch'oan wang g^ )]\ ^, qu'il envoyait combattre Wang Lin ^ ^ (général des Liang de l'Ouest) à Kiang lin. L'expédition dura peu, car il le rappela bientôt à la Capitale. Toutefois, au début de 559, il le députait à Yang^tcheou ^ jii\ et à Nan Siu-tcheou ^ |^ *Jfl (Tchen-kiang) pour y régler les différends du peuple...
Sa mort arriva à la 4® lune intercalaire (559) dans la salle Siuen-ki tien i$ ^ ^. Il avait 59 ans. Moins d'une semaine après, Tch'en Ts'ai nommé plus haut, le remplaçait sur le trône. Tch'en Ou ti ^^^ (Tch'en Pa sien ^ ^ 3fc) ^^^ pour sépulture le Wan^-ngan ling H ^ |^ (1). L'empereur Liang Yuen ii ^ 7C *r& ne fut porté qu'en la 6® lune de 560 à son tombeau, le Kiang ning £[ ^.
Tch'eng Wen ti rendit la justice au peuple dans la salle King-yang tien 7^ |^ ^ (8® L. 567), puis passa l'inspection militaire au Tcheng-yang Vang JE 1^ ^- A la fin de l'année suivante, on éleva un temple en l'honneur du Prince Che^hin wang ia Mï (frère de Tch'en Ou ti, père de Tch'en Wen ti) nommé Tch'en Tao-t'an ^ Jg |i|. L'an 563 (4® lune) l'Empereur récita des oraisons bou'ddhiques (titre Ou-ngai hoei ^1^^) devant la salle du T'ai-hi tien -^ ;g ^. Alors aussi il condamna à mort le général Heou-ngan^tou 1^ ^ ^. La ville de Si-tch'eng W j^ (à Ts'ingliang chan) fut ceinte de murailles en 564. Pendant l'été suivant
(1) L'on conjecture que cette sépulture est celle dont il reste deux KH-Un en pierre, au CUe-ma-tchong /p ^ W ^^ Che-ma-fang 5 ^ 355 ' ainsi que le peuple désigne le tombeau ruiné qu'on aperçoit au bord de la route entre Kao-miao |5 ffi et Eao-kHao men K '^ Il ^ 25 li au sud-est de Nankin. D'autres y voient la tombe môme de Liang Ou ti. Nous espérons discuter ailleurs ces assertions contradictoires.
Les chroniqueurs mentionnent alors une désastreuse invasion de rats. «Un dragon Bort d'un puits ; dans les nues se dessinent une barque de pierre, un radeau de bois brisé... »