I I. CHRISTIANISME ET BOUDDHISME
Le fondateur T'ang Kao-tsou Jg^ 1^ jjft (620-627) avait fait bâtir un temple à Lao-kiun ^ ;g (Lao-tse) patron du Taoïsme, pour lequel il professait un culte spécial. Puis il avait obligé 100.000 bonzes à prendre femme, en vue d'élever le chiffre de la natalité dans son Empire, et de préparer le recrutement ultérieur de ses armées. Il ne semble pourtant point, à en juger p&r le nombre des pagodes datant de cette époque, que le bouddhisme ait eu à beaucoup souffrir, au pays de Nankin, de cette défaveur impériale (1). Il abdiqua 9 ans avant sa mort et choisit pour successeur son deuxième fils, qui fut l'illustre T'ang T'ai tsong Jl^ic ^ (627-650).
Quelques années plus tard, au nord encore, en 684, la sanguinaire impératrice Ou heou ^ jg-, concubine (sous le nom de Ou-che ^ J5) de Tempereur Kao tsong îl^ ^, 3® de la dynastie, qui l'avait associée au pouvoir, usurpa l'autorité suprême pendant 21 ans. Elle prit alors le titre dynastique de Tcheou j^, on l'appelait THen-heou ^Ç J§ reine du Ciel, reine céleste ; elle s'arrogea le droit — forfait politique, attentat de lèse-majesté, sacrilège odieux chez une femme^ — d'offrir les sacrifices de premier ordre au Ciel et à la Terre; elle persécuta 15 ans et sans pitié la religion chrétienne, tolérée, ou mieux en crédit à la Cour depuis quelque temps. (M^'^' Favier donne son portrait p. 63).
On sait, en effet, que sous T*ai*tsong, nommé plus haut, la religion du Christ était rentrée en Chine, la 9® année de son règne, par la nouvelle et mémorable tentative, dont fait foi le célèbre monument élevé en 781 et découvert en 1625, bien connu sous le vocable de Stèle syro-chinoise de Si-ngan fou W ^ /iï JS* :^ ^
Nous ignorons la part de Nankin dans cet essai de rénovation . chrétienne; le bouddhisme y resta probablement plus intolérant, loin de la Cour, que partout ailleurs. En 684, Siu King-yé ^^^
En 626 (9« année Ou-té JpQ fS) la ville de Kin-ling h ien fut transférée au bourg de Pé-hia tsuen H I* fj^ prenant le nom de Pé-hia liien; la 7* année de TcJieng-koan J^ K (^«^) ^^^6 ^u^ nommée Koei-hoa hien £$ ^ J||i comme au début de la dynastie, puis, deux ans après, encore Kiang-ning hien. Enfin en 757 (2« année Tche-té M to)' son titre de hien fut élevé à celui de préfecture, sous le nom de Kiang-ning kiun.
(1) Par suite d'intrigues ou de revirements d'opinion, le Bouddhisme, éprouva plusieurs fois sous les T^ang les rigueurs du pouvoir. Cf. de Mailla, VIII, 469-491, — et du Halde, II, 590-598, sur le décret de sécularisation porté par Joei tsong Ç ifî (710-713) en 711, contre les bonzeries. Nous n'en citons que cette phrase : aQuant aux bonzes étrangers, venus ici pour faire connaître la loi q^j a cours dans leurs royaumes, ils sont environ 3.000, tant du Ta-tain que de Mon-hou-pa. Mon ordre est qu'ils retournent au siècle.»
(2) Naturellement, les meilleures références îl conseiller sur la question de la Stèle sont les n« des Variétés sinologiqueSy où le P. H. Havret semble bien près de l'avoir épuisée pour le moment. Un édit de T'ang T*ai tsong (638) autorisait la construction d'un monastère chrétien à Tch'ang-ngan (Si-ngan fou), et un autre de T*ang Hiuen tsong (745) changeait le terme ^^Pose se. Temple du royaume de Perse" en celui de "Ta TsHn se. Temple de Ta Ts*in."