CH. TIII. HEOU OU-TAI
Alors aussi fut créé une sorte de Jardin zoologique, de "Jardin des Plantes,» pourvu de volatiles et quadrupèdes rares, dans le voisinage de la montagne Tchong chan, aux portes mêmes de Nankin.
Nankin subit alors quelques remaniements de peu d'importance, intéressant plus l'histoire que la topographie. Ts'Uming men ^ ^ f^ devint la porte Kien^yuen men ^yt f^-
La résidence officielle appelée Cheng-yuen ko était Tancien Qu'-hing ko ^Sj^^ {Ko désigne une maison à étage). Cheng^yuen ko ^TûWi^^^ î® vocable nouvellement assigné à l'antique pagode Wa-ftoan se%*^^, la Pagode de la tuilerie, qui fut changée enlCheng-yuen se ^ jq ^, (cf. suprk). Cheng-yuen ^ 7c ^^ait le titre de règne (Nien-hao if gg) du présent souverain Li-tsou g^jg. Notons encore la reconstruction du grand Collège gouvernemental, le Tai'hio 33J; <^. Que valaient ces édifices publics, incessamment rebâtis, refondés, refaits de fond en comble. L'examen des constructions actuelles nous permettrait de répondre à la question.
Une amnistie générale fut accordée aux prisonniers lors de la renonciation que Li King a|S Jf, c. à d. Siu King (d'abord Prince TsH et dans la suite second empereur des Nan T'ang) fît de ses droits au trône des, Ts'i,
Vers la fin de cette année 939, le souverain se rendit à Yangtcheou ^ ji\, la Capitale orientale; à son retour, il changea encore les dénominations de plusieurs salles.
Vers cette époque aussi (hiver de 941) on assit la taxe de la cote personnelle, ou impôt capital^ ûxé d'après l'embonpoint ou la maigreur des imposés. JE Jg ^ £i BE ^ ® 2|l.
Nan-T'ang Li-tsou ^ Jj" ?5l JH mourut dans la salle Chengyuen tien #7C ® au début de 943. A la 7^ lune de 942, il avait enjoint à son frère, Li King ^ ;^, Prince TsH wang ^ J, d'occuper le palais de l'héritier du trône, et il l'avait contraint d'obéir, malgré ses résistances. Ce dernier lui succéda donc sans retard et fit inhumer le défunt à la sépulture Yong ling ^ ^.
L'an 947, une comète illumina l'orient. L'été de 951, un bolide énorme sillonna le ciel et s'abattit sur le sol avec un fracas terrible. Même phénomène à la 1®^® lune de 954.
Souvenir consigné ici dans les annales et digne de passer à la postérité! "A Nankin, on pêche alors un dragon dans une mare".
Nous inclinons à croire que ces dragons, mentionnés avec persistance, dans l'histoire de Nankin, sont des spécimens de Valligator sinensia^ tels qu'en recèlent encore les eaux du Wang^ p'ou et du Yang^tse kiang, comme on peut s'en assurer en face des vitrines du Musée d'histoire naturelle de Zi-ka wei. Peuple et mandarins croient pourtant au dragon^ omnipotent, amphibie, terrestre et aérien tout à la fois, habituellement figuré plutôt comme un quadrupède que comme un reptile ou saurien. Chaque ville renferme sa "pagode du roi-dragon", le Long-wang miao. Celle de Nankin n'est pas une des moins belles ni des moins
f n. jkixKfiASiHKS. HBdc-TCnsM {TsstmwmJ) ^^A'^Q. IM
fréquentées par ]es haiots mandaring. PrsIiqveflMfliltn od y i
dans les grafidcs oroonistanoes^ un lésard eu lua ÂaoffioBftii serpent. LrCB grami^efi cî-eontre sont empnantées k Véùoâm 4e IL A. Faov^. acAHigaoLors ïn China.» publiée par la C. B. <of tfbe EL. Asiatic Society. ÎSTS-
Léa Gasette de Pékin, le King^pao, du 29 odL 189^^ ixisrae un décret impérial^ prescrrîTaDt au DirectMir Génénl des du Hoang ha des sacriiîoes spéciaux d'actions de gnees em T\ nenr des quatre grand*^ roif^-dragonfi^ le jaune, le rouge^ le i etc. L'empereur envoie dix bâtons d encens libâiin^ à brûler derant les tablettes de leurs majestés iracoriiiennes. Lte Kin^fom de cette année (18S7; insère un décret semblable, pour remercier le Roi-Dragon de ce que le Fleure Jaune n*a peint rompu ses digv^
Lors d'nn débordement du Pei ho, un petit serpent fut pxis et porté en procession au T^tLi-wang niisto (Temple of tbe gnsitKzng), *^Tbe great Tîce-roy Li Hunrj-ichang foUowed by a retinne W li2g:fa offîcials^ went to do bornage to the wretcbed littie anake. and to implore itg interposition ag-ainst tbe floods'\ G. Owen p. 342.
Il serait £acile de multiplier ces citations à 1 iniini. L'babitede« le préjugé empécbent des gens intelligents d'apercevoir le ridicule de pareilles pratiques. N'est-ce pas aussi une punition de lorf^ueal qui les empêche de se soumettre au joug du rrai Dieut" (1).
T. de Laoouperie 'Western orig-in' , p. 208. ''The To of tbe ancient Chinese was probably an aUignUjfr, whose species bas now almost disappeared. ' cl. Fauvel (Alii^rators in China). Journal de la Soc, asiatiq. Chautrliai 1879. — Alligator. 0-yu i^ El du Hcmng^ p'ou^ selon Mesny b <:hiri/ei>*' MUofilla.ny II* vol. p. 27.
A la fin d^ i aiiiié^ ^Dj. Li jMjng^kid, 4^^jK ^^plustard Li Yu ^jg, 3*emp*^^ur o* .ar^ 7 "nug en 961 . Comte Ngan^ting kiun ^ ^S* rftçut ia fé.:1 ',,,*- *i\ péniJeuse mission de garder le paaaage du Kiung <:<jvxi*^ /^^t iji^unuoric d'une puissante armée, mise sur pied par la hyu^^^w, *^> 'hii^no '*!.. La lutte, après diverses péripé« ties qu iJ nou^ i^y- 'jtuKUi* . Uj\xru^ al avantage de ces demiem.
On r*;09uru' * or */fUt\n*jtfn¥^: pour ach*:;ter la paix, Temperear Nan^r<ing ï'j^rr' ^.v^>^ ff; J||J yt Sii ^<^i3'î^01; leur abandonna les territoin.'H ac 'i*^. * «> > //'^'l.''. Il r*;Uouf^H à son titre personnel d'emper<:;ur (1 ' iÇi. p'^' ^/^y-f * f*c< |/Our J «empereur des Tcheou dont U
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132 CH. VIII. HBOu ou-TAi, 907-960.
adopta le calendrier, signe d'allégeance. Il protesta en outre qu'il se contenterait du titre ofiBciel de Kouo^tchou gj ^, '^maître du royaume" (1).
Les murailles de Kin^ling furent complètement réparées en 959, ce qui n'indique pas décadence pour une ville chinoise.
Lors de la révolution politique qui porta au pouvoir Tchao K'oang'y^ j® g Jlt (960-977), premier empereur des Song ^ (la XIX" dynastie légitime), le Xiang-nan, et par conséquent Nankin, reconnurent son autorité souveraine.
On reprit en 960 la fabrication des sapèques de fer, mises en circulation quatre ans après. En 977, un décret impérial enjoignit de fondre des sapèques de cuivre là où le métal abondait; on relève aux environs (est et sud) de Nankin, quelques traces d'exploitation de ce minerai (cf. Introduction).
Le KouO'tchou T'ang Ynen^tsang, mort en 961, fut inhumé au Choen ling Jlg @^, et sa femme, la Kouo-heou H ^ nommée Tcheou'^che ^ J^, décédée trois ans après, le fut au / ling gj g|. Dès 961, Li Ts^ong^kia ^ ^ %, le fils héritier, avait recueilli la succession au rang de Kouo-tchou, "intendant du royaume". Ce Li Fw ^S (961-975), dernier des Nan T'ang (2), eut à repousser les attaques d'un Prince de Ou, établi à Sou-tcheou.
Il s'empressa de faire restaurer toutes les pagodes de son domaine. C'est alors (970), que le Pao-kong ytxen.^^^, le célèbre monastère de Ling^kou se fH ^ ^ (dont on voit les ruines majestueuses à un kilom. à l'est du Tombeau des Ming) prit le nom de K'aUchan^tao tch'ang H ^ j[|[ :^-
A la 10® lune de l'an 1012, Tch'en Yao-tse fffi^^, secrétaire de Tempereur Tchen tsong J| ^ (3* souverain des Song Jfj) alla sur l'ordre de son maître, offrir un sacrifice au thaumaturge Paotse kong ^ ^ ^. L'année précédente, ce souverain avait chargé le gouverneur de Cheng-tcheou ^ jHi (Nankin) d'y faire réparer la tour PaO'tse-kong Va 5lf |^ S ^ et la pagode T'ai-p'ing hing-kou se ^jç 2p ^ g ^ mieux connue sous le vocable moderne de Ling-kou se.
Précis de la Glose explicative de la Carte ^û ''Kiang-ning fou sous les iVan-T'ang" — Ces T'ang méridionaux, à l'époque des Heou Ou-tai, «Cinq dynasties postérieures,» avaient à Nankin leur capitale et leur palais (937-975).
(1) D'après le P. de Mailla (VII. 445), en 955, Che-tsong, 2fi des Heou Tcheou (TC'aifong fon) fit détruire 30.000 temples d'idoles dans ses états. Il en resta cependant 2,694 qni étaient habités par plus de 60.000 bonzes ou bonzësses." Nous nous bornons à copier ces chiffres invraisemblables, analogues pourtant à ceux que l'on est contraint d'émettre, pour dénombrer les lamas du Tibet. Le P. de Magalhaens comptait à la fin de la dynastie des Ming^ d'après les statistiques officielles, 480 temples d'idoles célèbres et très fréquentés, avec 530.000 bonzes.
(2) Nous reviendrons plus loin sur cette fin de règne.
s II. CARTE ^, DES nan-t'ano; 937-975. 133
A. — On a vu que sous la dynastie précédente des T'ang J^, Yang P'ouojj^^, le fils de Yang Hing-mi jl^fy^ (révolté contre le roi de Ou) attaqua Cheng-tcheou ^ j|t|, s'appropria cette ville, qu'il agrandit et nomma Kin-ling fou,
B.— L'an 937, Siu Tche-kao ^ JM IS. ou bien ^ ^ qui se donnait comme le fils du général Siu Wen, assassina le roi de Ou, se proclama empereur, s'établit à Kin-ling fou^ dont il changea le nom en Kiang-^ning fou. Le tribunal du Préfet de la ville devint son palais, et, du siège de la préfecture (fou /jj) il fît sa capitale.
C. — Cette transformation en appela une autre : le tribunal de Kiang-ning fou fut établi dans la partie est de la ville. On créa deux sous-préfectures : le Chang-yuen hien occupant le territoire sud du Chang-yuen actuel, — et le Kiang-ning hien Ùl ^ J|^, au nord de la sous-préfecture d'alors, Tang-tou § ^. Leurs deux tribunaux avoisinaient les murailles : le Chang-yuen hien au sud, et le Kiang-ning hien au nord (1).
Cette carte -~- de **Nankin sous les Nan T'ang" semble enclaver Che-t'eou tch'eng dan^ l'enceinte ; mais les deux cartes subséquentes (Dynasties Sohg ^ et Yuen 5c) laissent cette butte en dehors de la muraille, ce qui paraît plus conforme, à la vérité historique, TsHng-liang chan n'ayant été incorporé qu'au début de la dynastie des Ming ^; jusque-là, simple annexe, il flanquait la ville au nord-ouest. Quelques buttes voisines, au sud, furent comprises beaucoup moins tardivement dans l'enceinte, fait qui explique peut-être les incertitudes, et même les contradictions inconciliables de plusieurs des plans relatifs au Nankin d'avant les Mongols (Yuen 1280—1368).
Comme sous les Lou-^Tch'ao, l'enceinte murale mesurait 25 li (15 kilom). Au sud, la TsHn Hoai entrait dans la ville, qui à l'ouest, atteignait le Che^Veou tch'eng. De là vers le sud-ouest, on remarquait deux portes : le Si-men |f P^ (Che tch'eng ^ j^y aliàs Han-si men ^ W P^), — et le Long-si men f|îf P5 (San-chan ^^^ H lU P^î aliàs Choei-si men 7|C W P^)- Ensuite les murailles se dirigeaient au sud vers Tch'ang-kan ^^ (au nord du Yu-hoaVai). Elles étaient percées d'une porte, le Tsiu~pao men |p^ ^ P^, ou Nan men actuel. La porte de l'est s'ouvrait au pont Pé-hia kHao â "F Ijê» le Ta~tchong k'iao -j^ x^ jj^ d'aujourd'hui. Le Yuen-ou k'iao jf^^ (Pé-men k'iao 4t P? fié actuel) indique le site de la porte du nord. Donc, les canaux que franchissent les ponts Tch^ang-kan k'iao -^^^ (hors du Nan men), Ta-tchong kHao et Pé~men k'iao formaient les fossés des murailles, tch'eng-hao. Les portes T'ong-tsi men M 99 PI ^^ Choei-si men ^fC W P5 ^oi^naient comme aujourd'hui sur les rives de la Ts'in Hoai. Le
(1) Les autres sous-préfectures de Kiu-yong v] ^» Jji-choei^ '^i^Li-yang^,^ demeurèrent ce qu'elles étaient sous la dynastie précédente.
CH. Vllt. t*ANO (XlirDVN.) Et HBOU OÛ-tAI.
Ts'ing'^hH ]jm, en arrivant après nouf détours jusqu'au T'ong^tsi men, rencontrait les murailles; coulant partie dans la ville et partie en dehors, elle passait au Tchou k'iao actuel ^ ij/fi (nord Si'hoamen U^P^), puis elle se dirigeait vers Test et empruntait le lit des anciens fossés. La rue qui commence aujourd'hui en deçà du pont Nei k'iao ^ ;f^, pour marcher au sud et s'infléchir vers le Tsiu^pao men (Nan men), était en ce temps-là la route triomphale, impériale, ou l'avenue menant directement au palais. L'histoire nous enseigne que jadis ces *'rues impériales*' étaient bordées d'assez larges douves, aux rives ombragées de beaux arbres. Aujourd'hui encore, elles cheminent, au moins en théorie, entre deux fossés.
T^te de t\iile, Qrqement formant rebord aux toits chinois.