‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 69 sur 167 · CH. IZ. DYNA8TIB (XIX*) DES SONQ · texte numérisé non relu

CH. IZ. DYNA8TIB (XIX*) DES SONQ

charger brusquement, les mit en déroute, et prit même un faubourg de Nankin, défendu par Hoang-fou hi hiun ^ "# iHli|i pour le compte de Li Yu ^ jy^, déçu par les rêveries des bonzes, hochang et tao-se. Ce dernier, 3" prince de Nan T*ang ou de Kiangnan se soumit enfin à Ts'ao Pin et lui remit sa capitale (Nankin] avec sa personne» (974).

Song t'ai'tsou ménagea les vaincus et fit distribuer aux nankinois «100.000 muids de ris,» dit du Halde (I, 431), qui relate ingénument Thistoriette suivante: L'empereur prévoyant le carnage qui suivrait infailliblement la prise de cette place (Nankin), feignit d'être malade. Les principaux officiers en furent allai'mez, et environnant le lit du Prince, chacun d'eux lui suggéroit quelque remède. «Le remède le plus efficace, répondit l'Empereur, et dont j'attends la guérison, ne dépend que de vous. Àssurez-moi par serment que vous ne verserez point le sang des citoyons.» Tous jurèrent, et l'empereur parut aussitôt guéri.

L'histoire et la littérature chinoises, la «Morale en actions» ad usum juventutis, fourmillent de ces traits emphatiquement puérils, invraisemblables et hypocrites^ que la crédulité populaire, ou mieux nationale, accepte sans ombre de critique. Nous les qualifions d'hypocrites, parce que, contre toute sincérité, ils exaltent des vertus mensongères, au moyen d'exemples controuvés, d'exploits répréhensibles, et qu'ils transforment en mérites, de faux aloi l'exagération de principes déclamatoires outrés, poseurs pharisaîques, tout de surface. Rien de plus propre, en fait, à pervertir la conscience naturelle, à obscurcir la claire notion du vrai et du bien dans ces intelligences païennes (1).

A la chute des Nan T*ang, Nankin recouvra son nom de Cheng-tcheou ^ ^, et leur palais devint le tribunal du préfet, dont la circonscription administrative ressortissait du circuit du Kiang-nan oriental, Kiang-nan tong-lou £C ^ ]K Ji^*

Au second mois de 972, un ordre de Song T'ai-tsou signifia au dernier des Nan T'ang, Li Fu 2$^ «g, qu'il avisât à réduire son train de vie extérieur et la pompe de ses cortèges. Jusque-là, toutes les salles officielles de ce monarque (Tien ^, ko ^) étaient décorées d'ornements en rostre de hibou. L'ambassadeur de la dynastie des Song venait-il rendre visite à ce '*Roi", l'on faisait disparaître ces motifs symboliques d'ornementation; quand il remontait an nord, vers son souverain, on les replaçait. L'empereur des Song somma coup sur coup le Kouo-tchou g ^

(1) L'un des exemples les plus cités (par les eiiropéens)^comine type de piété filiale est le suivant : le jeune Céleste X est vigoureusement battu par sa mère; il rit de tout son cœur : sa maman conserve encore la plénitude de ses forces et vivra longtemps. Quelques mois après, il reçoit d'elle une nouvelle correction ; mais les coups trahissent une main débile; il pleure alors à chaudes larmes : sa mère vieillit et la décrépitude maternelle n'est que trop évidente.

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