II. SONG HIAO TSONG, H63-H
. que ces corps morts arrivèrent à la ville Impériale, il y eut partout de grandes démonstratipns de joye, les portes des prisons furent ouvertes, et on accorda une amnistie générale dans tout l'Empire. »
«L'année trente-cinquième de ce règne (Song Kao isong, 1161), le Roy Tartare rompit la paix qu'il avait faite avec les Chinois, et à la tête d'une armée des plus formidables, il entra dans les Provinces méridionales, et prit la ville de Yang^tcheou. S'approchant ensuite du fleuve Yang-tse-kiangj qui n'est pas éloigné de cette ville, il ordonna à ses troupes de passer ce Fleuve vers son embouchure et dans l'endroit où il est le plus large et le plus rapide. Il s'éleva un grand murmure dans toute l'armée, et dans ce premier mouvement de sédition, le Roy tartare fut tué. L'armée se retira aussitôt du côté du Septentrion» (1). Les Tartares ne laissèrent que peu de répit à Nankin, car ils se représentèrent devant cette ville au printemps de 1161 et l'empereur y arriva l'hiver suivant pour défendre contre eux le vieux Kien-k'ang,
Au début de 1162, il l'abandonnait encore pour la ville de • Lin-ngan gg $ (Hang-tcheou) au Tché^kiang.
Avec l'autorisation de l'empereur Song Hiao tsong (1163- 1190 (2)) Che Tcheng-tche ^ jE J§, préfet de Kien~k*ang, construisit en 1166 lés salles du Kong-yuen ;p^ j^, ou local des Examens littéraires, à l'endroit occupé jadis par l'hôtel familial de Ts'ai K'oan-fou ^ % ^. En 1192, ce Xongf-yuen.fut réparé et agrandi par le préfet de Kien-k'ang, Vu Toan-li ^ ^ JÈ i^)'
Les deux ponts nommés Tchen^hoai k'iao j|{ fH ;fig (en ville, à quelques pas du Nan men ^ P^) et Yn-hong k'iao ^ iSL J^ (à un demi li au N.O.) furent réparés et finalement reconstruits en 1205. Sept ans plus tard on éleva la «salle de la fidélité et de la piété» le Tchong-hiao Vang J§ ^ ^-i à côté du tombeau de Pien K'oen -|ç ^ (sur la butte nommée encore aujourd'hui T'chao-t'ien kong).
ARCHÉOLOGIE de NANKIN sous les SONG.
Hang Che-tchong, avons-nous dit, éleva de grandes digues
(1) Du Halde, I. 431.
(2) Fils adoptif de Song Kao tsong^ en faveur duquel cet odieux monarque (qui mourut 25 ans après, sans postérité, âgé de 84 ans) avait abdiqué (du Halde).
(3) Le bouddhisme prit un nouvel essor, grâce aux eunuques et concubines, et malgré (?) Tchou Hi (1130-1200) qui naquit sous Song Hiao tso7ig, 11^ des Song, second'des Nan- Song, et mourut sous Sœig Ning tsong, 13* des Song. Après sa mort ce célèbre commentateur fut honoré du titre de Wen kong, prince des lettres. Sa tablette fut placée dans le temple de Confucius. Cf. Var. sin. Tchou Hi par le P; St. Le Gall S. .T.
141 CH. IX. DTMAsni (xir) DM soMt 960-1280.
au nord de la ville, sans doute veni HUi^koan, et mieux en bordure du lac Heou hou, qui baigoe et protège la ville au nord. Il n'eet pas impossible que le majestueux rempart qui relie le Pé'ki ko à Fou'tcheou c/ian et barre la vue de côté, date partielletnent de cette époque. L'aspect et la structure grandiose de l'ouvrage, comparable aux murailles du Nan men, remontant à une date voisine, autorisent pleinement cette hypothèse. Bur la Carte ^„ l'enceinte de la ville se maintient, de l'est à Touest, à la hauteur de Pé^men kHao, assee loin de là. Rien n'empôche d'admettre la coexistence temporaire de deux lignes parallèles de murailles, au nord, en ce temps-là, bien qu'aucune carte, à ma oonniaiissance, ne figure ce double tracé (Ph. XXXI).
Si Ton en croit le Pë-/ita-souo-yen composé en 1845 par l'érudit et superstitieux KanHi "ftJfR^ ^^ publié en 1890, la discussion de ce problème topographique se compliquerait plus qu'il ne semble au premier abord, et le vieux mur remonterait au 4^ siècle. J'entends surtout l'épi qui se prolonge isolément en quart de cercle autour de Ki'tning se. Voici le résumé de l'argumentation de notre auteur. A l'est de la portion qui nous reste de la muraille nommée T'aU tch'eng, subsiste une porte bouchée qu'on appelle usuellement T*aitch^eng men. Quelques-uns affirment qu'elle marque l'emplacement de l'ancienne porte Pë-t men et est un reste de la porte Koang^ mou men. Mais la ville de T'ai^tch'eng n'était autre que celle de Yuen^tch'eng, au temps du royaume de Ou (1). L'Empereur Tsin Tch'eng H (326-343) transforma cette dernière en son propre palais, vers 330. L'enceinte avait 8 H (5 kil.) ; la capitale des Six Dynasties, sise au nord, fut une ville toute différente. Sous les Sang (420-479), on ouvrit à l'E. et à l'O. de T'aUtch'eng les deux portes Wan-tc/i'oen «10.000 printemps» et r«'ien-te'ieou «1.000 automnes»! Mais comme la porte Koang^mou men, l'une des douze, sous les Six Dynasties, devait être au nord de la capitale, elle ne pouvait appartenir à T'aUtch'eng» Aussi, j'estime que la porte T'aUtch'eng men est un reste de la porte orientale Wan-tch'oen men. Car au début de la dynastie Ming, on utilisa ces antiques remparts de T'aUtch'eng pour agrandir la nouvelle capitale. Je ne saurais donc voir l'ancienne Koang-mou men dans la T^ai-tch'eng men en question ; au surplus j'abandonne la solution du problème aux archéologues. Tels sont les arguments du Pé-Ziia-souo-yen (2).
(1) Ce fut en 320 de notre ère, qu'on creusa ou modifia le lac Pé hou (lao du nord) ou Heou hou actuel. On le borda d'une longue digue.
(2) Cf. supra ^aMim. La petite porte condamnée, qui se remarque à l'intersection des deux murailles, fut pratiquée dans le nouveau mur que Hong-ou (1368-1399) mena plus tiffd vers Cheng-U^é men. Elle se nomme Heou-hou siao-menj "petite porte du lac Heou-hou" B. T. Williams (lecture citée) parle d'une autre porte fermée au nord, inconnue sur les cartes. S'agit-il simplement de la poterne de la barbaoane protégeant Té-8€nimen?
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Pour en finir avec ces discussions d'at*chéologie tôpogfaphique, rappelons les quelques points suivants.
Pé-men kHao s'appela YueU'-ou kHaOj «le pont du lac YUên^ ow,» vocable qui pourrait indiquer que ce lac, confiné maintenant hors ville, au nord du Pé-ki ko et de Fou-'tcheou chan, s'extravasait jadis, au couchant, jusque dans ces parages de Pé-men fe'iao, par les terrains bas ou rizières entourant le Koan-h* miâo.
Le mur massif et rectiligne, de Ki-ming se à Fou-tcheou chan, remplit la destination évidente d'un barrage défensif, mené par le travers de cette trouée. La déclivité du Sol corrobore aussi notre hypothèse : l'établissement de T'aUtch'eng et, plus tard, de la capitale des Six dynasties, rendit de bonne heure nécessaire la construction d'une digue en ce point, pour refouler et contenir les eaux, s'épandant naturellement au midi, lors des crues périodiques du lac. La vanne de décharge de Koan^ti miao ne fut probablement que refaite par Hong^ou^ qui répara aussi la muraille et le remblai plus à Test. (Les briques du mur, aux dires de leurs inscriptions, datent de ce temps.)
Si l'on consulte les données hypsométriques du terrain, il appert que le lac marécageux occupa originairement une aire immense (aux contours changeants), au milieu de laquelle la colline de FouAcheou chan surgissait comme un îlot rocheux. La moitié méridionale du vaste étangs asséchée suffisamment, fut définitivement gagnée au profit de la capitale de Hong^ou (1368) (1).
Les rivages sud du lac ancien peuvent se figurer par une ligne sinueuse, coupant Pé-men k'iao, le ya-men du vice-roi et le midi de la ville impériale. Le Siao^yn (champ de mars) et ses environs furent ainsi conquis sur la plaine inondée.
Conséquence aussi probable : le lac Yen-tsio hou communiquait avec le lac Heou hou (Yuen-ou), soit librement, soit par des saignées plus ou moins considérables^ selon la saison des hautes eaux ou de la morte-eau (2). Les fossés de la ville des Song, ceux de la ville impériale des Ming et ceux de l'ancien mur au nord de la ville Tartare des TsHng^ sont, avec les ruisseaux et marécages actuels, les restes évidents de ce lac desséché.
En outre, un éperon, constitué par le promontoire de Longkoang chan, terminait les contreforts sud-ouest du Long-po-tse, Tombelaine, Mont S. Michel (Tse-kin chan), et entrait dans le plan d'eau mentionné, jusqu'auprès de Hiang-ling se dont le territoire était alors submergé. Enfin le lac Yuen-ou, ou mieux sa portion nord^ se déversait par un autre trop-plein, existant à la
(1) D'après le Pé-hia-souo-yen, dans cette plaine, au sud du Koan-ti miao^ on avait réservé le Kiao-t^an, ou tertre impérial pour les Sacrifices au Ciel.
(2) Le lac Yen-tsio hou est indiqué sur les cartes 4 à 11 exclusivement, du Kin-Ung kou-kin t^ou-k^ao S K "Éf ^ H ^ î celui de Yuen-ou sur toutes les cartes sauf la première.