‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 78 sur 167 · ELLE DEMEURE · texte numérisé non relu

ELLE DEMEURE

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ORIGINES DE ifONG-0 C;.-LUTTES.— IL REGNE À NANKIN.

Tchou Vuen-tchang ^ yQ ^ (Kouo-choei gj flg),. mieux connu des étrangers sous son «titre de règne» Ilong-ou ^ |gÇ «fortune guerrière», fonda la dynastie chinoise des Ming, mot signifiant «splendeur, brillant éclat». Le caractère de Lune ^, accolé à celui de Soleil 0, forme le caractère composite Ming V^, suggérant à l'œil même et graphiquement Tidéogramme symbolique de la lumière parfaite (1).

Le titre ancestral du Souverain, celui sous lequel sa tablette fut officiellement intronisée dans la salle des ancêtres, est T'aitsou ^ jg, l'auguste aïeul, Tune des appellations honorifiques réservées aux fondateurs de dynasties (2).

Yuen-tchang yc 36|l, pour lui donner son nom personnel, était le deuxième ou quatrième fils d'un obscur et pauvre laboureur de Se-tcheou ffS^ Jt|, ressort de Fong-yang fou S. ^Jjj (^" Kiangnan), cité qu'il décorera plus tard de beaux monuments. Sa famille était originaire de Kiu-yong ^ $, (3) sous-préfecture de

(1) «Fecitque Deus duo luminaria magna, luininare majus, ut prœesset diei; et luminare minus, ut praeesset nocti.» Genèse^ I. Cl.

(2) Parmi les désignations les plus typiques, nous avons déjà rencontré : Ou-ti ^i ^' le prince guerrier; Wen-ti jC Wi lettré; Kao-ti 'j§^ ǧ^» le sublime; Fei-ti )S ^î le déposé; T^ai-taong >ÇC jf;» l'auguste souverain...

Quant aux noms de règne, K^ang-hi J^ ^ signifie "l'inaltérable paix" ; Kien-long ''?6 HI le secours céleste" ;

La dynastie des Hia est celle de la "splendeur" ;

La dynastie actuelle des Ta-tsHng yZ. ÏR représente celle de la " Pureté " et l'Empereur régnant Koang-siu possède "l'illustre héritage".

(3) Une anecdote chinoise traduite par de Groot, p. 1045, explique par quelles mesures l'on fit mentir les prédictions conditionnelles d'un sorcier annonçant la naissance d'un empereur à Kiu-yong. L'on y apprend aussi pourquoi cette ville fournit tant de faucheurs, et surtout de barbiers-coiffeurs, dénommés dans certaines régions de la Chine "gens de Kiu-yong", Kiu-yong jen fij ^ -^ * Si-tsou ™ Su.» 1© grand-père de Hong-oUf habitait originairement au village de T^ong-téy près de cette ville, et ce fut sous les Ytien ^) qu'il émigra à Se-tcheou u9 /tl' ^©b taoïstes lui avaient prédit qu'un de ses descendants monterait sur le trône impérial.

s I. PREMIÈRES ANNÉES DE HONG-OU. 157

la grande banlieue de Nankin (90 H S. E.), mais son père naquit dans cette dernière ville.

Lui-même vint au monde, en 1327, à Fong-yang hien^f^^ (jappelé alors Hao-ic/ieou j^ jjfl), sous les murs duquel habitaient ses parents. Ou voit leurs tombes à 10 kilom. au S. O. Sa naissance fut précédée, comme il convient, d'incidents prodigieux (1). Il cria trois jours : un bonze taoïste put seul, par des syllabes mystérieuses, charmer son courroux enfantin. A onze ans, des voisins le prirent comme pastour : ses espiègleries le firent bientôt renvoyer. Agé de 17 ans, il perdit son père, sa mère, son frère aîné; avec l'aide de deux de ses frères, aussi indigents que lui, il les ensevelit dans des nattes, faute de cercueils (2).

Un intéressant travail du K^ E. T. WiUiams, la à la réunion de la Soc. Asiat. de Changhai, le 21 juin 1891, et imprimé dans le Journal de cette Société, contient surtout la biographie de Hong-ou; on y trouve en outre quelques détails sur divers monuments de Nankin. Le titre est: nHong-ou et sa Capitale, ou l'Avènement des Ming.y> Le Shang-hai Mercury en eut la primeur (Juin 189 î .—5 articles). Il faut prévenir les lecteurs que le conférencier a fait de larges emprunts à la légende, sans toujours distinguer assez la réalité historique des données romanesques. " Il indique comme sources d'informations par lui consultées (outre l'histoire officielle de la Province du Kiang-sou et celles des deux districts (hien) de Nanking, le résumé de l'histoire des Ming qui figure dans le "Eul-che-se che T^ung-sou (Yeou-i)" et le roman de la même période intitulé Yng-li, dû à Tsu-weij lettré du Fou-kien.

Un correspondant du Chinese Bepository (vol. VII. 1839, p. 353 à 385) analyse un ouvrage ainsi présenté : «The eventfull life of Hung-woo, founder of the Ming dynasty» f rom the Hung-woo Tseuen-ohuen, a chinese work in ten small volumes.» —

Signalons encore T^ai-tsou che-lou jjÇ )|fl " ^î biographie de Hong-ou.

Nous avons utilisé ces documents de valeur si inégale, sans même négliger quelques spécimens de littérature frivole. Nous avons aussi puisé dans l'Histoire du P. de Mailla, qui offre mieux et plus. D'après une note de l'éditeur, X, p. 2, voici les trois auteur» principaux (le T^ong-kien-kang-mou JH 3e SI B s'arrêtant exclusivement à la dynastie des Ming).

Ming-che ki-chepen-mo ™ K. TO 9* ^ ^ "Faits historiques de la Dynastie des Ming" par Fou I-tche iÇ ^ |ff î premier ministre de Choen-tche, 1" des TsHng.

Tong-kien Ming-ki ts^uen-tsai "Suite complète de la dyn. des Ming" par Tchou Tsing-yen^ docteur et gouverneur de Nan-yang fou, au Ho-nan, publié par Tchang Yn (présid. du Trib. des Bites et ministre d'état) la 35® année de Kang-hi.

Ming-ki pien-nien Çq TPu $0 ^ "Annales de la dyn. des Ming'* parle fameux lettré Tchong Pé-king, de la fin des Ming. L'ouvrage ne fut publié que la 47® année de K'ang-hi, plus de 50 ans après la mort de l'auteur.

Le P. de Mailla consulta en outre un Recueil d'instructions et de discours de Hong-ou que Choen-tche des TsHnq fit traduire en tartare.

(1) Cf. la conférence du R^ e. T. Williams, sur ces présages et rumeurs.

(2) J'ai vu, ces dernières années, les mendiants, les émigrants et les plus pauvres habitants des campagnes ensevelir ainsi leurs morts, surtout en temps de disette, au Chan-tong et au nord du Kiang-sou. Nattes ou tiges de sorgho servent alors à envelopper les cadavres. .

158 GH. Z. DTNA8TIB (XXI*) DES MINa, 1868-1644.

Il entra alors comme domestique dans la pagode de Hoang^ hio «6^51^' aujourd'hui Song-'tch^eng se, à la porte de Fong" yang fou SI Hl ^- On y montre quatre énormes marmites à cuire le riz du monastère, une belle cloche datant de 1469 et un portrait de Hong^ou vieilli. Jeune alors, intelligent, actif et ambitieux, il s'accommoda mal de la vie licencieuse, somnolente et cafarde qu'on y menait. En outre, le Fang^tchang "ff 3^, r<(abbéi>, son protecteur, était mort, et le remplaçant rébarbatif.

yuen-fc/iangr jq ^ reprit sa liberté et fut recueilli par son oncle maternel Kou Koan-ch'ing (de Williams) Kouo Tse-hing (1).

Il dut pourtant aviser bientôt à se tirer d'affaire pour vivre; de bonne heure il se montra fils de ses œuvres. Une légende le fait venir à Nankin, après sa sortie de la pagode, et y vendre un chargement de prunes, spécifique infaillible, très demandé lors d'une épidémie infectieuse. Chez son oncle, maître exigeant et dur, une jeune domestique semi-esclave, très accorte, nommée Ma, le prit sous sa protection: en temps voulu, l'orphelin saura ne point l'oublier.

L'oncle combattait en qualité d'ofïîcier de Lieou Sou~tong, chef des «Bonnets rouges», révoltés contre la dynastie des Yuen, à Tch'ou-tcheou J^ M, au Ngan-hoeù Le neveu conseilla à son parent de se déclarer lui aussi indépendant et d'opérer à son profit personnel; le conseil fut agréé. Yuen^tchang , qui venait d'épouser la jeune Ma J||, fut créé commandant en chef de l'armée de Kouo Tse-hing HJ 4^ ^, proclamé Prince de Tch'ou-yang J^ ^, aujourd'hui Tch'ou^tclieou j||^^. A sa mort, il lui succédera.

A peine engagé dans la milice des révoltés, le bonzillon défroqué s'était signalé dans ce métier plus séduisant. On vit alors poindre en lui la détermination de tenter un rôle conforme à ses aptitudes natives. Constitué chef de parti, résolu à combattre, dès qu'il le pourrait, pour sa propre élévation, et d'aller aussi loin que le porteraient son ambition et ses secrets desseins, le roitelet de Tch'ou-yang se posa en réformateur ou libérateur de l'Empire. C'est la tactique habituelle. La fortune sourit si bien à sa précoce audace (il n'avait pas trente ans) qu'il attaqua et enleva T'ai-p'ing fou ^ Zp /jj, sur la rive sud du Yang-tse puis Tsi-k'ing^lou ^ H ïfr (Nankin), en 1356, avec les villes des alentours, Koang-té tcheou ^ ^ jli\, Tchen^hiang iH ^ et Yang" tcheou ^jHi. Tch'en TchaO'Sien ^^K^, fils de Tch'eng Yen-sien

(1) Meany's Chinese miscellany 12« vol. p. 468 n° 1761 «Kuo Tszu Hsing ^ ^ S^j qui à la chute des Mongols, devint le Tchou Yang wang^ parce qu'il occupait le nord du Yangtse en face Nankin.— C'est lui qui fit sortir de l'obscurité Tchou Yuen-tchang "^ 7C J® (Ming t'ai-tsou) en lui donnant une fille adoptive en mariage. Elle devint l'Impératrice Ma heou ^ /p • «There is a Grand Lodge of triad's oalled the Ma-hou tang, a term équivalent to our Empress Victoria Lodge.» cf. Mayer's Chinese Beaders' Manual, n° 470. Kouo Tsze-hing n'* 305.

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