‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 92 sur 167 · III. MORT DE OU 8AN-K0KI · texte numérisé non relu

III. MORT DE OU 8AN-K0KI

rébellions du sud et du sud-ouest. Quoi qu'il en soit de cette dernière allégation, j'affirme que cette animosité (qu'on exagère) a pour cause première les excitations de la caste mandarinale et lettrée. L'ignorance populaire, l'orgueil de la race, la haine instinctive et nationale de Tétranger, d'autres intérêts inavouables font le reste (1).

Ou Sa,n-koei mourut paisiblement au Yun-nan, qu'il avait reçu des Mandchous à titre dé principauté, et transmit ses conquêtes à l'un de ses fils. Ce dernier, vaincu par les troupes impériales, se pendit en 1680, dans la capitale de cette province, qui est encore habitée par des familles venues du Yang-tse moyen, avec Ou San-koei (2).

Bien qu'ils aient tous recherché les conseils et tâché d'exploiter l'influence, vraie ou supposée, des missionnaires d'occident, aucun de ces compétiteurs de la famille des Ming nankinois ne réussit à asseoir solidement sa domination souveraine, ni même à faire prévaloir sans conteste son autorité sur quelques provinces de l'empire. Cette dynastie indigène était irrévocablement perdue ; le sceptre de Chine passait aux mains de non-chinois et d'envahisseurs étrangers. Le mouvement T^ai p'ing ^fc ^ luimême (nous le verrons en son lieu) devait avorter, deux siècles plus tard, dans la revendication de ces droits nationaux, avec Nankin pour capitale (3). «La Chine aux Chinois !» reste un cri séditieux, anti-dynastique, dans les provinces et près la Cour de Pékin, où trônent les Tartares-Mandchous. Toute lutte pour l'autonomie, pour l'indépendance politique, prendra fatalement le caractère insurrectionnel d'une révolution, qui réserve peut-être à Nankin quelque rôle plus digne de son passé (4).

(1) V. The Jesuits in China, by E. C. Jenkins. London 1894. L'auteur, ministre protestant, montre de la sincérîté, malgré plusieurs injustices dues peut-être à l'ignorance.

(2) Sur ces mouvements de Ou San-koei^ cf. E. Rocher, La Province chinoise du Yun-nan^ p. 180 et seq. — Ce général entreprenant avait reçu à.' Ama-wang ^ régent pendant la minorité de Choen-tche, avec la vice-royauté de Si-nganfou^ le titre de PHng-si Wang ^ H 3E «Pacificateur de l'occident,» titre remis plus tard en honneur par les T^ai-

pHng de Nankin, pour un de leurs ^ Wang ou Princes feudataires.

(3) de Groot. p. 1185. "En 1699, K^ang-hi de passage à Nankin, fit rechercher les descendants des Ming, en vue de pouvoir en nommer un comme "Chargé des sacrifices au tombeau de Hong-mi^ avec un titre mandarinal."

«En 1724, un Ming^ Tchou Tcho-lien, fut élevé à la dignité héréditaire des Hieou du 1*' rang. Ses descendants vivent encore à Pékin," p. 1185.

(4) A la chute des Ming^ vers 1644, la Chine propre comptait environ 70.000 chrétiens. Actuellement l'Empire compterait plus d'un demi-million de catholiques.

Nankin possédait deux églises avec 600 chrétiens (P. Couplet), cf. Var. n** 12, p. 99.

234 CH. XII. DTNA8TIB DBS MINa.— GHRISTIANISIIB.

§ IV

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