‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 94 sur 167 · I IV. TOPOGRAPHIE. — MURAILLES · texte numérisé non relu

I IV. TOPOGRAPHIE. — MURAILLES

mètres, l'ancien mur, plus haut, plus large, plus imposant et de meilleure facture, dont nous avons parlé plus haut. Le rempart du sud rivalise seul avec celui-ci.

Ensuite, longeant à Touest le lac dans une direction septentrionale, il arrive au nord de la «colline des Bambous violets, Tse-tchou liny) ^ ft ^, d'où il s'infléchit vers Touest, îpercé, sur ce parcours, des deux portes Chen-tché men et Kin-tch'oan men (1). Puis, il enclôt au nord, dans une boucle irrégulière, la butte de Che-tse chan «la colline du Lion», ou encore Lou-long chan, ménageant deux portes en face et à 400 m. l'une de l'autre : Tsongfeou men (Siao-^tong men) fermée, à l'est, et I-^fong men, à l'ouest, qui laisse passer la route carrossable.

De là, au sud, la muraille rejoint la porte occidentale de l'ancienne ville, antérieure aux Ming, par dessus les deux portes condamnées de Ting-hoai men et Ts^ingmang men. En additionnant les vieilles et les nouvelles portes, on arrivait au chiffre de 12 ou 13.

B. — «L'enceinte mesure 96 li (58 kilom.) et enferme la Ts'in hoai,y> L'ouvrage chinois d'où nous tirons ce texte et nos cartes, insère ici quelques remarques topographiques, très générales. Il expose avec assez de justesse les dimensions relatives, longueur et largeur des deux parties sensiblement rectangulaires, dont la juxtaposition constitue Taire totale et actuelle de Nankin. Elles sont, de fait, comme soudées l'une à l'autre, dessinant un étranglement prononcé, à la hauteur du Pé^ki ko et de Ts'ing^lianq chan. On l'a vu, les plans indigènes respectent en général assez mal cette configuration, d'où résultent, pour la ville, des proportions si allongées. Presque toujours (est-ce économie de papier?) ils la représentent beaucoup trop ramassée (2).

C. — La muraille extérieure, Tou^tch^eng j^ JJ «enceinte en terre», la «grande enceinte», s'appuie au nord sur le Yang-tse kiang et les buttes voisines^ à l'ouest sur les canaux affluents ; au sud elle gravit les collines et à l'est elle traverse la plaine. On remarquera qu'au nord-est elle enserre tout le massif de Tse-kin chan en l'incorporant dans le système défensif de Nankin.

(1) Plusieurs plans récents indiquent, à l'ouest de Chen-tch^é-meny d'abord 88 |S xR il P^is ^ jl| fj toutes deux murées, indépendamment de la "porte d'eau" nommée W ^ BB* Comme aucun passage n'est pratiqué aujourd'hui entre Chen-tch'é men et I-fong men, soit sur un développement mural de 6 kil., on entrevoit les inconvénients qu'entraîne cette absence de voies de communications possibles, de ce côté, entre la ville et la campagne. Cette porte ne serait-elle pas simplement la poterne (murée) ménagée au coin ouest de la barbacane de Ch&ng-t^sé-men f

(2) Ces dimensions, notablement exagérées, doivent se réduire à 38 kilom. ou 9 lieues environ, pour l'enceinte continue des murailles. Une ligne d'une douzaine de kilom. mesurerait la plus grande longueur (nord-sud) de la ville.

236 CH. XII. DYNASTIE DBS MINa. CHRISTIANISME.

La grande muraille, sur son parcours de 180 H (115 kil. ou 29 lieues) dit la Glose, est percée de 16 portes (1) (où généralement se groupe quelque bourg ou village, orné parfois d'une arcade fortifiée ou d*une simple porte cochère ou d'une arcade entre deux collines).

YaO'fang men j* *& PI

Sien^ho men llll tt P?

5 à r est: { KH'ling men - tt H PI

rs'angf-p'ouo men ^ jft PI

KaO'k'iao men 19 "tflf PI

Chang-fang men Jt "fi f^

Kia-kang men 31'S M P^

Choang-k'iao men tt 4# PI

au sud : ^ Fong^t'ai men HL 3Ë N

ra-ngan-té men ^ ^ A 1^

Siao-ngan^té men >J^ $ IB H

Siun-siang men VU 1^ P*!

1 à Touest : Kiang-^tong men ÎL M f^

IChang-yuen men Jl 7C f^

Fou-ning men ft W PI

Koan-yn men K ^ P?

Nous avons dit précédemment que cette enceinte (2), réduite le plus souvent à une simple levée en terre, constituait un boulevard de défense extérieure, une levée fortifiée, une route stratégique, un chemin de grande communication par endroits, une ligne d'avant-postes reliés entre eux, munie de quelques ouvrages, portes ou tètes de ponts, à la traversée des canaux ou des voies principales (3),

(1) D'après 'Williams, le mur actuel de Nankin, fini la 3* année de Song-ou, avait 13 portes. Le môme auteur affirme que le but de Hong-ou était de renfermer Purple Mountain dans la ville.

(2) Tch^eng-kouo JBf S* enceinte intérieure, ordinairement en briques; Toutch^eng jt ÎR enceinte extérieure en terre ; Wei-tcWeng flî JK mur, rempart entourant.

Sur la liste des portes de la grande enceinte des Tche, Che-tch^eng Koan men 5 Wk BS r J est au nord de Kiang-tong men^ à l'ouest de Che-t^eou tch^eng.

(3) Kelevons dès maintenant deux singularités irritantes pour notre curiosité sur la Carte N* XII : 1") De l'angle nord-est de l'enceinte crénelée, se détache un rempart moins considérable, allant rejoindre, vers l'est, les hauteurs de Cken-lié chan ^ ^jlUJ j sur la route de Tchen-hiang. Cette levée, je n'ose dire cette muraille, qui semble faire partie du Tombeau des Ming, au nord, est percée des deux portes Kin tnen et Hong men. Je reviendrai sur ce point trop singulier dans l'étude sur la sépulture de Hong-ou. — 2*) Un autre tronçon se dirige vers le sud et réunit Tong-tai men à la grande enceinte. Il part du Tong-tsi KHao et l'on y distingue le Choang-k^iao men «la porte des ponts jumeaux». De ce dernier mur ou rempart, il ne reste que des traces bien incertaines; je me propose d'examiner aussi ailleurs ce problème géographique d'intérêt local.

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