‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 95 sur 167 · ORGANISATION SOUS LES TS'ING.-CARTB · texte numérisé non relu

ORGANISATION SOUS LES TS'ING.-CARTB

Nankin, trop solidement occupé, résigné à sa déchéance, ou bien estimant sa destinée très sortable, s'abstient de prendre une part trop active aux nombreuses révoltes des provinces contre les nouveaux dominateurs. Dès 1645, à la 5® lune, le prince Yu Wang ^ ^ (Che To -jft ^, titre de règne Choen-tche ^ f^), premier des TsHng ^, avait reçu la soumission des fonctionnaires et des troupes de Nankin. Les Mandchous désignent deux eunuques, l'un directeur, l'autre son second, pour garder le ifiao ling ^ ^, ou Tombeau de Hong-ou gt ^, le fondateur de la dynastie chinoise qui venait de succomber. On leur adjoignit quarante personnes avec leurs familles, dont les descendants occupent en partie le village ruiné de Hiao-ling wei ^ ^ ^. Cette mesure conservatrice ne manqua point son effet local et eut un heureux retentissement dans l'empire, encore à pacifier (1).

A peine intronisé (2), le jeune empereur tartare, devenu l'Empereur dé Chine, changea Nan-king, "Cour du sud", en province du Kiang-nan ; la préfecture de Yng-t'ien fou s'appela

(1) «Les Mandchous ont délaissé Nankin, capitale naturelle de la Chine et se sont établis à Pékin, ville excentrique, ayant moins d'avantages naturels que Nankin, parce que les Mandchous étaient des conquérants, et non des libérateurs, et qu'il est dangereux pour un conquérant d'être trop, loin de sa base d'opération.» Cosmos, 1898. p. 722, article signé H. C, explique le sens de Nankm, Pékin, Tohio (capit. de l'est), Kyoto (capit. de l'ouest).

n n'en reste pas moins vrai historiquement parlant que ce sont les Ming qui ont choisi Pékin (gradatim) et que les Mandchous ont attaqué et pris Pékin capitale avec son Empereur qui y résidait.

La province du Tche-li, où se trouve Pékin, s'appelle quelquefois Pé-tche-li, par opposition au Ncun-tche-li, que portait le Kiang-nan lorsque la capitale était à Nankin. {Tclie-li p. c. q. l'administration directe, centrale, s'y exerce). G<*« Encycl. au mot Chine<^

(2) "Je crois pouvoir dire d'un poste éminent et délicat, qu'on y monte plus aisément qu'on ne s'y conserve." La Bruyère. Caract. Cette maxime s'applique fort bien aux dynasties chinoises.

238 CH. XIII. DYN. RÉGNANTE {XXII») DES TA TS'iNG, 1644.

le Kiang-ning fou. Les deux sous-préfectures qui se partagent la ville restèrent distribuées comme sous la dynastie renversée : Chang-yuen hien Jl 7C JR et Kiang-ning hien (1645).

. De même la muraille urbaine et Tenceinte extérieure Tch'eng-kouo Jd 115 et T'oU'tch'eng j^ |j| demeurèrent ce qu'elles étaient sous les Ming. On ^e contenta de fermer les quatre portes : Ts'ing-liang men J} J^ P^, Ting-fioai men JE TÏI PI» Tchong-feou men ft ^ P^ et Kiïi'tch'oan men ^ )\\ p^, condamnées jusqu'à ce jour.

Je suggérais un jour à Tun des soldats, gardiens du poste militaire, qui fainéantent sur une de ces portes supprimées, que, vu l'augmentation incessante de la population urbaine, il serait expédient d'ouvrir cette baie, pour la commodité de la circulation. «Cela ne se peut,! reprit-il mystérieusement. — «Et pourquoi?... Sous les Ming, toutes ces portes étaient ouvertes...» — «Si on le faisait, il y aurait trop de maladies au Nanmenl»

Un lettré chinois me donnait cette autre raison pour ne rien rouvrir: «Les voleurs entreraient en ville!» — «Ils en pourraient tout aussi bien sortir,» répliquai -je.

A la première lune de 1646, Tchou /-ié ^ |f j]^, le soidisant Prince Choei^tch^ang v;ang 3^ ^ £« probablement quelque descendant des Ming, ébaucha un commencement de révolte. Le mandarin tartare K'ang Ngo j^ |£ n'hésita point à emprisonner trente de ses complice^. Puis, à la 9^ lune, il se saisit du conspirateur et le fit exécuter.

L'année suivante (1647), on établit à Nankin un «Vice-roi du Kiangf-nan», avec autorité sur les trois provinces: le Kiangnan it ^i le Kiang-si flC M et le Ho^nan JîJ ^. Dès 1649, la dernière fut détachée, et la juridiction de ce Gouverneur-Général se trouva limitée aux provinces du Kiang-nan et du Kiang^si.

Choen-tche, qui avait 14 ans à la mort du chef du conseil de régence, tuteur Ama-wang (le ''Père-Prince*'), le Prince Tse-tcheng v^ang, changea le moins possible aux us et coutumes des Chinois, quand il prit en mains les rênes du gouvernement. Il ne permettait pas même aux indigènes «d'apprendre la langue tartare, sans une dispense particulière. Il conserva les six Tribunaux souverains, mais il voulut qu'ils ne fussent qu'à Péking; ainsi ceux de Nanking furent supprimez» (du Halde, I, p. 470).

En 1649, la ville impériale nankinoise et ses alentours, réservés jusque-là à ces Grands Tribunaux, se transforment en Tchou-fang g gjjjf, ville ou casernement des Tartares. ^Une de ces casernes s'élevait aussi alors à T'ai-yuen fou "jta ^^ }^ (capitale du Chan-si [Ij U) dénommé Pé-king ;[t J^, en- 742, par. la dynastie de T'ang,

La glose de la Carte ^j «Nankin sous les Ts'ing Jj|,» nous fait savoir qu'alors (1659) on reconstruisit les murailles de la ville tartare, dans la pastie est de la TsHng-hH ^ g|, depuis

f I. MURAILLES. 239

l'est de la porte T'ai-pHng men, le long des murs de la cité impériale (Hoang-tch'eng ^ j^) de la dynastie précédente, jusqu'au T'ong-tsi men au sud, en y ménageant deux portes. Outre les deux baies indiquées par la carte XIII, comme percées dans la muraille ouest de la ville tartare, les plans récents en indiquent une troisième (détruite) en face du ^rand pont existant encore et nommé Fou^tch^eng k'mo ^J^^, qui livre passage au prolongement de la nouvelle route carrossable, ma-Zou. Cette porte s'appelait Fou'tch'eng men tSL^f^- La même carte indique Siun-stang men, la porte des éléphants apprivoisés, entre San^hong k'iao et Siao-ngan^té men, au nord de cette dernière porte.

Les canaux, les rues, les ponts, poursuit la glose, subsistèrent comme sous les Ming ; on ajouta seulement le pont LUché k'iao jpj g^ ;fg, à l'endroit fameux dit Tao-yé tou i^^^, au confluent des canaux en ville, à la vanne multiple de T^ong^tsi men.

Notre plan figure plus exactement le vrai tracé de l'enceinte détruite de cette ville tartare. En fait, la carte N° XIII dessine simplement un mur tout droit, courant sans inflexion du nord au sud, de T'ong^isi men à T^ai-pHng mon et percé de deux portes, l'une à Tchen-hoai k'iao j|| JH îf^, l'autre à Ta^tchong k'iao ^ rfi 1^. Le nouveau ma-lou emprunte et recouvre une partie de ce parcours, de Si^fang se à T'ong-tsi men. Aucune indication non plus, sur le plan sus-nommé, de la branche nord de la muraille, qui suivait une direction est-^ouest et était percée de la porte Péngan men ^[^ 5f P^? ®^ ^^^® rapide de démolition, puisqu'il ne reste plus que deux ou 3 assises des pieds-droits (plus rien en l'hiver de 1897-98). Je pourrais témoigner que j'ai assisté aux progrès semestriels de ce vandalisme, depuis 7 ou 8 ans, comme* au dépècement du peu qui subsistait de ce mur septentrional. La grossière inexactitude -signalée se relève aussi sur la carte N® XVII «Nankin sous les rs'insf.» Cette portion de la ville a-t-elle subi des remaniements essentiels qui nous échappent ? Il nous semble que non.

Les Chroniques S Jl ît W /fiP î8? «lentionnent qu'en 1660 l'on répara la muraille extérieure de T'ai-pHng men à T'ong-tsi men (les détails plus circonstanciés font défaut). Les Chroniques (12* Kiuen, f* 2) donnent environ 3 kil. 1/2 à cette portion de murailles refaites et leur attribuent une hauteur de 7 à 8 mètres.

Dans la période de transition, caractérisée par la passage de Nankin sous le joug tartare, on signale la création de nombreuses charges mandarinales (1). Un nouveau régime se substituait

(1) Notamment celles de Préteur du trésor et du rizj sous le titre de Kiang-nan Pou-tcheng che-sc iL m ^ WC ^^^ celle de Grand Juge de la Province, Kiangnan Ti'hing ngan-tchai che-se f£ ^ &Jti ^ ^ ^^j celle de Préfet de la Gabelle, les Procureurs des approvisionnements et des voies publiques, pour transmettre les dépèches officielles, Tou liang tao V tt S ' etc.

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