LB MAHQCIS DEL BORGO
A de Sardaigne, ce prince no le fasse appeler, il doit lobsenrer, après les assurances du di^sir sincère que Son Attcsso 1 Royale a d'cnlrclcnir une amitié étroite avec lui, de se renfermer dans les mêmes expressions que Son Altesse Royale lui prescrit d'emplnyer en parlant au marquis Del Borg'o, ol d'éviter avec soin de combattre ou d'applaudir ce que le roi de Sarduigne pourrait lui laisser entendi'o de ses défiances et de ses craintes; et, si elles lui paraissaient aussi vives qu'il y a lieu do le croire, il doit seulement assurer ce prince qu'il peut compter, non seulement que Son Altesse Royale ne s'écarte en rien de l'observation des traités de Londres, mais encore qu'elle apportera tous ses soins, et qu'elle emploiera tous les moyens qui peuvent dépendre I d'elle pour procurer incessamment l'entier accomplissement des conditions qui l'y intéressent. Et si ce prince lui faisait des questions pressantes sur les voies dont Son Altesse Royale peut se servir pour assurer son Etal, il suffit qu'il réponde que ce détail ne lui a pas encore été confié, mais que les moyens de le faire I ne lui manqueront pas, et que comme elle le désire sincèrement il en verra sans doute bientôt les effets.
Le chevalier do Vincclles n'ignore pas que, quoique le roi de Sardaigne soit regardé avec raison comme l'un des princes de l'Europe qui a le plus d'habileté, et quoiqu'il sache en efTet parfaitement dissimuler ses sentiments, il lui échappe cependant dans la vivacité de ses discours des mouvements qui peuvent faire pénétrer ses véritables dispositions. 11 lui arrive quelquefois de changer de matière si subitement que l'on peut I croire qu'il s'aperçoit lui-môme que sa vivacité pourroit trahir son secret, et qu'il se repcnt de s'être trop expliqué.
Ce n'est pas aussi toujours une règle sûre avec lo prince, et tous ceux qui ont le plus souvent traité avec lui ont quelquefois cru que c'éloit une manière de se faire entendre dans les choses où il ne vouloit pas en effet entrer en matière.
Comme le chevalier de Vincclles n'a rien de particulier à traiter avec ce prince, il suffit, s'il est admis à son audience, qu'il soit attentif à observer ses mouvements et ses discours pour en rendre compte ; et si ce prince exigooit de lui de faire & son passage h Milan, ou à son arrivée à Naples, des dé-
LE CIIEVALIEB DE VINCELLES, 1749.
marches plus fortes et plus précises que des offices généram pour SCS inUîrôts, il doit lui faire remarquer que, n'ayant co que (les connaissances générales avant son départ, il n'a pa& pu demander à Son Altesse Royale les instructions et les ordres qui lui auroient été nécessaires pour agir avec succès, qu'il ne manquera pas de rendre compte de ce que ce prince lui aura dit, atin d'être plus particulièrement autorisé à exécuter ce qull témoignera désirer de sa part.
Il ne doit faire aucune dîfGculté de promettre d'agir de cod* cerl avec celui qui est chargé, à Milan, des affaires de ce prince pour porter te comte CoUoredo à presser les dispositions nécessaires pour rex[)édition do la Sardaigne, en sorte qu'elle paisse être faite aussitôt que Ton sera on état de disposer de^ vaisseaux de guerre et de transport pour exécuter cette entreprise; et, comme le comte de Ronncval*, qui en sera chargé, sera sans doute bien aise que les apprêts en soient faits d'une manière qui piiisse en assurer le succès, il pourra tirer de lui des lumières dont il aura besoin pour demander qu'il soit incessamment pour\'u aux choses qui pourroienl encore y manquer; mais, soit que les dispositions qui doivent ^tre faites à Milan soient aussi avancées et aussi parfaites qu'il est à désirer, ou qu'elles aient été négligées ou différées, il est important que le chevalier de Vincelles s'en instruise aussi particulièrement qu'il lui sera possible de le faire, non seulement pour en donner une connaissance précise à Son Altesse Royale par le compte qu'il en rendra, mais encore pour se mettre en état d'examiner, à son passage à Gènes et & son arrivée à Naples, si les mesures
1. L« comte ds BonneTal est l'avonlurior <!onnu flâusle nom de AoiuuiMi Padtg, dont l'bUtoira » iti tl «gr^nblem^nt racontiio pu- M. Aibcrt VandU (tSS5). Cludi- Aloiuidri) (ioBonuenl, né en Ifi'^, <fLiii cadeid'uii« uic>nii« ruvillA du LîmouiiS. Parent de l'anùr&l de Tourrille, il k distingua aux bataiUei de Dieppe et d* Il Bogue et serrit laccetilTemeat k Fleums et It Nerwindea »oiu Lmembonrg, n Italie loua Catinat, Villerov et VfîndAmr.OflVnné par Chnmitlart qui lairernMone réparation qu'il demandait, BonnoTal passa dans l'armée impériale, sonn les oriiH duprincv Ëugiiiede Saroic, «t combattit contre la France i Turin «t k Ualplaqtut. Ucmbre du conseil aolique (1715), il contribaa à larictoirc de l'etenrordein mrlts Turcs cl i la prise de TemcsTai'. Condamné à un an de forlere».*e & la «ulle d'Mi. querelle avec le goavf^rneur des Pavs-Bas, BoruiPTal s'cnruit en Turquie, embo^^H 'ifllamidine (1730), reçut Iq poUTcrnement de la Caramanie et de la Ronin4lb|^^H derinl pacha «ou« le titre d'Acbmet. Eiilé spr^s une sédition du corps desbomlàp' dierft, il rentra à Constanlinople en 173V pour esïmver en tain d'introduire la tactique europMime dana l'armée turque. U mourut eu 1747.