LE MARQUIS DE PUVSIKULX
c pleine et entière liberté» de poursuivre la suecess:oa du duc de Parme et promettait d'aider Philippe V à rccourrer Gibraltar et Minorquc sur l'Angletcrrfl. En échange, l'Espagne recomiaîssait I& Pragmatique Sanction, par laquelle Charles VI assurait à sa fille Marie- Thérèse la succession au IrAne des Habsbourg et s'engageait & protéger la compagnie d'Oslcnde. qui avait reçu de l'Empereur, en i'iH, le privilège du commerce des Indes. Un double mariage entre les inranta et deux archiduchesses, en particulier celui de Marie-Thérèse avec Don Carlos, devait mettre le sceau h l'alliaace auslroespagnole.
Le triple traité do Vienne inspira au duc de Bourbon les crainles les plus vives ; il conçut auRHiti'.l le projet de lui opposer l'union d« puissances du Nord (France, Angleterre, Hollande, Suède, Danemark et Prusse) et forma avec elles la ligue défensive de Hanovre (ITSS). Une guerre européenne menaçait d'éclater quand le roi, poossé par le duc de WorLemurt, se décida enOu h renvoyer Monsieur leDue • avec sa séquelle » — M™ de Prie et Pftris-Duverney — et appela le cardinal Fleury qui n'avait d'autre programme que de ■ toQl assoupir au dedans comme au dehors ». L'année même oii les Espagnols faisaient , en vertu du traité de Vienne , une tentative sur Gibraltar (1727), l'intervention de Fleury et d'Horace Walpole. ambassadeur d'Angleterre en France, amena la signature des préliminaires de Paris (31 mai), qui posaient les bases d'un congr&s. Philippe V n'accepta ces préliminaires que Tannée suivante (S mai \'^] et envoya des plénipotentiGires h Soipsons. Mais le congrès n'aboatil pas et la paix semblait de nouveau compromise, lorsque Charles VI, qui avait promis à Philippe V la main de Marie-Thérèse pour Don GarloB, refusa finak-mcnt de s'exécuter. Le roi d'Espagne, fatigué de se voir écnnduit, se nîtuurna alors vers la France et l'Anglelerre, et signa avec elles le traité de Séville (ITiO), qui confirmait les garanties de succession données à l'infant don Carlos.
Telle était la situation lorsque la succession du duché de Panne s'ouvrit d'une façon efTective, le 30 janvier 1731, par la mort du dernier représenlanL màle de la maison Faiiiése. Croyant que 3& femmer Henriette (i'E!^te,^lail enceinte, Antoine Farnèse avait fait un tesUment en faveur de IVnfant qui devait naître, et, h son défaut, en faveur de son pelil-neveu don Carlos. La grossesse de la duche^^^ ayant été reconnue nulle le 13 septembre il'M, les Etals de Parme et de Plaisance semblaient devoir revenir sansdiflicullé ft don Carlos, lorsque l'Empereur, revendiquant ses droits de suzeraineté, 6t entrer tout à coup uuc armée autrichienne dans les duchés vacants. L'infant ayant répondu ù celte attaque par l'invasiun de la Toscane, où régnait, depuis 1Tâ3, le grand-duc Jcaii-GasLon de Médicis, la guerre éclata et toute l'œuvre laborieuse de Fteury semblait derechef cotn*
POLITIQUE D'ÈLISABETU FARNËSE EN ITALIE
prôoÛM quand don Carlos, avec sn brn&qusrie accoutumée, oc raviva Ai eoiuentiL& prêter serment de OdélUc à l'Empereur ; Charles VI, en r«lour, l'autorisa à recevoir l'hommage pour la Toi^cane (1732).
Le second traité de Vienne, (jui stipulait i^el accord, ne fut cependant qu'uoe trêve. L'ambition naturelle d'Kliaabelh Farnë.w était loin, en effet, d'être salisraite. A peine avait-elle assuré le duché de Parme h don Carlos qu'elle se mit en t6te de constituer une autre souveraineté pour son second fils, rinTant don Philippe. Profitant des embarras que la guerre de suceessiaii de Pologne causait^ l'Autriche, Elisabeth ■'•dressa âCbarles-hlmmanuel III, roi de Sardaigne,qui convoitait le HUanais, et, par l'inllucnce de Chauvelin et du maréchal de Villani, membres du conseil depuis la mort du Rcgeut, s'arrangea de fagon à entraîner le cardinal Fleury dans ses pourpnrlers. Dflux traités secrets furent signés avec les cabinets de Turin H de Madrid (26 septembre — 25 octobre 1733). On y convenait de chasser les Autrichiens d'Italie ; le Milanais devait être réuni au Piémont et former un royaume do Lombardic ; Noples et la Sicile devaient 6trc conquis au proGt de rinfanl don Carlos, qui céderait Parme et Plaisancr h son frère puinë, don Philippe; les Deux-Sicilea et lespnisidi^s de Toscane seraient réunis à l'E^ipagne en cas d'extinction de la postérité mAle d'Elisabeth Farnèse : enfin, la Savoie serait céd('e à la France quand le roi de Sardaigne aurait Mantoue en sus du Milanais. En s'iutcrditant toute attaque contre les Pays-Bas (convention de La Haye, feV novembre 1733}, Chauvelin obtenait la neutralité de IWnglclerro ctde la Hollande. La France aurait ainsi rhonneurdc rcndrcàrUalie l'indépendance nationale.
Deux armées frauçai-ses franehirent aussîtVit les Alpe* et le Rhin, l'armée d'Allemagne sous le commandement du vieux oiartWhal de Berwick, l'armée du Piémont sous celui de Villars, qui s'était fait nommer maréchal-général (le titre qu'avait porté Turenne] et qui dit h Fleury en lui faisant ses adieux : * Dites au roi qu'il peut disposer de l'Italie ;je vais la lai conquérir. > Peu s'en fallut que celte fanfaronnade ne deviut une réahté. Trois mois sufTirent h l'armée franco-piemontaise pour faire l'entière conquête du Milanais pendant que les Espagnols, tournant le dos à la Lombardic, se dirigeaient par l'Etal romain vers la frontière napolitaine. Lu promesse faite par don Carlos d'abolir les impôts établis » par le gauvernemenl tyrannique des Tedeschi • avait gagûé les Napolitains ; le vice-roi autrichien, voyant ta Qotle espagnole maîtresse des îles, et l'armée de terre à Avena, évacua Naples qui acclama dun (^rlos ; l'année d'après, la facile victoire de Mortcmar h Bilonto chassait les Autrichiens des Pouilles et installait, sans coup férir, la huitième branche des Bourbons sur le trône des Deux-Sïciles enthousiastes.
La rapide conquête du royaume de Naples, celle du Milanais que