SITUATION PRIVILÉGIÉE A NAPLES
Ltiquc,par exemple, à Pampelune lorsqu'un ambassa^ >i entre en Espagne, et à Rayonne lorsqu'un du Roi catholique entre en France ; le sieur marquis de Puysieulx pourra même écrire ù cette occasion au comte de San-Ystcvan' et au marquis de Montalegre '.
Arrivé à Naples, il enverra demander l'heure de voirie secrétaire d'Etat. Il lui marquera le plus grand empressement d'avoir audience du roi des Deux-Siciles, lui remettant une copie de la lettre de créance que Sa Majesté lui donne pour ce Prince.
A prendre les choses dans la règle exacte, un ambassadeur du Roi ne devrait passavant que d'avoir eu audience du Prince, se mettre en peine de voir d'autre personne que le secrétaire d'État; mais, la considération du rang et de l'état que tient le comte de San-Ystevan à la cour de Naples faisant juger au Roi que cela forme un cas trop singulier pour que les prévenances dont son ambassadeur usera à l'égard de ce Comte tirent & con- ■■iquence pour d'autres temps et d'autres pays. Sa Majesté trouve & propos que le sieur marquis dePuysieulx voie aussi le comte de San-Ystevan avant que d'aller à l'audience du roî des Ûeux-Sicilos. Il faudra môme que le Comte sente que l'ambassadeor du Roi ne s'est adressé en premier lieu au secrétaire d'Etal que pour se conformer à l'usage des autres cours. Peutêtre le comte de San-Ystevan voudra-t-ÎI sur-le-champ introduire auprès du roi des Deux Siciles !e mar^iuis de Puysieulx, qui acceptera sans balancer ce qui lui sera |)roposé; mais en ce cas il fera approuver au comte do San-Ystevan que, dans cette première audience, il ne présente point de lettre de créance (dont il aura remis aussi une copie au comte de San-Yslevan) et qu'il la réserve pour celle à laquelle le sieur de Montalegre devra lu conduire par une suite de l'observation des formalités.
Celles-là sont les seules que les ambassadeurs respectifs de
I. Don Manuol ào Retuvidoit, duc de Sanist«bwi, après avoir élt gourenieur de llA&at Dos C«Ho«, M«it devenu gnuid maJln de m cuar à Naplen. U loburai ta
s. Don <l()t^ de Ouitnan Velet Ladron de Oaerara, marquis de MoalealefK, gnad 4cuycr Ae Drm Carlos, éUil en 173& 9(Mrr^t&ir« d'Éui de Sa U^eiM Sidlirnae ; lo««qa«Dân Carlos deTiat roi d'Espagne en lï!>9, il choisit te aunjttil deUontealefre povr (rtnd maître.
M LE MARQUIS OR Pt'YSlEULX. I73B.
France et d'Espagne pratiquent pour jouir (Uns les deux cours de tout ce qu'il y a d'Iionueur et de distinction pour les ambassadeurs de famille, ci il n'est pas à penserqae. le Roi voulant bien que celui qu'il envoie au roi des Doax-Siciles imite ea tout ce qui se fait réciproquement en France ci en Espagne, la Cour de Napics n'en soit pas contente.
Le Roi n'est pas assez particulièi-ement informé de l'état de cette cour ou de celui des deux Royaumes pour en faire donner au sieur marqui» de PuysieuU d'autres notions que celles qu'il aura puisées dans la lecture des papiers du ministère du sîeur marquis de Bissy et de la ^slion du sieur Guimart. C'est inént du succôsde son application A connaître et cette cour et les États que Sa Majesté s'attend h dire parfaitement instruite de toutes qu'il est important qu'elle sache sur une cour et sur une puissance auxquelles elle a tant de motifs de s'intéresser. Cependaot Sa Majesté fait remettre à son ambassadeur la copie de l'insiruction qui futdonnée au sieur marquis de Bissy lorsqu'elle l'envoya on qualité de ministre plénipotentiaire auprùs de l'infaiil d'Espagne alors seulement duc de Parme, et aujourd'hui roi des Deux-Siciles. Il s'y trouve des idées sur (pielquespersoaaes principnlos qui remplissent encore actuellement les emplois les plus considérables auprès de la personne de ce Prince.
Sa Majesté fait donner aussi au marquis de Puysieulx les copies de la réponse donnée au nom de Sa Majesté et des rois d'Espagne et de Sardaigno au plan de pacification produit p^r l'Angleterre et par la Hollande, d'une résolution des Etats généraux des Provinces-Unies conséquente à co plan et h cçfla réponse, délivrée dans lo milieu du mois de juin aux partiM belligérantes, enfin de la réponse à celte résolution qui vient d'être donnée par la France et par les couronnes des allij^- Ces pièces, qui sont avec le plan dont le sieur marquis de Puysieulx a eu connaissance, ce qu'il y a présentement de pii^ authentique dans les affaires générales, sont nécessaires à dû ambassadeur du Roi allant auprès d'un Prince qui, quoiquil n'agisse pas directement dans les négociations qui ont rapport' la guerre actuelle et à la paix future, ne laisse pas d'être «olifrement intéressé à l'un et à l'autre.
CORRESPONDANCE DE L'AMBASSADKU H 03
Le sîeur marquis dePuisieubc écrira répiilièreraent toutes les semaines pour tenir le Roi inrormé de tout ce qui se passera dans le pays où il va résider, et du succès de ses soins dans i'exéeulîon des ordres que Sa Majesté lui aura donnés.
n entretiendra avec les ministres du Roi en Espagne et en Italie, comme aussi avec le général de l'armce de Sa Majesté en Lombordie, une correspondance qui lui procurera les avis dont il est important qu'il ait connaissance dans une cour dont les intérêts ont tant de connexion avec ceux de la couronne d'Espagne et avec les affaires d'Italie.
Il se fera remettre par le sieur Guymart les différents chiffres ipie celui-ci peut avoir, comme les papiers qui auront rapport à quelques affaires dont il pourrait être question dans la suite. L'intention du Roi est que tous ses ambassadeurs et ministres mu debors lui apportent au retour de leurs emplois une relation cxictc de tout ce qui se sera passé de plus important dans les Bégocialions qu'ils auront coaduitos, de l'étal des cours et des pays où ils auront servi, des cérémonies qui s'y observent, soit dans les entrées, soit dans les audiences, ou dans toutes autres rencontres, du génie et des ioclinationa des princes et de leurs miaiâtres, et enlin de tout ce qui |ieut donner une connais- •ance particulière des lieux oCi ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié; ainsi le sieur maripiis de Puysieulx aura soin de préparer un mémoire de cette sorte en forme do relation do l'emploi que Sa Majesté lui conûe pour le remettre à son retour entre les mains du Roi.
Sa Majesté ayant jugé ù propos de remédier aux abus qui ont subsisté jusqu'à présent par rapport aux papiers ori}^^inaux <fui restent aux personnes qui ont été employées pour son service dans les pays étrangers, et qui, par la suite des temps, ^deviendront publics, elle a pris la résolution d'ordonner que tous "a ministres, de quelque rang qu'ils &oienl. qui reviendront des ^Ux où ils auront été employés, remettent en original les ins- ^ctions, les chilTros, les papiers de correspondance entre les '^îiiistres de Sa Majesté dans les différentes cours étrangères, le loutavec un inventaire exact sur la vérification duquel il sera dc>tiné une décharge.
LE MABQDIS DE PUYSIEULX, I7SS.
Sa Majesté a voulu que le sieur marqulâ de Puysieulx fui ÎDstruit avant son départ pour Naples de ses intentions à c«t égard, auxquelles elle compte qu'il se conformera exacteroent lorsqu'il reviendra du lieu où il va se rendre pour le service du Roi.
Fût à VerniUu U 21 Juillet ns^'.