PACTE DB FAMILLE
bien que la politique des deux gouvernements ait été uniforme. A en juger même par leur conduite et par les alliances absolument contraires qu'ils ont quelques fois contractées ctiacun de son cdté, on pouvoit penser avec assez de vraisemblance qiiHIsregardoicnt leurs intérêts comme diamétralement opposés, et qu'ils pcnsoicnt qu'on pouvoit être uni par les liens du sang, sans l'éLre par ceux de l'amitié et d'un intérêt commun.
Tout ce qui s'est passé pendant les trente dernières années du règne de Philippe V et jusqu'à la mort du Roi Ferdinand son fils, n'a que trop confirmé cette opinion, et a dft tranquilliser l'Europe sur ses anciennes inquiétudes ; elle a paru en efTet si rassurée à cet égard, qu'après avoir soutenu opinidlrément une guerre très longue et très sanglante pour empêcher que les couronnes de France et d'Espagne ne fussent portées par des Princes de la même Maison, non seulement les autres principales puissances contractantes à Utrechl et la cour de Vienne elle-même T onl successivement consenti, mais elles ont même concouru ensuite à assurer encoro le Irûnc des Deux-Siciles et un établissement en Italie à deux Princes do la Maison de France.
L'Angleterre a voulu réveiller en mil sept cent soixante et un tes défiances conçues en mil sept cents, et a pris pour prétexte le traité ou Pacto de Famille conclu enire le Iloi et le Roi catholique; mais il y avait beaucoup plus d'affectation que de rdalilé dans tout ce que la cour de Londres a paru sentir et a voulu inspirer à cette occasion aux autres puissances. Elle est trop éclairée pour ne pas savoir qu'il n'y a pas d'alliance plus naturelle, et trop in.struite pour ne pas rendre justice aux motifs et aux objets de ce traité, qui n'est que purement défensif et dont le» .stipulations ne tondent au préjudice de qui que ce soit, mais uniquement à maintenir les deux couronnes dans la possession tranquille des domaines dont elles jouissent.
On joint ici une copie du Pacte do Famille. On voit par rarlîcle dix-neuf que le roi d'Espagne y a contracté pour le roi des Deux-Siciles son (ils et s'est obligé h lui faire ratifier tous les engagements que ce traité renferme ; mais cette accession et ratification de Sa Majesté Sicilienne n'ont point encore été efTec-