‹ Naples et ParmeChapitre 151 sur 235 · LE VICOMTE DE CHOISEDL · texte numérisé non relu

LE VICOMTE DE CHOISEDL

lités, les détours et la chicane de la procédure, et il négocie en jurisconsulte et non en homme d'État. Toute sa conduite ne Ta présenté jusqu'à présent à la France que comme un homme très mal disposé pour les intérêts de cette couronne. Le vicomte de Ghoiseul aura vu dans tous les papiers de la correspondance de Naples qui lui ont été communiqués que cette opinion n'est que trop fondée» surtout par rapport à la navigation et au commerce des sujets du Roi. On n'entrera point ici sur cette matière dans des détails qui seraient d'autant plus inutiles qu'ils sont déjà connus de l'ambassadeur de Sa Majesté, et qu'il y a lieu d'espérer qu'il ne sera plus question à Naples des objets qui y sont relatifs et qui doivent être discutés et décidés à Madrid.

Ainsi le vicomte de Ghoiseul observera le silence le plus absolu à cet égard, et si le marquis de Tanucci lui en parle le premier, il lui répondra simplement qu'il n'a nulle instruction sur les affaires dont il s'agit, qu'il a appris avec la plus grande satisfaction qu'elles ne devaient ni ne pouvaient avoir aucune suite qui fût capable d'altérer la parfaite intelligence qui subsiste entre les deux cours, et dont le maintien et la perpétuité étoient Tunique objet de sa mission ; qu'il est persuadé que le marquis de Tanucci est dans les mêmes dispositions, et qu'il ne désire rien plus vivement que de concourir avec ce ministre à perfectionner une liaison si naturelle et une correspondance si utile, si convenable et si nécessaire ; qu'il ne négligera rien pour mériter sa confiance, et qu'îlla justifiera toujours par le retour le plus réciproque de sentiments et de procédés.

Cette manière de s'expliquer ne pourra que produire un bon effet et sera une confirmation de ce que le duc de Ghoiseul a témoigné lui-même au marquis de Tanucci dans une lettre écrite au sieur Dumas^ et qui aété communiquée à ce ministre qui a paru en être très flatté. Le vicomte de Ghoiseul a vu la minute de cette lettre parmi les dernières dépèches adressées par le duc de Ghoiseul au sieur Dumas.

i, Ch&rgd des affaires du Roi à Naples, au moment où le ricomlo de Choïsenl j fut envoyé en ambassade. Il fut aussi chargé d'affaires à Vienne en 1710 (Cf. Sobkl, loc. cit., p. 444).

POIîTRAlT DE TANCCCT

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y a lieu de croiro qnc lo marquis de Tanucci ne sera pas moins sensible h co que l'ambassadeur du Roi lui répétera sur le in^me sujet, et qu'il s'empressera de répondre à ces avances oroicalcs, du moins aOn de persuader & la France que co n'est point contre elle, mais uniquement contre les personnes chargées des intérêts do cette couronne à Naples, qu'il a marqué do la prévention.

Quoi qu'il en soit, il n'y a actuellement aucun objet de négodalion à recommander aux soins et au zëlo du vicomte do Cboiseul relativement aux aSTaires générales.

Le Roi a garanti de la manière la plus précise et par des assurances réitérées, données de sa propre main, la succession au trdne des Deux-Siciles, telle que le roi d'Espagno l'a établie et publiquement déclarée et notifiée à toute l'Europe, avant que de quitter l'Italie pour se rendre à Madrid. La cour de Vienne s'est chaînée de la même garantie par un traité conclu en mil sept ceut cinquante-ncuT avec Sa Majesté catholique, et le roi des Dcux-Siciles n'a quant il présent et n'aura vraisemblablement dans la suite rien à craindre pour la tranquillité et la sûreté de ses possessions; mais si des événements imprévus mettoîenl ce Prince dans le cas d'avoir besoin de secours, il pourrait compter sur ceux du Roi et du Roi catholique qui se concerteroient alors SOT les moyens les plus efficaces de les lui fournir. Indépendamment de l'amitié tendre et inWoIable qui unira toujours ces trois souverains, le Pacte do Famille, aussitùt que Sa Majesté Sicilienne y aura accédé, lui assurera de la part de Sa Majesté toute l'assistance nécessaire et qui aura été réciproquement stipulée.

Cette occasion, comme on l'a déjà dit, n'a pas encore eu lieu, quoique les ambassadeurs respectifs qui résident à Madrid aient reçu depuis l'année dernière les pleins pouvoirs nécessaires pour la terminer, et quoique lo Roi ait apporté toutes les ités et toute la complaisance possible pour parvenir à concet acte. On est autorisé à penser que des observations laites par le marquis de Tanucci ont tout à coup suspendu les conférences entamées sur cet objet; mais comme le succès eo est beaucoup plus intéressant pour Sa Majesté Sicilicnoo

LE VICOMTE DB CHOISEUL, 17(îfi.

quo pour le Roi, Sa Majesté attendra sans impaliencc quo Tea cours de Madrid et de Naples rcmetlcnl celle afTairo en activité. Il est à présumer quo l'on attend la majoritj^ du roi des Doux-Siciles pour procéder il son accession au Pacte do Famille.

Le seul objet de négociation dont le Roi charge le vicomle de Choiscul de s'occuper immédiatement après son arrivée h sa deslinalion, c'est de Iravaitlor à la rédaction d'un traita de commerce entre la Fronce et le royaume des Dcux-Sîcilcs.

Il aura vu, dans les papiers qui lui ont été ooramuniqués^ qu immédialemcnl après l'avènement du roi d'Espagne & la couronne des Dcux-Siciles, il fut question de cette afTairo, qu'elle a été suivie, quoique avec peu d'acUriié, pendant que le marquis de Puysieulx elle marquis de L'Hôpital ont résidé à Naples, et qu'ayant été reprise avec plus de zèle de part et d'autre pendant l'ambassade du marquis d'Ossun, on éloit à peu près convenu des conditions du traité auquel il parotssoit ne manquer que la signature. Des circonstances particulières les firent suspendre, et cependant les François continuent à jouir dans tous les porls des Deux-Siciles, conformément aux articles des traités de mil six cent soixante-sept ot do mil sept cent vingt-cinq dont ou joint ici deux copies, de tous les avantages de navigation et de commerce dont ils étoicnt en possession et qui sont accordés aux nations les plus favorisées. Ce n'est que depuis que le Roi catbolique a quitté Nnplcs, que les sujets du Roi ont éprouvé dans les États de Sa Majcslé Sicilienne, par rapport à leur commerce, les contradictions les plus injustes et les vexations les plus indécentes et les plus odieuses. C'est sur quoi il est inutile d'entrer ici dans aucun détail, puisque le vicomte de Cboisoul est déjà instiiiil de tout ce qui s'est passé & ce sujet.

On est convenu enfin, pour terminer les discussions toujours désagréables et souvent dangereuses, do faire entre les deux cours un traité de commerce, et en attendant d'exempter de la visite les bMiments tant français que napolitains qui rclAcbcnt dans les ports respectifs des deux puissances.

Le Roi, en autorisant son ambassadeur h discuter et & r^ler

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