‹ Naples et ParmeChapitre 153 sur 235 · CHIFFRE DE L'AMBASSADEUR · texte numérisé non relu

CHIFFRE DE L'AMBASSADEUR

quelque révolution sensible dans l'administration intérieure do la cour de Napics, si le marquis de Tanucci conservera le mf^mo crédit prédominant qu'il a eu jusqu'à présent, si l'influence de l'autorité du roi d'Espagne sur le gouvernement nipolilaîn se maintiendra dans toute son intégrité, si la future reine de Napios prendra quelque empire sur l'esprit du Roi son mari, quels sont le caractère, les talents, les dispositions et les rues de ces jeunes Princes qui no commenceront à se développer que dans les premiers usagesqu'ils feront de leur indépendance et de l'exercice de leur souveraineté, enfin quidles seront les personnes k qui ils marqueront lo plus de bonté et do con- Hance.

Au reste le vicomte de Choiseul recevra tont sur cet objet qucsur les autres qui mériteront une attention particulière des instructions plus détaillées^ suivant que les conjonctures pourront le demander.

On joint à ce mémoire quatre différentes tables de chiffres.

Les premières inliUiIées pour la dépftcho sont unît^uemcnl destinées pour la correspondance ordinaire et régulière que l'Ambassadeur du Koi doit entretenir avec le ministre et secrétaire d'État à qui Sa Majesté a confié le département des affaires étrangères

Les secondes tables intitulées de réserve ne doivent servir [ue lorsque l'Ambassadeur auroît quelque chosede très impor-

itct de très secret ù mander ou lorsqu'il auroit lieu de soupçonner i|ue le chiffre ordinaire a été intercepté, et qu'il soroit imprudent de l'employer.

Le titre des troisièmes tables indique leur usage; elles serviront à chiffrer les pièces qui seront communiquées au vicomte do Choiseul et qui exigeront la précaution du chiffre.

Enfin les quatrièmes tables sont destinées h la correspondance que le vicomte de Choiseul cnlrclicndra avec les autres Ambassadeurs ou Ministres du Roi dans les cours étran- I, et particulièrement avec le manjuis d'Ossun, ambassaleur de Sa Majesté à Madrid, avec lequel il sera convenable pour leur instruction réciproque et pour le bien du service qu'il ait une relation directe, mais qu'il doit cependant renfermer

lOi

LE VICOMTE DE CBOISEUL. i7M.

dans los bornes d'une circonspection prudente et éclairée, «Tec l'attention de chifirer exactement toutes les particularités soit pour les faits, soit par rapport aux réflexions qu'il sera h pmpoa de DO pas exposer au Jauger de rioterception.

Le Koi ayant ordonné que tous ses Ambassadeurs et Uîniatra dans les cours étrangères lui remettent & leur retour auprès de Sa Majesté une relation exacte de tout ce qui se sera passé de plus important dans le Heu de leur résidence^ soit par rapport aux négociations dont ils auront été chargés, soit sur l'étal do pays où ils auront été employés, sur le personnel des Princes «1 de leurs Ministres, sur le cérémonial, et enfin sur tous les objets relatifs aux affaires politiques et intéressants pour la cuiiosité de Sa Majesté, le vicomte de Cboiseul aura soin de préparer d'avance un mémoire qui renferme tous ces détails.

L'intention du Roi est aussi que tous ses Ambassadeurs «t Ministres, lorsqu'ils seront revenus de leur mission, remetteol en original les chiffres et tous les papiers concernant son sct> vice, le tout avec un inventaire sur la vérilicatlon duquel il leur sera donné une déchaîne.

Paît à Veruilles, b i" novembre 1106.

I TÎcomtc de Choiscul resta à Naples jusqu'au mois d'octobre 1771 ; ïérenger fut alors chargt^ des afTaircs de France à la cour du roi des Deux-Siciles. Le baron de Brclcuil vint prendre possession de

t l'ambassade de Naplea au mois de juillet 1772; le duc d'Aiguillon était miuislrc des afTaircs ('^trangi're^. L'instruction qui finit a été rédigée on double; l'autre exemplaire, identique k celui qui suit, porte la date de décembre 1771.

Quand le baron de Breleuil arriva à Naples, rarchîduchessc Harie-

' Caroline était reine dea Deui-Siciles depuis quatre ans. Marie-Thérèse,

[ qui considérait toujours le royaume de Naples comme usurpé sur sa. maison, comptait sur ce mariage pour y introduire la pnlitiquo autrichienne, détacher le roi de la cour de Madrid et du Pacte do

I Famille. Marie-Caroline, impérieuse et ambitieuse, avide d'exercer le pouvoir, servit d'abord la politique de sa mère. Le contrat réservait à la reine le droit d'entrer au conseil lorsqu'elle aurait un héritier ; elle réussit h s'y faire admettre avant la naissance du prince royal (1774) et s'attacha, dès qu'elle eut part aux affaires, à en exclure les .anciens conseillers do Charles 111 et surtout le marquis do Tauucci; elle forma des cabales contre lui et trouva, pour exécuter ses projets, l'appui du parti clérical que les mesures hostiles du ministre avaient violemment irrite.

■OmK PODR SEnVlIt d'instruction KV SIECB IURO?i DE BUnTCTIL ', BniGADICR DKS AKMÉE8 DU ROI ALUKT A NAPLCS POCR T ttOm E!1 gUALITÉ DAMBASSADEUr. EXTRAORDINAIRE liE SA HAJESTE, Uh PR&5 DU BOI DES DEUX^SIOLKS*.

A VoTMÎUos, lo f nul 1171

Lo Roi qui a eu les preuves les plus constantes du zèle et des talents du baron do UrctcuU dons les dilTércnlcs mîssioas où Sa Majesté a déjà jugé à propos de l'employer, a reconnu 6D lui une activité, une intelligence et un attachement à eon service qui l'ont convaincu de l'utilité qu'EUc devoit se promettre de son application dans les nouvelles fonctions du ministère qu'Elle veut bien lui confier. Elle l'a nommé en consi!' qucnce son ambassadeur extraordinaire auprès du roi de» Deux-Sicilcs, et Elle est bien persuadée qu'il jusUficra à tcus égards ce nouveau témoignage qu'Elle lui donne de son estime et de sa bienveillance.

Le baron de Breteuil est instruit de tous les liens qui unissent le Roi au roi des Dcux-Sicïles son neveu. Toutes les puissances qui précédemment n'avoient vu qu'avec des yeux jaloux les couronnes de Franco et d'Espagne portées par des Princes de la mémo Maison, ont bientôt reconnu l'illusion de l'ombrage qu'elles avoient prématurément conçu à cet égard. Les évéo^ ments les ont détrompées et n'ont pas tardé aies convaincre '|ue le système politique des deux monarques n'avoit rien qui Jût les alarmer. Elles ont même concouru ensuite h assurer le IrAne des Deux-Siciles et un établissement en Italie h doux Princes de la Maison de France,

Le Pacte de Famille conclu entre le Roi et lo Roi Calb(>-

1. N4 «n I7il3, mort en 1807. I^ oolomel hiaoa de Drebtnil &Tkit àté <Uji duriC* (tei&Sures du Roi à Cologne, on Riiitfini^i'i il atul remplace le marquis de IBopiUn (■ SoMc (I7r>3) et, en dai-nier lieti, & la Uaye.

1 ^A. dtt Aff. Ètr. Naple». XCIV.

PACTE DE FAUILLE

Ilqtie. avoU paru d'abord donner quelque inquiétude h l'Angleterre; mais, plus instruite ou (I6sahuséû do fausses prélen- Lions, U est & présumer qu'elle n'a reconnu dans ec Lrailé qu'une alliance naturelle, dont les stipulations dévoient paroUrc d'autant moins dangereuses dan^ leurs cons^squencos, qu'elles n'ont qu'un objet purement défcnsif des domaines dont les deux couronnes sont en possession,

Od joint ici uno copie du Pacte de Famille pour l'informalion particulière de l'Ambassadeur du Roi.

L'intention de Sa Majesté est que le baron de Hrctcuil se rende incessamment à sa destination. Son premier soin, dès qu'il sera rendu h Naples, sera de faire demander au Ministre et Secrùtoire d'Etat chargé du département des aCTaires étronîs l'heure à laquelle il pourra le voir, et il lui marquera lo

iirlo plus empressé de faire sa cour à Leurs Majestés Siciliennes et de leur présenter les lettres ci-jointes du Roi, dont le baron de Bretcuil remettra des copies à ce ministère.

L'Ambassadeur du Hoi, dans la première audience qu'il aura du roi des Deux-Siciles, ne doit point craindre d'employer des termes trop forU pour exprimer à ce Prince les sentiments do tendre amitié que Sa Majesté a pour lui; il doit lui peindre avec la même force l'inlérèt vif et sincère qu'ËUe prend h sa gloire et h la prospérilé de son règne. Les liens du sang, l'inclinatioD et l'aLtachcment dictent ces sentiments au co^ur du Roi. Le baron do Dreteuil, dans le cours de son ambassade, proRlora de toutes les occasions naturelles qui se présenteront d'en renouveler les assurances à. Sa Majesté Sicilienne.

Ce jeune Prince a déjà donné quelques preuves de son application au gouvernement, mais les exercices militaires pour lesquels il montre un goût décidé, font présumer en lui une inclination particulière pour celte partie do l'administration : au reste le marquis de Tanucci parait jusqu'à présent avoir la principale et, pour ainsi dire, Tunique influence dans les résolutions du roi des Deux-Siciles, et c'est sur ses relations que le roi d'Espagne donne ses décisions sur les affaires importantes do ce royaume. Le baron do Itreteuil ne sera donc pas encoro (tans lo cas d'entrer dans beaucoup de détails avec Sa Majesté

LE BARON DE BRETEtJIL, 177».

sur les aflaires générales et politiques. C'est principalemeat avec le marquis de Tanucci qu'il aura à suivre les négocialions qui lui seront confiées, et & exécuter les ordres du Roi. Mais h principale application do l'ambassadeur de Sa Majesté doit èln de cherciier tous les moyens de plaire au jeune prince, de loi rendre sa personne et ^ société agréables, et de mériter sa con* fiance.

La principale influence du marquis de Tanucci dans les affaires a souvent excité la jalousie des autres membres qui ont part à l'administration.

Le baron de Brcteuil doit éviter avec grand soin d'entrer dans aucune des cabales qui peuvent exister, ou auxquelles peut donnernaissanco la situation actuelle des choses à Naples; il doit observer tout avec un œil éclairé, mais se tenir à cet égard dans les bornes d'une conduite absolument et constamment passive, afin de pouvoir, sur toutes les notions qall | acquerra, rendre un compte exact, à l'abri de toute prévention et do partialité.

Le marquis de Tanucci, autrefois destiné au barreau et qui a été professeur en droit dons l'université de Pise, doit son élévation au bonheur qu'il a ou de se concilier t'estime et la cûtifiauco do Sa Majesté Catbolîquo. D a do l'esprit et dos coo^oi^ sances, mais il a porté dans l'administration des alTaircs politiques les subtilités, les détours et la diicane de la procédure. Toute sa conduite ne l'a présenté jusqu'à présent à la Fraaca que comme un homme peu favorablement disposé pour les intérêts de cette couronne, et nous n'avons été que trop fondés à concevoir de lui cette opinion, principalement dans les affaires relatives au commerce et à la navigation des sujets du Kot. 11 a surtout manifesté sa mauvaise volonté dans les subterfuges qu'il a employés pour éluder le paiement des blés qui, dans le temps d'une disette pressante, furent fournis à la ville do Naplcs par quelques-uns des négociants de Marseille. Le jugcsucot en leur faveur vient d'être rendu k Madrid. Ils ont obtenu toute la justice qu'ils dévoient se promettre de la bonté de leur cause. On doit croire qu'un jugement aussi équitable n'éprouvera point do difficultés dans son «xécution, et cette opinion paroU

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