AFFAIRE DBS NÉGOCIANTS DE MARSEILLE
autant plus fondée qu'il n'est pas vrai9embla.ble que le roi d'Espagne souiïre qu'une décision, appuyée de son autorité, reste Tainc et illusoire '.
Au reste, le baron de Brett^uil évitera jusqu'à nouvel ordre d'entrer avec le marquis de Tanucci dans une discussion suivie sur les affaires relatives au commerce d«s sujets du Roi; il se bornera, s'il lui en parle, à lui répondre qu'il a appris avec la plus grande satisfaction qu'il n'en subsistoit aucune de cette naluro qui fût capable d'altérer la parfaite intelligence qui subsiste cotre les deux cours, et qu'au reste les sentiments et les procédés réciproques entre eux ne tirderoient pas vraisemblablement & établir une confiance qui les mcttroit à portée de travailler mutuellement et de concert à perfectionner une liaison si naturelle et une correspondance si convenable et si nécessaire.
Legrand àgedumarquisdoTanucci avoil donné lieu de penser qu'il s etoit occupé pondant un temps du projet do se retirer des affaires et de l'administration'; mois soit par principe de reconnoîssanco pour les marques de bonté cl de conOance dont •OD maître l'iionora, soit par une suite do son attachement à sa
i, iMaieara Dogmftfltit C**, Trial Pabrc cl C**, Decunps frères et Frai»*!,
k MorwUla, «rùonl rnornï sa consul de N^les àta» c«U« *iUo une pro-
dfl blés pour une somme da 700000 Urrcs. Lo cciiuul laor avait sùoscrit dos
hUrm da ctun^c lar Tordro du mïrqnls ()« Taoncci, U cour do Naplos refut les bl^s
cl rcnroja Ion tottru suu piiatnenl. Lta n^gocianu demand&rftnt &Ion la. pro-
lecUon da miniftto) frinfui qai sùiit U janu da commerce k Madrid. L'alÈùro
Iratok en looguoor. Duu ans adruM au ministre dos affaires étrangèros, dat^o du
d'aoftt 1771, lus né^ociinU de HjvieUlo écrivent quo • do trois musoos, l»9
Du^niAs et C, qui 4toi«nl lrft»-ricbvs, furent los seals k ne pu succomber
cette î^iaslico. Les deui autres pcrdirout lous loors biens, ceux de leurs cnSan-
■ e lws . leur tttal c; leur honneur. Voicy, c/mliuuonl le» signataire» de l'adresse, voicy,
■ lioiu'igncur, sciit Minées écoulées; nous avons emprunta pour fournir k 43 000 • livrai do frais ; mais aujnnnlliui nous ne trouvons ptos de pi^taurs, et celte ftfTiiirQ
■ ovl Canne un million STec Tint^r^l e»t perdue pour des négociants, des svgets du s Roy* pur cottStiquent pour rËt&t, parce que l'on ne peut pas lutter contre nna
«ilû ausal psiuanto que Naplea en frais que la chicane peut susciter >. — Lo t jninl7TI,N. Prusse Servi^rc. char^ do lapouniDile du pn>cïs, écrivait de Madrid : Nous mourons ezacUiment de faim depuis pltL^icors jours, au point que nous en L lombon» malades, et que ma femme, qui est très- indisposée, en mourra pent-^tro... n mC dix bfarei du lotr. Je u'ai rien pour souper, et pas lo sol pour enTO^er dwnttn cherdier dn pain. ■ Le 1S février 1773, la junto générale du commerce et • 1b Bonnala ds Madrid rendit enfin son jugement ; U était favorable aux négociante ■ HandOe.
t. On trtmve en effet des traces de ce projet dans diverses lettres du cIiargA 'ftAdru B^rengor et do vicoint« do Choiseul (Cf. S'apUt, XCIT.)
LE BARON DE BRBTBUIL, ITli,
propre considération , îl parut absolument abandonner projet di: retroiLe. Cependant il est assez naturel de la rc comme ne pouvant pas dtro fort éloi^ée, et le baron de Breteuil doit avoir l'œil attentif sur les sujets qui lui poroisseol avoir les espérances les plus vraisemblables de succéder ai marquis de Tanucci, et l'ambassadeur du Roi se mettra en étatde donner de leurs talents, de leur caractère, de leurs principes el de leurs inclinations, les connaissances les plus propres à fiier sur leur compte l'opinion du Roi et celle de son Ministre.
Les affaires do Parme sous le ponlificut du dernier Pape' donnèrent lieu, ainsi que le baron de Bretcuil en est iastruit à l'occupation de Iténévenl et de Ponte-Corvo par la cour Je Naples : le m^me motif détermina le Roi a s'emparer d'Avignoe et du Comtal-Venaissin. Le Nonce de Sa Sainteté présenta l'année dernière plusieurs mémoires pour demander, au numile sa cour, la restitution d'Avignon : ces mémoires forent corn* muniqués à la cour d'Espagne, afm d'être instruit sur cet ebjel des dispositions de Sa Majesté catholique, le Roi voulant (Iau cette alTairo n'agir que dans un parfait concert avec le Roi bod cousin. La cour de Madrid, dont le désir et le projet étoient de traiter amiablement avec la cour de Rome, afin do l'enga^ i accepter un juste dédommagement en argent pour la cessioo de Béuéventet de Ponte-Corvo, s'est montrée peu disposée à consentir à cotte restitution. Elle a pensé qu'il falloit au moins procéder dans cette négociation avec une lenteur qui fit cooQoitnt au Pape que le succès de ses désirs dépendoil principalement de son exactitude à effectuer l'engagement que Sa Sainteté elfemérae avoit pris par rapport à l'affaire des jésuites. Enfin le ministre d'Espagne fit connoltre que l'opinion de Sa Majesté catholique sur cette afTairoétoitquc, l'injure grave faite à Ilnhnt
1. Lo duc de Parme, comme les rois de Franco, d'Bqn^a et de Portopl*
exfolBtJ Io9 Ji5suitc9 de ton temUtire (1768). Il prctcaditmtaie imposer lesi tiques do son duclié et vbligcr le pupc, qui <iUût d'uUleura 600 «uTcnvin, h nti < tjfx'K Am iiiilîgéiies )o9 béurilicos qui deviendraient Tacsnbi. CIi>i]i'>iil XIU l'*,^*''^ eECominuaiii, Ferdinand oui sur-Ic-cli&mp I'»iiput de Choiseul et do Tânncb 4" Busirent Arignon, Bénéviiiit oi Puiite-Corro. A l.i mort do Clément XIII (IIW). *f> ntccfi>»ear CUment XIV (Laurant Oanganelli) fluapendit l'eicommunication; il ^ mime par cédt^T iux instances des princes r^formatears et par procUaVi le 31 juUlet 1773, la deslrucUon do Tordro des Jésuites.
SUCCESSION DES DEUX-SICILES 4tl
de Parmo étant restée sans satisfaction, il étoit ni^cessairc de traiter do ccUo qui est due à ce Prince avant ou au moins en même temps qu'on négocieroit sur la restitution des territoires envahis par représailles.
D'après cet exposé, s'il arrivoit qu'on Ht au baron de RrctcuU quelque ouverture relativement à celte aifairc, il doit se borner h répondre qu'il n'a nulle instruction pour régler son langage à cet égard, mais qu'il ne peut douter de l'intention ferme et constante où le Roi est do diriger et de concentrer toutes ses démarches et toutes ses vues dans une entière confiance et dans uu parfait accord avec Leurs Majestés Catholique et Sicilienne.
Au surplus il n'y a actuellement aucun objet de négociation h recommander aux soins et au zèle du baron do Drctcuil, relativement aux afl'aires géncralrs ^^e Roi a garanti de la manière la plus précise et par des ^pnrancos réitérées données de sa propre main la succession au Irdno dos Deux-Sicîles telle que le Roi d'Espagne l'a établie et publiquement déclarée et nolifiée ù. touto l'Europe avant que de quitter l'Italie pour se rendre à Madrid. La cour de Vienne s'est chargée de la mfimo garantie par un traité conclu en 115U avec Sa Majesté catholique ; et le roi des Deux-Siciles n'a quant A présent et n'aura vraisemblablement dans la suite rien à craindre pour la tranquillité et la sûreté de ses possessions ; mais si des événomonts imprévus mcttoicnt ce Prince dans lo cas d'avoir besoin de secours, il pourroit compter sur ceux du Roi et du Roi catholique qui se concerloroient alors sur les moyens les plus efficaces de les lui fournir. Indépendamment de l'amitié tendre et inviolable qui unira toujours ces trois souverains, le Pacte de Famille, aussitôt que Sa Majesté Sicilienne y aura accédé, lui assurera de la part de Sa Majesté toute l'assistance néooBsaire et qui aura été réciproquement stipulée.
On aTuit présumé que l'on attendoit à Naples la majorité du roi des Doux-SicUes pour procédera son accession au Pacte de Famille. Le Roi et le roi d'Espagne avoicnt fait expédier les pleins pouvoirs nécessaires pour terminer cette accession, mais on no peut attribuer qu'aux observations faites par le marquis
Tanuuci la suspension des conférences qui avoîenl été enta-
mécs sur cot objet. Au reste Sa Majesté attendra sans imj tiencc que la cour de Naples sente l'intérêt qu'elle peut aToir remettre cette affaire en activité.
Les prédécesseurs du baron de Bretcuil dons l'ambassade do Roi & Naples ont successivement été chargés do Irarailler à la rédaction d'un traité de commerce entre la France et le Royaume des Dcux-Siciles. Le baron de Bretcuii trouvera dans les papiers do la secrétaireric de l'ambassade tous les détails qui poorront l'instruire de ce qui a été fait sur cet objet. Le succès de cetto négociation n*a pas répondu h noire attente, cl les choses soqI restées indécises à cet égard. Cependant les François ont continué à jouir dans tous les ports des Deux-Siciles de tous les avantages de navigation et de commerce dont ils étoieat possession et qui sont accordés aux nations les plus faroris^'l
Si cependant le baron de Bi*eteuil se trouvent dans une constance qui lui parût favorable pour faire revivre celle oégt dation, sur l'avis qu'il en donnera, les pleins pouvoirs dont il auroît besoin pour traiter et conclure cette affaire lui seroieol adressées sans délai.
S'ilarrivoit, comme il est possible, qu'on su&cilàl h Naplc& aux sujetâ du Roi quelques tracasseries dans l'exercice et sûreté de leur commerce, l'ambassadeur du Roi leur doil douto accorder la protection de Sa Majesté cl l'appui de sott* propre crédit ; mais il doit, avant d'en faire usage, avoir une attention extrême à se procurer tous les éclaircissements po»* sibles et les notions les plus sûres pour constater le fondement qu'il peut y avoir dans ce qui fait le sujet de leurs plaintes, cl lorsqu'il se sera procuré une connoissancc bien précise sur l'exactitude et la vérité des faits, il ne doit faire aucune représentation en faveur de nos n^ocîants que sur le ton de riuuilié et delà modération, et éviter avec le plus grand soin tout ce qui pourroit avoir l'air ou l'apparence d'aigreur ou d'un raaû*iOfi de confiance dans les principes et l'équité qui doivent faire la base des sentiments et des décisions de deux cours aussi élroi* toment unies.
Le baron de Breteuil aura dans la correspondance qui U été communiquée les dilTérenls tableaux qui ont été doQi