AFFAIRE DE CASTRO
il tous les grands inconvénienls qui pourroient arriver de l'in- IttsUce qu'on lui feroit; que Sa Majesté pour témoig^ner encore nar une démonstration plus publique la part qu'elle prenoit à tel intérêt dudit Duc envoya à Rome le sieur Milel eipressépient pour cette seule alTaire et sans autre charg'G que de le solliciter vivement; que ledit Hilet après plusieurs poursuites, ftyant Hé obligé de revenir sans avoir obtenu aucune satisfaction, tout ce que Sa Majesté put faire de plus avantageux et de nlus glorieux audit Duc fut de prendre soin, en concluant la bÙJt, d'y faire insérer uo article qui a engagé le Roi Catholique fcvec Elle à lui procurer cette satisfaction et qui est d'ailleurs tODcIu eu tels termes que le monde a assez pu connaître que la première et la seconde Couronne de la chrétienté sont également persuadées de la violence injuste que la Cour de Rome fait audit Duc, que depuis la conclusion de la paix, Sa Majesté considérant que le terme de huit années étoit sur le point d'ex- |)ircr, dépêcha encore exprès à Rome le président Colbert pour obtenir une prolongation dudit terme et empêcher le Pape de passer outre ik l'acte de l'incamération, mais Sa Sainteté n'ayant point eu d'égard aux instances dudit président, le Roi en écrivit aussitôt une lettre au Pape en termes de si grand resscutimeut comme ledit sieur Duc l'aura vu, que Sa Sainteté ou demeura cxtraordinaireroent piquée.
Que depuis cela, tous les ministres de Sa Majesté qui l'ont servi à Rome, tant M. le Cardinal Antoine cl le sieur d'Au< l>eviUe que le sieur duc de Gréqui, ont eu des ordres fort exprès de presser incessamment la satisfaction dudit sieur Duc et de bien concerter avec les ministres du Roi Catholique * les instances qu'ils auront à faire et les termes dont ils useront afin que les oftices eussent encore plus d'efGcacité auprès de Sa Sainteté, étant passés conjointement par l'un et l'autre Roi.
Que ledit sieur duc de Créqui mandoit au Roi par une de ses dépêches du mois passé que rien ne l'avoit retenu de parler làdessus au Pape avec la fermeté et la vigueur qui lui étoienl ordonnées par son instruction. Que les miaislres dudit sieur Duc
1. I%mpp« rV, dontlaflllo Uario-Tliér«jfl aT&It épotu6 Louis XIV (1699}. ■■ectit ou narmcT. dvloiut. x. — 10.
LE SIEUR D'AUDEVII.tG. 1603.
qui avoient oax-mêmes niod<^râ son ardeur pour allcndre de nouvelles informations de l'aCTairc ol quelques nouveaux ordres plus pressants aux minisires d'Espagne; qu'ils se promeltoieol de rovonir bieoldl de Madrid; que dans celle disposition des choscSf est arrivé à Rome le 30* d'août le plus grand outn^ que Sa Majesté pouvoit recevoir, qui no lui donne pas s Ik vérit4^ plus de désir ou de passion qu'Ello en a toujours ea de procurer la satisfaction dudit sieur Duc touchanl les alTaires de Castro^ mais qui lui fournit aujourd'hui nn prétexte bica pitis plausible dans le monde d'embrasser toutes sortes de moyeus pour appuyer le bon droit sieur dudit Duc sans que les Priocu d'Italie qui appréhendent toujours d'y voir nallre un doutou feu et qui ont ci-devant témoigné par leur conduite qu'ils M croyoîcnt pas que le seul intérêt de Castro le dût allumer, ne puissent maintenant trouver que fort justes toutes les résolu* lions que Sa Majesté et ledit sieur Duc jugeront k projMs de prendre conjointement pour se faire foire raisoa^ k quelque extrémité qu'elles puissent se porter, pourvu qu'on conserve toujours, comme c'est l'intention du Roi. le respect et la vél^H ration qui est due au Saint-Siège. ^^
Qu'en même temps que Sa Majesté a chargé le sieur d'Aabeville d'assurer ledit sieur Duc qu'Ëlle est eu toute la disposition qu'il peut souhaiter lui-même de l'appuyer vigoureusement et do lui fournir les moyens qui lui seront néc-essaires pour se remettre dans la possessiou de l'Etat qu'on lui a usurp^< Elle l'a aussi chargé de savoir les sentiments dudit sieur Duc et ses résolutions et avis, d'apprendre de sa propre bouche s'il i le dessein de no manquer pas à soi-même en celte occasion, et si aucune considération ne l'empêchera de se déclarer onvertcment contre la cour de Rome, à l'exemple du duc Odoard. son père, qui on acquit tout de gloire^ dans la oontiance qu'il peut prendre que Sa Majesté l'assistera puissamment de loul ce dont il pourra avoir besoin pour faire cesser roppreasiOD qu'il aouiïre.
Que, quand Sa dite Majesté aura do lui cette parole. Elle s'appliquera aussitôt incessamment aux moyens de le mettre ta état do réduire les parents de Sa Sainteté h lui faire rendre soD
HOYEN'S D'AGIR SUR lE PKPV.
bien, en quoi il doit considdrer, s'il laisse échapper une coniJoDcture si favorable, il ne lui restera guère d'autre espérance d'y pouvoir jamais renirer.
Que Sa Maji^slé attendra sa réponfwï avec beaucoup d'impatiencc pour prendre arec fondement sa résolution ou de l'assister puissamment, s'il veul se relever et agir, ou de songer à d'autres moyens, qui ne lui manqueront pas, de se faire faire Uraison ello-môme, en son particulier de Voulroge qu'elle a 'reçu h Home.
Ledit sieur d'Aulicviflo dira ensuite que Sa Majesté, cherchant autant qu'elle peut les moyens do do pas commettre leit sieur Duc que dans lo cas d'une dernière et absolue nécesilé, a pensé à un expédient Lien facile à pratiquer par le oyen duquel, si ledit sieur Duc y veut porter le Uoi Calboqnii, on lui ferait rendre sArement l'Etat de Castro et on même .emps lo vallon de Comacchio à M. le Duc de Modéno, sans même qu'on fût obligé d'employer pour cela les armes ni de faire rien souffrir aux sujets de l'Etat ecclésiastique qui non leulement sont bien innocents dos fautes des parents des l^apes, mais qui les délestent.
Cet expédient seroît que par un concert pris ensemble, le
Roi et le Roi Catholique se saisissent à un môme jour dont on
leroit convenu, l'un de la ville d'Avignon et de tout le Comlat
Venaisflin , et l'aulro de Bcnévcnt qui est une portion do
Royaume de Naplcs, déclarant qu'ils seront toujours prêts à
rendre l'un et l'autre quand la Chambre AposthoHque voudra
restituer Castro et Comacchio auxdils sieurs Ducs.
Par cet expédient, sans effusion de sang ni aucun meuve-
ont de guerre ni autre changement do l'Etat ecclésiastique,
*un et l'autre Uoi obtiendroicnt bien sAremcot l'cfTet qu'ils se
ont proposés dans le traité des Pyrénées, qui les y a mêmes
ngagés d'honneur '.
Le sieur Duc doit savoir que ce ne sera pas à Madrid une roposition nouvelle et que le Roi, qui songe bien plus à oblises amis qu'à le leur dire et lo leur faire valoir, avoit, il y