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S. Le gnnd-duc de Toscane, Ferdinand U de Médicâ.
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LE SIEUR D'AUBEVILLE, lOfiâ.
g«ger dans udc graodo aflaire et y demeurer avec Tennc-I
Les deux Duchesses, femme * et mèro ' da Duc, ne démente pas la naissance qu'elles onl eue eu deux maisons qoi se' s'aiment pas à cause de la compétence. Car elles vivent M une réelle anlipalliie, si désunies en toutes choses, qu'elles i trouvent toujours d'un scntimenL opposé. La Jeune dncbessfl tout le cœur et ta disposition, si elle était crue, pour pori crIIc aiïairc glorieusement et aux exIrémiLéa qa'i! sera besoîi pour en sortir avec honneur et avantage. Mais la mère, qiielijuc zâlc qu'elle fasse paraître pour les inléréis de son fiU, fait profession de dépendre et dépend en cCTct absolument du conseil | de la volonté du Grand-Duc, son frère, qui n'est peut-être trop marri nonobstant la proximité de sang que la maison Parme, qui s'est voulu étendre sous le feu Duc jusqu'à conc rîr avec lui, demeure humiliée et abaîsséer par la perte Castro.
Dos deux ministres du Duc à qui il se remet du soin de alTairos, l'un est milanais et fort âgé, l'autre est aussi fort vieux et a peu d'expérience, et tous deux ne songent qu'à conserver doucement leur autorité, vivre en repos el éviter tout ce qui leur peut doimer de nouvelles aflfaires, ne se senlantpu de force pour les soutenir.
Les choses étant en cet état \h dans ladite cour, il est ï\ h craindre (juo quand mAme le Duc par ses propres sentiments et cchaulTé par les instigations do la Duchesse sa femme, disposé à prendre en cette rencontre une généreuse ré^otutic la Duchesse sa mère, soit parla contrariété d'humeur avec belle-GlIe, soit par les conseils du Grund-Duc ne l'en dôtoun et que son avis ne soit appuyé par celui des deux miuislrespour la raison qu'on vient de traiter.
Voire il est encore à appréhender que, quand on aura pouis^ le Duc à agir, ces trois personnes ne lui inspirent soudain une coniuite qui détruira tout le bon eQol qu'il s'en pourroit pro*
1. Mnrgucrito-Tol&ndfl Savoie, timur da Hoc régnant, CbAH«&-Eoiiiuuiutl H, l Ranuc« U Fiim*s« lïmtt i4>ou»rfe le 29 arril I6II0.
2. U&ri^eriM d« MMicu, QIIq de Como [I. gruid-duc do To*ciin«, qn» l« 1 d« Kanucc, Odoard, Avatl épooséft U 11 octobre iVX,
COUn DE MUDENE
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mctiro, et qu'ils ne Tobligent h faire entendre secrètement à la cour ilo Kome que le Uoi l'y a entraîné comme par force, que ce n'étoit point son génie ni son désir, mais seulement d'attendre U grâce do Sa Sainteté avec respect.
Ce a' est pas saus grande raison que Sa Majesté a ce soupçon lA, c&r la m^mc chose lut est tWyà arrivée lorsqu'elle envoya pour SOS intérêts le sieur Milel à Rome où plus il presaoil son affaire par des instances et par des protestations des maux qui pourroicnt arriver de l'injustice qu'on lui vouloit faire, plus lo conseil dudit Duc prenoil soin en même temps de le disculper secrètement auprès du Pape et, do crainte de désobliger Sa Sainteté, désavouoit tout ce que faisoit ledit Milet pour son avantage et le qualifiait m^me du nom d'emportement.
Il sera bon que ledit sieur d'Aubcvillo s'ouvre conÛdcmment h. madame la duchesse de Parme la jeune de toutes ces particularités, afin qu'elle voie s'il y a quelque moyen de rectifier tellement la conduite de ces trois autres esprits qu'un pareil inconvuuient nu suit plus h craindre, et lui fera mémo connol- Iro que ce soupçon rend lo Roi' plus réservé à entreprendre hautement l'atTairo du Duc, qui a assez vu quelle est à son égani l'intention de la cour de Rome pournu pas se flatter, s'il uc veut se tromper lui-mCmc, de devoir ri<.'n attendre de sa bonne volonté ni par les voies de déf«^rence et de respect.
L'inlenliou de Sa Majesté est que ledit sieur d'Auboville passe aussi à. Modène pour donner part à la' duchesse Régente do l'outrage qui lui a été fait i!i Rome et' pour l'assurer que Sa Majesté a dessein de s'en prévaloir pour Ittcher de nécessiter la Cliamhre Apostolique à, restituer au Duc, son fils, les vallées do Comacchio qu'elle lui détient avec injustice depuis tant d'années. Pour cet effet Sa Majesté a fait remettre en main audit sieur d'Aubcviile une lettre de créance scellée, écrite de sa maiUf & madume lu Duchesse, sa mère. Mais comme il se pourroit foire que M. le cardinal d'Esté' pour des raisons do
I. Renaud, fils dii doc AJphon«« III d'Eflic, né en 1618, rt'cai du roi de Fnn« r*W«chè de Moiitiwtlicr. Promo au cirdinalal par Urbain VUI en 1611, jrt^quo d« Mod^i! PU 1951, il fui sp*d»li;mpnt charjré. t>a 165V, du 8ouï«nir le» int^riils françiib nu cvadavfl <iui dwaîl iiuniuKT un sutccisscui' i ïruiotM'iil X, C'o?t l't'ljjct do
LE SIEUR D'AUBEVILLB, IMS.
t'inférét de sa maison^ à cau»o du bas âge du Duc. son petit neveu, aouhaiUt plutôt que Sa Majesté^ en cette conjonctar t g d'afTaire, s'abstint de faire cette démons tration publique, et i^H cootentAt de faire parler à M. le duc de Parrae sans faii* pas-^n ser ledit sieur d'Auhevillo à Modène, dès qu1l sera arrivé sur les lieux, il écrira audit Prince Cardinal pour apprendre $<>» seatimonts sur ce voyage de Modène; et lui fera savoir t\Q."û a ordre de se conduire en cela pour y aller ou n'y aller pas suivant ce que ledit Prince Cardinal voudra lui prescrire el le jugera plus convenable atix intérêts de sa oaaison.
Dès que ledit sieur d'Aubeville aura reçu réponse précise de M. le duc de Parme, il le fora savoir en diligence à Sa Uaj^slc el se pourroit servir pour cela de l'occasion du courrier qoc ledit Prince duc vraiserablublement aura voulu dépêcher en Espagne, lequel laissera à Lyon, en passant, au sieur Dulieu, maître du courrier, le paquet dudit sieur d'Aubeville, après quoi, attendant la réponse d'Espugnc et les ordres du Roi. il devra faire une course en Toscane pour y voir le sieur dac de Créqui, auquel il montrera ce mémoire et lui fera savoir en quel état il aura laissé les choses à Parme.
Si pendant le séjour qu'il fera auprès dudit sieur Dnc, le Pape, qui ne manque pas d'être aussitôt informé de son nnirk en ces contrées-là. le conviait d'aller à Rome, témoignant d^ rerde lui parler, Sa Majesté lui permet d'y aller, si M. le Cirdinal d'Est et ledit sieur Duc se trouvant encore ensemble, l'estiment h propos, ou ledil sieur duc seulement, sî ledit cardinal éloil passé à Modène. ^ais, en ce cas-là, il se conlenttra d'écouter les propositions qui lui pourroient être faites pour la satisfaction du Roi, sans s'avancer à autre chose qu'à prft* mettre qu'il en rendra compte audit sieur duc, Sa Majesté lui permettant seulement de répliquer ce qu'il jugera à proposai discours que Sa Sainteté lui pourra tenir pour sa justificalion* lui faisant connoUre, suivant les instructions qu'il en wn eus dudil aieur duc, que jamais Prince ou Roi, inférieur loi^oïc
r^iiinilrn publi(« p«r M. HAiroTAirx. {Reeueit..., Home, I. p. 4 «t wir) wiilÉll dlSilo exerça U régencfi pendant U miboril^ du doc d* UoilAo*,