PASSAGE DES TROUPES FRANÇAISES
l aussi pour le bien do ses aflaircs, de faire passer ledit I trois mille hommes, et que comme rÉlat de M. le riuc de Modènc est plus proche du danger continoiit avec le Botonnois et le FeiTarios ', il sera besoin d'y avoir plus de troupes que dans le sien, cL qu'elle croit pour cette raison qu'il faudra mcUro dans le Mod6nois deux mille hommes de pied et deux cents chevaux, avec ordre pourtant de se joindre et d'accourir où la nécessité le requerra.
Ledit sieur d'Aubeville assurera ledit Prince duc que le logeaient do ces troupes non seulement ne set-a d'aucune fturchar^ à ses sujets, mais leur apportera plul(^t quelques avantages pour lo débit et le payement des ilenrécs. Sa Majesté fusant état de les faire payer ponctuellement comme si elles étoicnt dans son propre Royaume.
Après que ledit sieur d'Aubeville aura vu la réponse dudit sieur Duc sur le consentement que Sa Majesté no doute pas qu'il ne donne avec joie à tout ce qu'elle désire de lui en cette rencontre, puisque ce n'est que pour son propre bien, ledit sieur d'Aubeville passera aussitôt à Modèno pour faire entendre la mt^me chose à Madame la duchesse de Modëne et à Monseigneur le cardinal d'Ksi, avec lequel il n'y aura aucune négociation à faire là-dessus, puisque le sieur duc do Créqui, ayant, dans lo temps qu'il étoilà Lyon, écrit par avance audit cardinal que lo Roi pourroit bien prendre la résolution do faire pauerdans l'Etat de son neveu, il lui répondit que la duchesse, sa nii'Ce, s'en remcttoil entièrement ù ce que Sa Majesté eslimeroit à propos et qu'elle accompliroit de sa part avec plaisir tout ce qu'elle connallroît être de sa volonté, de sorte qu'il n'y aura maintenant qu'à le lui faire savoir et lui dire la raison pour laquelle Sa Majesté a cru nécessaire de loger plus de troupes dans son Etat que dans celui de Parme.
On attendra à faire passer les trou|kes, que l'on ait la réponse dudit sieur d'Aubeville & cette dépêche, que Sa Majesté lui recommande de faire au plustùt et n'y perdre pas un moment.
Sa Majesté présuppose que M. le duc de l'arme, ayant vu
|. Bolopia fil Femra (iuieiit mui U doraiiUiUoii da Salai-Sltfc.
leo LE SIEUR D'AUBEVILLE, 1663.
même avec quelle chaleur elle prend ses ÎDtérèU, puisqu'il est certain qu'Ëlle étoit satisfaite sur les siens et n'a rompu raccommodement que sur le seul point de Castro, il y correspondra de sa part en faisant en cette rencontre et dans la suite en toute autre, tout ce que Sa Majesté désire et pourra désirer de lui & l'avenir. Si néanmoins contre Topinion qu'Elle en a, il arrivoit que ledit sieur Duc fît des difficultés au passa^ et logement de ce petit corps de troupes dans ses Ëtats et à donner son consentement, comme en cela il ne s'agit pas seulement de la sécurité dudit sieur Duc, mais que Thonneur de Sa Majesté se trouve intéressé, après toutes les choses qui viennent de se passer, qu'il ne lui arrive aucun inconvénient, en ce cas-là Sa Majesté veut que ledit sieur d'Aubeville, pour le porter à ce qu'EIle souhaite, lui fasse s'iï en est besoin, comprendre que ne déférant pas en cette occurrence aux conseils que Sa Majesté lui donne pour son propre bien, cette conduite pourra obliger Sa dite Majesté à prendre d'autres mesures et à ne différer plus pour rintérêt dudit Duc un accommodement où on lui a déjà offert tout ce qu'Ëlle auroit désiré pour les siens particuliers. Ledit sieur d'Aubeville fera seulement connoltre audit sieur Duc en ce cas, que si Sa Majesté prenoit cette résolution, ce ne seroil pas par aucun ressentiment qu'elle eût contre lui, mais par la seule raison de ne laisser pas sa réputation exposée à souffrir quelque tache, comme il arriveroit si, pendant qu'Ëlle prend hautement les intérêts dudit duc, les Chigi envoyoient lui faire quelque
Fait à Paris, le 21 juillet 1663.
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