‹ Naples et ParmeChapitre 189 sur 235 · LE SIEUR DE LOZILIËRB · texte numérisé non relu

LE SIEUR DE LOZILIËRB

bionldt aussi A l'égard de Leurs Majestés catholiques. Car, quel que soit le premier essor de leur châtia, elles ne j^euvenl tarder longtemps h reconnolLre qu'elles doiveut céder à la raison et au véritable intérêt des deux monarchies, et, par conséquent, à M tenir obligées au duc de Parme qui leur aura donné du avis convenables ù l'une el à Taulrc. Quoi qu'il en soit, le priacipal objet de la commission conQèe au sieur de Lozilière ut d'engager lo duc de Parme à donner au Roi et à la rciac d'Espagne de semblables conseils; mais il sera de son habileté et de son adresse d'y amener ce Prince, sons qu'il paroisse que ce soit une demande que le Roi lui fait faire ; et il s'étudiera à faire en sorte que sa mission semble un cETet de la bienveillaou du Roi, et nullement une recherche de l'intervention du doc de Parme pour modérer le ressentiment de la cour de Madrid. Quand il se sera acquitté de ce dont il est chargé à l'égard de ce Prince, il demandera d'avoir l'honneur de voir aussi U duchesse de Parme', à qui il parlera dans le m^me sens à tous égards. Il n'est point prescrit do terme au séjour que le aieor de Lo/ilière fera à la cour de Parme, mais il np doit pas être porté au delà de six ou sept jours, et rien ne semble devoir ïj retenir (qu'une réquisition formelle que lui en ferait le duc àe Parme) dès qu'il aura rempli ce qui lui est marqué par cf mémoire. Il reviendra ensuite à Turin, d'où il rendra complc de ce qu'il aura fait, cl continuera d'y séjourner aussi longlcrops que le désirera le comte de CarjiCis, à qui il ne cachera rien de en qui se sera passé dans son voyage h la cour do Parme.

Fût & VersûUes, le 13 man 1733.

1, Citait, ciMiimnon Ta TU plnsliaiii, Sopbi»-Don>iJi««, men* 'l'ÈliaabMÏ Ftarifb

LE COMTE DK MAl'LEVRIEIÏ

Deax des plus vieilles et plus illustres dynoâU'eâ princifres de la Péninsule, la maison des Farii<'sc et celle des McdiciR, Rllalent s'éleindro presque en méine temps ; les questions successorales de Parme et de Toseane, qui s'encbevûlrenl, vont dominer pcmlauL quelques années la politique italienne. A l'arme. Antoine Karné^^e, Trère du duc l-Vançoi» et le dernier m&le de sa famille, agr>ni!>ait depuis de longs mois, si misérable dès son enfance i{u'oii avait doulô longtemps qu'il pAt prendre la couronne et i[u'il n'entendit, d'un bout à l'autre de son ri'gnc, parler que de su mort : pendant qu'Elisabeth Fani^s'», ti^gitimc héritière du duché, le revendiquait pour son Uls don Carlos, l'Empereur, qui craignait avec raison do voir se refûrme «n Italie un** dynastie bourbonnlenne, prétendait exercer sur le dncbé le droit de suzeraineté, lequel apparlcnaîl depuis longtemps au Pape, et eiiger du futur duc l'hommage féodal. Quant au duc de Toacane, Coame 111. qui avait d'altonl formé le singulier projctdp stipuler par son testament qu'apréâ sa uiort la Ftt'jiuhlique de Florence serait rétablie, il avail fini par vouloir assurer l'héritage de son duché, après l'extinction de la descendance masculine, à la priaccsee Palatine sa tilte. Maiâ les grandes puissances avaient d'autres dessetn.-t. CUaabcth Famèse, sous prétende d'une loial&iac parenté avec lea Hédicis. proposa do donner son fils don Carlos comme su>^cesseiir \ Jean-Gaston, lilsde t^osme III, avec qui Unissait la inniMtn. Le trailô de In quadruple alliance (1718) eiclut en elfet la Palatine, cl promit 1m deux BnccesAÎons. celle de Parme et celle de Toscane, aux enfants ■iil Philippe V et d'Ëlisabelli. L'Empereur K-servait acsdroib de auzoraioetc.

Cependant, h la suite du renvoi de l'infaiitc et du congrès de Cam-

LE COUTE DE MAULEVRI£R, n<D.

brai (1724), un rapprochement avait eu Heu entre ï'Espngnc el l>inpereur Charles VI qui ne demandait pas mieux que d'abandonner la quadruple alliance et se dcll&il des puî^iiances maritîinei. En échange de la reronnaisfiance de la Pragmatique sanction, Phïlijipe V obtint de l'Empereur, par les traités de Vienne (i~25;', la promesse seerèle de l'investitare des duchés de Parme et de Toscane pour l'infant don Carlos, promesse qui fut garantie par le corps germanique; le Jmuk prince devait épouser l'aiDée des tilles de Charles V], rarchtducbeo» Marie-Thérèse.

L'entente ne fut pas de longue durée entre les Habsboarg el la Bourbons d'Espagne. Comme rEmpercurne se pressait pas U'exwnter la promesse relative au mariage, le cardinal FIcury, qui veillait, pa^ vint, au congrès de Soissons (1738), à brouiller les deux aJlirs de Et veille. Ëliiiabeth, qui, depuis la décrcpiLude du roi, ctail deveBiu seule maîtresse du pouvoir, conçut alom des craintes sur la ré&lîsatioi des engagements pris par l'Empereur au sujet du duché de Parme, et préféra h la garantie de l'Autriche celle de l'Angleterre et deU France. Par le traité de SéviMe (avril 1739). le cardinal Fleuryrile cabinet anglais assurèrent, en cfTet, le duché de Parme et ta TostiW h don Carlos ; l'Espagne sV-toil assuré le droit d'occuper les places de ces deux Etats, Livoume, Porto-Ferrajo, Panne el Plaisance, pc six millo hommes de troupes royales.

L'Emperenr se montra tr&s irrité. Il se refusait à laisser les Espagnols prendre position en Italie du vivant des ducs de Parmp el de Florence et appuya de toutes ses forces le mécontentement d« de princes dont on escomptait la fm.

Le duc Antoine mourut au mois de janvier 173i: le? troupes l'Empereur entrèrent aussitiM dans le duch<f de Parme, pendant qM celles du roi d'Espagne pénétraient dans la Toscane^ el les dcoi armées allaient en venir aux mains quand l'Augleterre s'entreiait. s'offrit h reconnaître la Pragmatique, h condition que l'Aulriclie admit <^n Italie tes garnisons espagnoles et acquit en outre l'assurance que l'archiduchesse n'épouserait pas un Bourbon. L'adhésion de l'&paçae et celte de la duchesse de Parme au traité anglo-autrichien furent obtenues sans trop de peine. L'infant don Carlos prit possession des dochiis.

Cet arrangement bMard, qui était conclu d'ailleurs aux dépens dff intérêts français, dura ce que duraient les caprices d'Elisabeth. Cbanvelin, ambassadeur du Hoi h Turin, ménagea une alliance entre l« roi de Sardaipne. Charles-Emmonucl IIl, el l'infant don Carlos qui deviiit être investi du royaume des Deux-Siciles el céder Parme à son frère don Philippe ; l'amhitinn de la Reine tuerait 5ati^fnile ainsi panr i« deux nis. Pour la Sardaigne, on lui offrit le Milanais et le Uantonan; Charles-Emmanuel céderait la Savoie h la France comme compensatioa.

SCCCESSION DES PARNÊSE

Isa

>n Orlos ni rapttjemeat la conquête de $on nouveau royaume ; pendant que les Aulriijhicns et les Fraiico-Sanles se disputaient Parme et Hilan, il entrait à N'aples et se faisait couronner le tH mai 1731. On 9C trouva ainsi, l'annf'e (^'ap^^s, au déinil des conférences do Vienne, en pn^sence de Vtiti possideatis et force fut pour les ambitions et les appétits les plus contradictoires de s'incliner devant les faits accomplis. Les Deux-Siciles furent reconnues à don Carlos, ainsi que les présides de Toscane. Le Milanais fut restitué à l'Autriche, sauf les deux districts de Novare et de Tortone, que reçut Cliarles-Emmanael. La Lorraine, érigée en électoral, était donnée b Stanislas Lcczinski, avec retour à la France. Le duc de Lorraine, François, qui épousa peu après Uarie-Tliérèse et fut couroonti roi des Romains, obtenait le duché de Parme et de Plaisance comme fîef immédiat do l'Empire, en attendant de l'échanger contre le duché de Toscane, h la mort du dernier Uédicis, Jean-Gaston. La vieille affaire de Castro et Rouciglione, dont il ne sera pins désormais question, était réglée au proGt du pape auquel ces territoires étaient abandonnés & perpétuité.

La diplomatie cependant n'avait pas encore épuisé toutes ses combinaisons et les petits Ktats italiens vont encore changer plusieurs fois de propriétaires. Charles VI étant mort, toutes les pui^isances con- Uueulalcs élevèrent des prétentions à sa succession qu'il avait conGéc aux mains de Marie-Thcrèso et la reconnaissance de la Pragmatique, à laquelle l'Empereur avait attaché tant de prix, demeura non avenue. Elisabeth Farnése, qui n'avait consenti qu'à regret à laisser échapper Parme et Plaisance, s'empressa aussitôt de les réclamer pour l'infant don Philippe, pendant que le roi de Sardaifoie cherchait a reconquérir le Hitanais et que la guerre se rallumait ainsi sur tons les points. On en connaît les principaux incidents. Don Philippe, mal soutenu )>ar la Franco et combattu par Charle^-F.tnmannel, qui l'accusait avec roit-on de lui disputer It; Milanais, lit preuve de la dernière incapacité. Les plans formés par d'Argenson pour chasser les Autrichiens d'Italie et pour former une confédération des Etats de In péninsule, ne purent aboutir. Les Franco-Espagnols éprouvèrent ■ous les murs de Plaisance un véritable désastre qui fut suivi d'aulree revers. Letraitéd'Aix-la-ChapeIle,en 1748, milGn à la guerre, et régla, « la succession d'Autriche eu Italie ». Don Curlos garda la Sicile et Naples ; don Philippe obtint Jcs duchés de Parmo et do Plaisance auxquels on ajouta Guostalla, SabionettectBouolo.dont l'Autriche était devenue maîtresse en 1746, par suite de l'extinction de la dynastie des Gonzague. Après In mort de l'infant, pour le cas où il ne laisserait pas d'héritier direct, Parme et Guastalla devaient faire retour k l'Empire, Plaisance » la Sanlaigne. En résumé, le duché rie Parme était reconstitué, les deux infants d'Espagne établis en Italie et

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