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DANS L'HISTOIRE D'ITALIE

Au plu5 haut que l'on remonte lîans Thistoire de la péninsule italienne, raclion politique et rinfluence d» la Fmnrc r'v retroovent à chaque pas et partout, saufderaresexccptions, avec le même caractère. Quelles que soient les causes réelles ou appnrentes qui l'amènenl, quoi qu'en soit, déclaré ou secret, l'objet immédiat, l'intervention de la France dans les alTaires d'Italie §'oiercB presque toujours dans le même sens qui est le grand courant de la civilisation et do la liberté. Est-ce à dire que nos généraux et nos politiques n'ait^nt jamais poursuivi au delji des Alpes que des projets désinlt^resséa? Non, sans doute, et nous arons connu, nous aussi, dans toute son ardeur et avec tous ses enlrmlnemenls, cet amour de la conquête dont quelques philosophes ont trop médit, parce que n'avoir plus Tambilton de prendre, c'est, pour un peuple, commencer k perdre. Mais cette conquête française n'est jamais stérile, parce que le génie

Ift France est le plus fort ; le plus souvent, même aux heures des plus douloureux avortemcnts, elle laisse derrière elle, & défaut de réformes pratiques ou d'améliorations palpables, toute une Qoraison d'idées nouvelles que le temps fera er. Quo resto-t-il où ont passé les reltres de l'Empire, les

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INTRODUCTION

durs fantassins d'Espace, les cavaliers d'Autriche, croates ou pamiours? Des ruines cl encore des ruines. La môme iiîstessc s'étend sur la terre cl sur les cerveaux.

La cause de ce contraste esl-elle seulement dans la dtfTéreDce du caractère des peuples qui descendent ainsi, l'un après l'autre, on Italie pendant une si longue succession de siècles? Elle est encore dans la forme, si je puis dire, dans l'aspect particulier où cette « expression géographique *> qui sera l'Italie apparaît à ses maîtres d'un jour : pour l'Empire, la plus riche terre à butin qui soit au monde; pour l'Espagne, des Indes moins lointaines et, partant, plus faciles à pressurer ; pour l'Autriche, le plus solide boulevard contre les assauts de l'Occident; pourlaFrance, ■ m6me puur les plus durs de ses politiques, l'Italie est une personne morale. Aux époques môme les plus désolantes de son histoire, quand elle parait descendue pour jamais au tombeau ou, pis encore, dans cette maison commune que Dante n'hésite pas 1 ik nommer, alors qu'elle semble avoir perdu toute conscience d'elle-m^me, qu'elle s'abandonne, épuisée et lusse, à la tyrannie étraogùre, l'Italie reste encore pour la France la patrie delà Rome antique et je dirais volontiers, malgré l'anachronisme de la formule à cette date, une sœur latine. Chaque fois que Vàme de l'Italie s'endort, c'est la France qui la réveille. Quand on cherchée savoir comment s'est transformée en une nation cette poussière dépeuples pour qui, pendant tan l et tant d'années, le mot de patrie avail perdu tout sens, il apparaît que cette œuvre de résurrection, sans cesse entravée par l'AUemagno et par l'Espagne, a été presque couslaminenl favorisée par la France. Les politiques les plus contraires, les plus dissemblables, y ont travaillé, parfois sans y songer ; mais, consciente ou non, égoïste ou généreuse, l'intervenlion française a pour résultat ordinaire d'interrompre la prescription de la liberté. Le ciel reste obscur, mais il s'est éclairé pendant quelques heures. Le génie bienfaisant de la France a soufflé là.

Seulement, — et c'est ici que la mauvaise fée intervient, car l'histoire de chacune de ces interventions est toujours la ^nème; — pas une fois la politique française n'aura la force ou la sagesse d'aller jusqu'au bout de l'œuvre cntropriso ; fatalement,

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