POLITIQUE CONSEILLÉE A L'INFANT
t«^ril6 la jouissance paisible des trois duchés ; ainsi il ne peut plus y avoir d'incertitude h cet égard, ot ce qui avbit été fait fr Aix-la-Chapelle a été aussi solidement réparé qu'il étoit possible de le Faire, et il ne paroU pas qu'il y ait à craindre des événements qui puissent dans la suite troubler te repos des États de H. A. R. Ce[>endant comme la prudence humaine ne ftauroit tout prévoir et tout prévenir, le comte de Hoisgelin dira à l'Infant que, dans tous les temps, il éprouvera do la part du Roi et de celle du Roi d'Espagne les marques les plus sensibles de leur tendresse et de l'intérêt que Leurs Majestés prennent au sort d'un Prince si cher à leur cœur.
Le mariage qu'il a contracté avec une archiduchesse d'Au' triche doit lui assurer aussi tout l'appui qu'il peut attendre de l'Empereur et de l'Impératrice reine de Hongrie et de Bohême.
Dans ces circonstances, toute l'attention de l'Infant doit se porter sur l'administration intérieure de ses domaines et des revenus dont il joui). Il a heureusement donné toute sa confianc« à un ministre qui, à des talents supérieurs, h une probité exacte et à un travail assidu, joint le plus respectueux attachement k la personne de son maître. Le marquis de Felino exerce aoprôs de S. A. R. les mêmes fonctions qu*il a remplies avec lomèmo zèle et le môme succès auprès de llnfant Don IMiilippc, son père, et a constamment mérité Tapprobation du Roi ot du roi d'Espagne ; cependant il a eu le désagrément d'éprouver des contradictions qui lui ont été suscitées pas des intrigues dont les petites cours ne sont pas plus exemptes que les grandes. Il s'étoit formé à Parme une cabale do gens qui avoiont entrepris de faire perdre h ce ministre la considération qu'il avoit si justement acquise et les bontés de l'Infant. Los choses en étoient venues à un tel excès de désordre, que le Roi et le Roi catholique jugèrent convenable de faire cesser le scandale, et de rétablir le crédit du marquis de Felïno en éloignant de la cour de Parme les envieux de la gloire de l'Iafoiit et les ennemis de soQ administration.
On n'entrera point ici dans le détail de la mission de M. te marquis de ChauvL'Iin qui fulchoi»! pour cette commission délicate et qui s'en est acquitte de la manière la plus éclairée, la
â30 LE COMTE DE BOISGELIN, 1770.
pins sage et U plus ferme. Le mémoire qn*il a remis au Etoî smr ioate la eondule qu'il a teDue en cette occasion et dont le comte de Boiagelin a pris une cc^ie ne doit loi rien laissa t déârer pour son instmctioa à cet égard.
Ce que le Roi loi prescrit le plus exiwesaément, c'est de eontrîboer autant qu'il pourra détendre de lui an maintien de l'ordre et de la décence que le marquis de ChauTelin a rétablis à la cour de Parme.
H faut pour cet effet que le comte de Boiagelin agisse dans une parfaite conformité de sentiments et de vues avec le marquis de Fétino. qu'il concerte arec lui les propc»6 qu'il aura à tenir on les démarches qu'il devra faire rdativement à cet objet, mais il y anroit de l'inconTénient à afficher arec ce ministre une intimité qui donnât lieu de croire que le ministre du Roi n'est que l'instrument passif des volontés du marquis de FéUno. Cette idée, si elle s'accréditoit, seroit aussi contraire à la dignité du ministère du comte de Boisgelin qn'i la convenance particulière du ministre de l'Infant.
D n'y a que deux ministres étrangers accrédités à la cour de Parme, le baron de Knebell de la part de la cour de Tienne, et le marquis de Revilla de la part de la cour de Madrid.
Soil que le baron de Knebell* ait remis des lettres de créance en qualité d'envoyé extraordinaire de Leurs Majestés Impériales ou avec le titre de ministre plénipotentiaire, il doit avoir sans ilifticullé la préséance sur le ministre du Roi. Il y a seulement quelques distinctions particulières pour les ministres de Famille dont le comte de Boisgelin et le marquis de ReviUa jouiront exclusivement; l'arrangement qui a été fait sur cet objet est connu de la cour de Vienne qui y a donné une entière approbation.
La réputation générale que le baron de Knebell s'est acquise de n'avoir que de bonnes et droites intentions exige que le comte de Boisgelin vive avec lui dans une entière intelligence, mais il réglera sur l'opinion du marquis de Fétino le d^ré de confiance qu'il conviendra d'accorder au ministre impérial.