‹ Naples et ParmeChapitre 99 sur 235 · LE DUC DE GUISE · texte numérisé non relu

LE DUC DE GUISE

àc^tlcfîn seront favorablement reçus et que pour cot effet Leurs M«j**sl(''S et M. le Cardinal ne laisseront rien en arrière.

(Juo si la chose peut aller à son exaltation et s'accommoder pour lui-même, qu'on n'y donnera pas seulement les mains, mais qu'on y conlribuera tout ce qui sera possible pour faire réussir l'affaire.

Qu'en mon particulier je serai ravi do m'y employer, tant par les relations et ofliccs que je pourrai faire à la Cour que do ma personne, et de toutes les choses dont je serai capable, espérant que S. A. après les services que je lui aurai rendus roc traitera mieux que je ne l'ai été pour l'affaire de Catalogne, ayant occasion d'avantager ma fortune et de me récompenser de tout ce que j'ai fait par le passé.

Après avoir ainsi disposé la matière pour m'insinuer dans son estime et dans sa confiance, il faudra l'obliger & s'ouvrir non seulement de ses desseins et prétentions, mais des moyens qu'il aura de les faire valoir, faisant adroilement [ressortlrl les diflicullés que je connaitrai qui se rencontreront en la chose, afin do le faire tomber au sens qu'il doit prendre pour en voir une heureuse issue.

Qu'il faut pour cela une réunion de la noblesse avec le peuple et M mettre en état do ne dépendre plus de ses caprices et do sa légèreté par l'occupation des postes qui sont à désirer pour cet effet.

Nécessité d'avoir un port pour l'armée navale du Itoy, notamment pour lesgalëresaGud'avoir des retraites surcset un pied fixe dans le pays^ sans lequel on no pourra jamais engager la noblesse, parce qu'elle croira toujours l'affaire en loir, tant que les ennemis tiendront les postes principaux, comme sont les ch&teaux de Naplos cl les autres forteresses du Royaume.

Que Torallo s'est ruiné avec le peuple pour avoir pris un autre chemin et biaisé dans celte résolution, de sorte qu'il sera toujours dangereux de se vouloir rendre nécessaire en temporisant de le délivrer pour le forcer de venir à son point, outre que ce sera donner temps aux Espagnols d'assembler les forres qu'ils préparent de tous eûtes pour se rétablir et réduiro le Royaume dans l'obéissance, à quoi cependant ils n'oublieront aucun artifice.

10 ' DU PLKSSI». BESANÇON, 1648.

Il faut IaiftfK>r souhaitor au peuple et à M. de Guis« même 1« retour de t'armi^o navale afin de le porter plus facilement isM propre bien par le besoin qu'il en aura pour y arriver.

Qu'on envolera des troupes h Naples avec ladite armée ou qu'on désistera d'y en envoyer selon que le peuple le désirera ou non.

Exagérer les dépenses excessives que l'on fait de tous côtés pour occuper les ennemis et divertir les secours qu'ils pourroient envoyer à Napics contre le repos et la sûreté du peuple; que pour cet effet on agira puissamment en Catalogne, en Allemagne, en Flandre et contre l'état de Milan de deux c^tés.

Idem celle que Ton a faite pour tenir l'année navale toute l'année à la mer, et que les dépenses extraordinaires faites pour ce sujet coûtent à la France plus de 4 millions d*or.

La fin de ce discours va principalement à persuader au peupl« qu'il se doit aider pour les choses nécessaires à sa conservatioo, comme munitions de guerre, armes, canons, grains et autres assistances.

Tâcher même, selon la disposition des esprits et des conjonctures, A nous faire avoir l'imposition, à quoi le peuple avoit consenti, do certains carlins par feu, depuis ces dernières révolutions.

Si l'on apprend qu'il se fasse quelque attaque d'une place maritime en Catalogne, faire connolLrc que la principale Un est pour rappeler l'armée navale des ennemis aux ciMes d'E^pagne, et si elle avoit déjà quitté Naples que c'est atîn qu'elle n'y retourne point, donnant par ce moyen un beau champ l l'établissement dcsafTaires du Royaume et à en chasser enliëremcnl les Espagnols.

Essayer de faire venir envie & M. de Guise d'appeler audit Naples M. le Cardinal Grimaldi' ou le C** Bîchi' si la consi-

I. Jérôme OrimalcU, nrchovi^uo d'Aix en ProTcncc et éTcquo d'Albvto, gPBT*- DRur do Rrinie, nnncQ en Allptnitgne (tC-lS), non» en Franco (lail), cuiÛtikl. M 1013. 11 a vailwnsorrtJ, depuis sooïfî-joupàPiirî», Jp* relations amicales ktcc Mjmin, (\ui l'uTait fluir<{4 fl« le ri^nmgnor sur La jiolillqiio ilalimno, — On Tcm ph> loin (1114 Duple)>f>î)t-Bo5iif)Ç(jn, qui l'aTaîl lail venir à Naf^Ics, tlrrail lui coBunitnîqiier toutes nan infractions. G'osl k tort quo Muarif) le qiialilîv ici de OoncToii: il éUU d'origine iri^nolse.

3. Lo Curdittol Alcxvtdro Bichi, éréquo de Carpentru, nonce apoBlotlqt» de F.'ance, ïbbâ do MontmaOour oa Proveace, mort â Rom« en 1607. U était, comnt

NÉGOCIATIOXS DE WESTPHAME

démlion JYlre Genevois y apporloit olistacle, lui représentant les raisons qu'il y a pour cola et la confiance qu'il y peut ►nMuln», etc., cuire la m'cessité d'une |>er3onne de ce poste et *de celle capacité daos Naples pour y soutenir les afîaires pondant les occasions qu'il aura de s'en «^loi^ner; le tout scion la iéccssité« soit pour appuyer ledit sieur Duc s'il marche de bon picH ou anlremonl s'il prcnoit un chemin contraire.

Presser une résolution précise pour la forme du gouvernement ou monarchique ou républicain, s'il faut nécessairement >asscr par celui-ci pour arriver au premier.

La nécessita qu'il y a de venir au plus tAt h l'un de ces doux partis est qu'on est pcut-fitro à la veille de conclure la paix\ qu'on n'est pas assuré de se pouvoir conserver la liberté d'assister les Napolitains et que si les Espagnols étoienl une fois chassés du Royaume, il scroit en état après cela de se conserver de soi-même avec la connivence qu'on auroil avec oui. Si la paix se fait et qu'on voie que les affaires de Naples se puissent soutenir sans que la France s'en m<!lc ouvertement, en co cas, il faut que M. de Guiso dise qu'il est Prince étranger, attaché au service do la République, qu'il ne dépend que d'elle et qu'il n'est point obligé d'avoir égard t\ co qui a été fait à Munster.

Que si les Napolitains se trouvoiont scandalisés ou étonnés d'apprendre la nouvelle de la paix sans que nous nous fussions pu conserver la liberté de les assister, il faudra leur faire voir que la mémo chose arriva dans le traité do Vcrvlos ' par Ueari 1 V"*,

Grùnal'U. tri* dArottii à In France, dnnt UstiuliRl tes Intérêts su conclave de 1611

Oinlr* lo l'uiur piipr Innuconl X ol & Irijui^Uo ïl rcsu lldélc oii^mc apr^s l'i^cctioa

tiff of» itcmier,

I. Iji p&it da W«8tphiUlQ ; 1m QJgocJftttons ATiuAnt fui don progrAs notablM

' mifini lompa «( <ktàurm aToit d<^j\ j«<i<ï Ic4 bue* d'an« tnuuAcUon Ar«e

t les clcctoiiM de Trtfes cl de Ii»Ti«^^e (lûli-1616). 11 restait ontora des

lia k Tùncre du c6ic de 1» Sa6de et d«9 proteititnu d'Alloniai^no.qiii □<? »e Mil pat k trtiiler artc l'Empcrcnr. Muarin Bornit roula comprendre TEalo duu la paix i;6n^ralo ; mni^, au motnenl où nous «omnios parrcnait, U ■fait n!ni>nc* k ce pinjrt pi <^taii résolu & la bissi-T vu dehors des ndfii'iciations. ' 'lït auivaiK prfpiil le ea^ oti In giiorre atec l'Espagne

iiurc des ln«it^« de Munstrr ol d'O^iiubrUcIt. i.r .n ite iii'i:''icier la paii nveo 1m E5ri;»gnols, l'inli-ntifin da Gai: u-aiu<i' nuiui p<mr ses lUlii^tt les Ilollôiidaia. Mais 1m l'u^h-

hàt, I U pais, aTAÎenl alors tout loldriL & coatinutir UOft (^acrra oA

knn nirc4i marllluirs les cru-ictitik:iaî<>nt, aux dépens dn comroaroa «t de« coloniiHi

la DU PLESSIS-BESANÇON, 1648.

à l'égard des Hollandais et que néanmoins on n'avoit pas laissé de les secourir par diverses voies, les moyens ni Ut prétextes ne manquant jamais en pareilles occasions.

D'abord que j'aurai su le fond des affaires, il faudra dépêcher à la Cour en toute diligence avec la participation de H. de Guise pour en informer Leurs Majestés et Son Eminence.

Faire & cette fin la dépêche donble, Tune véritable et l'autre ostensible pour montrer à H. de Guise et gagner créance auprès de lui.

Faire arrêter le v&isseau qui m'aura porté ou, s'il en n plusieurs, en faire partir quelqu'un pour faire passer sûrement celui qui portera ladite dépêche et s'il se peut, la personne dn Duc de Tursis * en France avec le Prince d'Avelo son neven et les autres prisonniers principaux, persuadant à H. de Guise de donner à la France et à M. le Cardinal ce témoignage de sa reconnaissance et de la sincérité de ses intentions. Pour cet effet, il faudra concerter où ledit vaisseau pourra demeurer plus sûrement et commodément.

Que la personne dudit duc de Tursis et de son neveu pou^ roDt s'échanger avec celle do Don Douarto, frère du Roy de Portugal', duquel en ce cas on espôrc de tirer 200 mille écas des Portugais dont une partie soroit pour ledit sieur Duc et le reste se pourroit employer au bénénce des affaires de Naples.

Il faut faire grand cas du sieur Don Carlo Brancaccio' et lui témoigner qu'on sait ici ce qu'il vaut, qu'il a en main QQ

do l'Espagne. Henri IV prit lo parti de passer outre et signa le traité dû Ve^ Tins (1098).

1. Lo duc de Tursis et son noTcu étaient prisonniers du duc de Guise. O) appartenaient à b famille des Doria et se trouvaient parmi les principaux amis de TKspagne. Don Carlo Doria, duc de Tursis, était lo pcllt-lils du grand amird André Doria; il exei-çait auprès do Don Juan les fonctions de conseiller, et 1> prince d'ATclo, son norcu, celles do seci-étairc.

2. A la suite do la réTolulion do l&iO, lo duc de Bragance avait été procUmo roi sous lo nom do Jean IV, sans que les E.4p.ifnols, occupés do tant d'autres ciH^ pussent l'en empêcher, La France, jouant là le même jeu qu'en Italie, avait tnmrt en lui un allié. Son fi-ùre, le prince de Portugal, qui s'était mis au service de l'Empire, fut livré par Ferdinand III aux Espagnols et enfermé au château de Milan, où il mourut en 1619,

3. Brancaccio appartenait à l'une des plus importantes familles de Naples- D s'était distingué pendant la révolution et avait été l'un des plus fermes sontieos do Toralto contre les Espagnols. Urbain VIII l'avait nommé cardinal en 1631

CONDriTE AVEC LES NAPOtlTAINS

beau moyen de s'avancer, soit en servant, selon les propres lumières qu'il donnern laî-mftmc, soit aux choses qu'on désirera de lui, te sujet du dégoût qu'il doit avoir dos Espagnols étant liîen connu en France.

I*arler à M. de Guise du Dominicain S son confesseur, savoir tle lui s'illui a donné charge de dire & M. le Bailli de Vallançait', ùtt ne presser pas tant l'armée navale des Espagnols, craignant (juc les Napolitains s'en voyant délivrés ne fissent plus rien de ce que te Roy pourroit désirer d'eux, parce que, s'il se justifie «pl'oD ne lui ait pas donné charge de parler de la sorte, c'est une nian]ue certaine qu'il est d'intelligence avec les ennemis. Travailler incessamment à bien réunir le peuple surtout avec le noblesse parce qu'autrement il est impossible de pouvoir assurer les affaires et que ce seroit enirelenir pour jamais une guerre civile dans le Itoyaume ii la faveur de laquelle les Espagnols le rcmeltroionl indubitablement dans une esclavitude pire que la première, tant pour se venger que pour leur sûreté. n faudra s'entendre avec M. le Bailly de Valançay sur les affaires de Naples aGn d'en avoir les secours de l'armée navale qui pourront dépendre de lui ; le Roi lui écrira pour cet eflet, et sera besoin de lui donner un chiffre ou d'en prendre un de loi.

Que si les peuples se donnent au Roy, Sa Majesté a tant de bonté que, quand lu forma du gouvernement sera bien établie, elle consentira, si celte de République leur plaît davantage que la Royauté, de se remettre en cet état là.

Que le Roy leur accorde présenlcment sa protection et son assistance, mais s'ils fout instance qu'on s'engage & ne pouvoir conclure la paix sans les y comprendre, dire que Sa Majesté ne

t. I<c piro Capeccc .

2. Ilniri d'Estunpe»-Vïlcnç»y, ai en 1603, nevea da cardinal de VtloïKay, itftît cbcTolirr ot b&ilU da l'ordrx! de U«lte. Après i'itn dûUngo^ en qualiU de oomiBkDdanl d'une giUère dunji les pnerrcs d'.'VrriquF, U fui successÎTemenl «nibusa* imtr ilfi MU ordre k Rotna ol k Vcniie. Le roî l<ouis XIII le prît onsuiic k as ttiU\fi e( lui c(Mil]&,eQl63S,la durgu de coiiimandiint g^oÂral delàflulie. En récooapuu* doBetsarviees.il reçut sucooiHÎvemenll'abbajrâ doBaurgiieU,legTiind prieuré 4a Ctuiiip«^e, ai, en 1070, lo ^r&ad jinearé d« Fruice. VAlencay, en 1047, eooaiaulAU avae le dac da Riduliea U 0aUo fr&nçikiaa derant Nkples. U I\it oncorv tJhvgA «n t<t&3 d'une unbusBde i Rome, et mourat en 1678, k MftlU, où. U <SUit Tnm M Axer dan* l'eipoir d'obtenir U pUco dt grand m&ltrc.

peut s'y obliger qu'elle ne voie la forme du gouTeracmenl établie, quelle qu'elle soit; mais que s'ils se donnent àlaFrance, le Roy pour lors les défendra comme siens et tout le Royaume comme le sien même; idem s'ils lui demandent un Boy de sa main , avec lequel Sa dite Majesté traitera pour cet effet et réunira la noblesse au peuple en sorte que celui-ci ne poisse être opprimé de celle-là.

Si le parti de Gennaro Ànnese est efiectivement le pins puissant et le dominant dans la ville, qu'on connoisse d'ailleurs que M. de Guise ait des desseins dont le succès soit impossible, et que, de là, les ennemis puissent avoir occasion de ruiner raCTaire et le rétablir par le moyen d'une désunion ou rupture éclatante, en ces trois cas pris conjointement, il est premier! la prudence des directeurs d'appuyer ledit Gennaro du nom et de Tautorité du Roy, Sa Majesté se confiant qu'ils ne la commettront point mal à propos, et on aura seulement soin de prendre ses précautions en sorte avec ledit Gennaro qu'il n'arrive aucun inconvénient à la personne de mondit sieur de Guise, si ce n étoit que par sa propre opiniâtreté il voulût se perdre luimême plutôt que de céder au temps ou 6 la nature des choses.

En ce dernier cas, il faut remontrer audit Gennaro combien il y a d'intérêt do conserver la personne dudit S' Duc, craignant que la violence qu'on lui auroit faite ne fît croire au peuple d'avoir ofiensé la France et le Roy et que les Espagnols n'eussent occasion par là de lui faire connoistre qu'il seroit irréconciliable avec nous et ne l'obligeassent par un si puissant motif de se raccommoder avec eux, et on quelque cas que ce soit, il ne faut pas que ledit Gennaro attente rien que l'armée navale de Sa Majesté ne soit arrivée.

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