LI-: XVir- SIECLE A XAPLES n
restaura dans le style baroque la petite fontaine de .Monteoliveto, édifiée sous Pierre d'Aragon; et les divers autres sculpteurs ou marljriers mentionnés à la note 2 page 116.
La vie à Xaples, au XVll'' siècle, sous les vice-rois espagnols, fut à la fois très lirillante et très mallieureuse, brillante pour la cour, malheu-
Musée X.itional. L'Ange garùieii, p,ir le Domiiiiquin.
reuse pour le peuple i[u'on surchargeait d'impôts. C'est à cette éjDoque qu'a pparurent à X ailles les premiers théâtres puljlics, à spectacles réguliers',
corporation se transforma au xvu'' sièclf en une simple association à but religieux et charitable, chargée surtout de l'assistance aux malades et de rensevehssemcnt des morts, qui prit le nom de Sainte-Anne et de Saint-Luc. A la corporation fut annexée, d'après Dominici, une académie de nu, fondée par Andréa Vaccaro, et continuée par Francesco di Maria. En 1766, hi confraternité de Sainte-Anne et de Saint-Luc fut de nouveau transformée, et redevint véritablement une association de peintres, dont les membres eurent droit en cas de maladie à des secours divers, à charge par eux dépaver vingt " grano ', par mois.
' Le théâtre dei Eiorentini. (|ai était près de l'église Saint-Jean dei Eiorentini, d.ans la
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qui eurent auprès de la noblesse tant de succès. Mais les amusements de celle-ci. que le peuple devait payer, finirent par exaspérer les plus résignés, et amenèrent plusieurs révoltes populaires, dont une. celle organisée par .Masaniello en 1647. est fameuse. Tous les palais, qui contenaient de si riches collections et où étaient entassés de merveilleux trésors artistiques', furent pillés; les châteaux forts assiégés, et presque tous envahis. Le Caniiinc servit de refuge aux émeutiers. Le duc de Guise a raconté dans ses mémoires Taccueil qu'il }• recul de
via délia C<«mniedia Nuova, et le théâtre de San Bartolommeo. I."un et l'autre eurent des compagnies tantôt italiennes, tantôt espasjnoles. On y joua non seulement des comédies, mais aussi des drames avec musique — le premier de ce t^cnre, joué au théâtre des Fiorentini, fut \' lirgasto — et des opéras bouffes. Le Fiorentini, C|ui connut des fortunes diverses, surtout la mauvaise, existe encore aujourd'hui : il est même redevenu à la mode: c'est là que jouent les plus célèbres compagnies de comédie. I,e théâtre Sannazar. de construction récente, lui fait cependant une très vive concurrence. Vers 1720, ainsi que l'ont expliqué MM. Ceci et Carafa Riccardo, deux théâtres apparurent, le théâtre délia Pace, dans le vicolo délia Lava, et le teatro Nuovo, à Montecalvario. qui firent concurrence au théâtre des Fiorentini et à celui de San Bartolommeo. L'architecte du teatro Nuovo lut Antonio Vac>;aro. On y joua d'abord des opéras bouffes, plus tard des opéras et des comédies dramatiques. Mais le Fiorentini ruina peu à pi-u le teatro Nuovo, qui ne tarda pas à disparaître.
' Le palais C'olonna renfermait au xvii'' siècle une splendidc collection de tableaux, dont Luca Giordano dressa l'inventaire en 1088. Aujourd'hui, don Gioacchino, sénateur, héritier des Colonna. possède encore quelcjnes toiles de grande valeur : le Portriiit d'Agostino Doriû, doge de Gênes, par Rubcns, \a. Bataille d Alexandrie et celle des Cf«/<;Hr('5 par Solimena. Aisucrus et Aman par Mattia Preti, deux anaeliorcles, et deux sujets de bataille parSalvator Rosa. la Ckarilc par Schidone, etc.
Dans le palais Maddaloni. près la porte de San Gennaro, de riches collections avaient également été constituées. KUes furent en grande partie dilapidées lors de la révolution di- Masaniello : après la mort de celui-ci. un des chefs de la révolution, Gennaro Annese, s'empara de ce qui restait et le porta au t'armine. Quand l'émeute eut prit fin, le duc de Maddaloni échangea avec le marquis del N'astoson palais de la porte San (iennaro contre un vieux palais situé dans la ïoledo, près de l'église du Saint- Ivsprit, ijui porte encore aujt>urd'hui le nom des Maddaloni. Le marquis del Vasto vendit à son tour le palais de la porte San Gennaro à un marchand flamand Gaspare Roomer. Le palais appartient à présent au prince de San .Nicandro Cattanei. La grande galerie a été peinte au XVIII" siècle par Solimena. (Napoli nobilissima. t. XIH, p. 145.)
Les princes de Scilla, dans leurs domaines de Calabre, les princes d'Avellino dans leur palais de la via Anticaglia à Naples, avaient également réuni au .wii'' siècle de splendides collections artistiques. De même Adriano Spadafora, le cardinal Buoncompagno, l'abbé Giacomo Piatto, Francesco Picchiatti, le florentin Tommaso C'ambi, Simone Moccia, le prince de Conca, le duc de Monteleone, le prince délia Rocca, le duc de San Angelo, Capece Galeota, les frères Garofalo. la famille Filomarino, le peintre Santafede. le prince de Tarsia Spinelli, le prince de Fondi, qui possédaient de véritables musées. Les Placido di Sangro. ducsdi- Martino, dans leur palais de la place San Angelo a Nilo, avaient réuni une collection de majoliques, de porcelaines, d'émaux, de miniatures, de tabatières, d'ivoires, de bronzes, de peintures, de produits d'arts industriels, qui était 1 une des plus complètes non seulement d'Italie, mais d'Kurope.
On pouvait voir entre 1840 et 1860, au Musée National, une splendide galerie de tableaux, renfermant des œuvres du Pérugin. d'Andréa del Sarto et de beaucoup de peintres napolitains des xvii" et .wm" siècles, qui appartenait à don Léopold